4 avril 2026
Le CPT, objet de deux scandales de corruption majeurs, un projet sociétal mort-né 
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Le CPT, objet de deux scandales de corruption majeurs, un projet sociétal mort-né 

Sauvegarde de prestige oblige, la femme de César ne doit même pas être soupçonnée ; pourtant, au cours de cette nouvelle dynamique politique accouchée par césarienne, César lui-même est pris en flagrant délit, la main dans le sac. 

L’empire présidentiel multicéphale a été percuté et scandalisé par un certain conillisme puéril qui fait preuve d’un amateurisme inédit dans les enjeux et les projets stratégiques de société. Connivence bipartite et tripartite entre directeurs généraux, Conseillers présidentiels et chefs de partis politiques corrompus ; Haïti évolue encore sous l’emprise de la bêtise et de la traîtrise. Du train que ça va, la mission de restauration de l’autorité de l’État – claironnée par le PM « Kennedy », en vue de réaliser des élections crédibles – sera incontestablement bâclée. Ce gouvernement corrompu tend à pérenniser le malheur haïtien dans une valse de perte de temps, de talents et d’argent. De Henry à Conille, les lignes n’ont pas véritablement bougé dans le sens des intérêts de la collectivité. 

À défaut d’une nouvelle version de gouvernance qui aurait requis trop de temps, des révisions s’imposent dans les pions et les croupions politiques déposés sur l’échiquier et dans le respect des accords et des normes. En dehors d’un reformatage dans les sphères de décisions publiques, Haïti ne cessera pas de souffrir dans l’agonie jusqu’au point d’exhaler quasiment son dernier souffle. Emprunter la bonne trajectoire requiert d’envoyer des signaux crédibles d’une gouvernance assurée par des personnalités dignes et intègres. Ce ne sont pas que les visas qu’il faudrait couper à des racketteurs trônés aux fauteuils prestigieux de la magistrature suprême du pays. S’il s’avère que des conseillers présidentiels et de hauts fonctionnaires sont coupables de tentatives de corruption, il faudrait les juger et les sanctionner avec la plus grande rigueur, selon les provisions de la justice. 

Le tête-à-tête primatural soldé en queue de poisson 

Le premier grand scandale de corruption, dissimulé maladroitement dans les médias par le premier ministre, émanerait d’un échec de coordination entre de véreux mafieux qui n’étaient pas en odeur de sainteté. En raison des codes secrets de la mafia plausiblement non encore maitrisés par les nouveaux entrants dans le jeu pernicieux, des informations sensibles auraient été glissées et diffusées par des médias non rémunérés qui ont craché le morceau. L’altercation verbale entre Garry Conille et Claude Joseph, ajoutons deux mercenaires et héritiers du Blanc et du PHTK, a été soulignée par plusieurs entités de la presse. D’autres médias ont lâché la parole crue, en langue vernaculaire, d’un « colon guette ta mère » réciproque dans ce choc des titans qui se soldait de peu en des crochets et des uppercuts logés sur des mâchoires officielles. 

Ce kata impromptu, tracé par des primates sélects de la Primature en déconfiture, a été accueilli au dojo résidentiel de Louis Gérald Gilles. Ce membre influent du CPT dénigré, entêté dans l’organisation des deals souterrains, aurait totalement perdu le contrôle d’un arbitrage « primatural » partial promis en sa résidence. Assorti de vacarmes, cet acte martial aurait terminé en des menaces de décapitation officielle du nouveau par l’ancien heureux élu de la loterie politique. Puisque Joseph évoluait depuis plusieurs années dans les secrets des diables du terroir, Conille aurait pris très au sérieux les intimidations proférées par son ancien homologue « intelligent » dans les rouages de la politique sale en Haïti. On pourrait s’imaginer les tourments insomniaques de l’actuel PM qui s’empressait tôt de solliciter dans une heure AM indue le renforcement de sa sécurité personnelle.  

Cette fuite d’une collusion secrète en provenance d’un clan affreux insatisfait de la maigre cagnotte qui lui aurait été réservée, a été amorcée au profit de la société naïve qui se laisse en permanence berner par des dealers d’ici et d’ailleurs. Imaginez les potentielles magouilles orchestrées depuis le montage de ce CPT jusqu’au choix unanime bizarre de Garry Conille comme premier ministre. L’on devrait déduire que ce sont seulement les initiés ayant accès aux secrets des diables qui pourraient enquérir la société sur les nombreux contrats déloyaux signés par ceux qui captent les ressources de l’État. 

Conille, une initiation rebelle à la mafia ?

Dans cette jungle ensanglantée truffée de géants animaux enragés à sortir leurs griffes pour accaparer la richesse du pays, Conille n’est qu’une chenille sans muscle, à la voix à peine audible. Comme un Martien, Garry Conille semble atterrir en Haïti, sans connaissance adéquate de ce système pourri d’une médiocratie puante qui fait les yeux doux à une voyoucratie répugnante. Plausiblement, la connexion privilégiée de ce PM « pèpè » avec le laboratoire de la mafia étrangère bouche ses yeux et ses oreilles sur les mauvais sons et images endogènes en désaccord avec la quête du bien-être collectif. Haïti n’en sortira pas sans l’éviction de ses traîtres-fils aux axes stratégiques.

Erreur grave si Garry Conille ignorait la capacité de nuisance des autres maîtres de ce jeu politique macabre, à cette jungle longtemps décontrôlée, animé de coups bas et de coups traîtres. N’est-ce pas que Jovenel Moïse, un Apredye autoproclamé, y avait laissé sa peau en raison de son impotence et son intelligence limitée par rapport aux principes voilés du jeu mafieux ? Que dire d’Ariel Henry qui se croyait roi au point de penser détenir le super pouvoir de déclarer la guerre alors qu’il allait disparaître de l’échiquier politique comme un éclair. Sur ce terrain miné, il y a des animaux politiques qui par leur connexion privilégiée avec la jungle, détiennent des longueurs d’avance. 

Artisans des crises, ils ont cultivé un sixième sens pour discerner voire occasionner des actions sinistres qui vont perturber la société. À l’instar de Joseph, détenteur du don prestidigitateur de décrire l’avenir en se référant à des songes royaux, Haïti est détentrice de vieux briscards politiques qui, à travers leurs boules de cristal, sont aptes à prédire de graves évènements au pays. Garry Conille devrait en tirer des leçons. 

Par sa relation avec des parrains influents de la communauté internationale, Garry Conille a raflé tous les postes régaliens vis-à-vis de ces conseillers CPT frappés par un complexe de blancolatrie. Cependant, c’est soudainement que ce PM perdu dans la jungle s’est rendu compte que les manettes qu’il croyait probablement cacher sous ses mains ne le sont pas exclusivement. Sous la puissance des petits monstres enragés et de leurs vils concepteurs, Haïti a récemment connu un président cruellement assassiné et un PM révoqué dans l’air. Une multitude de cruautés sont greffées sur les évènements précédents ; pourtant, il paraît que les yeux du PM actuel ont été à peine ouverts sur les maîtres authentiques de ce système bancal. 

Au cours de ce scandale d’un micmac de partage de postes qui a fait perdre des poils au PM importé, les révélations indiquent que chaque clan aurait envisagé de mettre la patte sur des directions générales juteuses. Le Fond National d’Éducation (FNE) – dans la ligne de mire de l’ULCC et objet de frustration des contributeurs de la diaspora haïtienne – constitue le gros os qui aurait mis les mafieux dos à dos, à couteaux tirés. 

Face aux allégations et suspicions qui pèsent lourd contre lui et qui hypothèquent son image et son crédit moral, Garry Conille a le devoir de tout clarifier à la société tout en prenant les mesures draconiennes qui s’imposent. Sinon, les sceptiques et les critiques n’auraient pas tort de classer l’actuel PM au même catalogue que les principaux chefs de la mafia qui ont saboté Haïti, particulièrement après le séisme de 2010.  

100 millions de gourdes, qui dit mieux ?

La vente aux enchères est lancée par des racketteurs de la présidence multi-têtes ; sinon c’est le temps de R.R.I (Révoquer, Remplacer, Immédiatement). Pour maintenir ses fesses au fauteuil d’une direction générale, la somme en contrepartie à verser par un DG serait-elle plafonnée à 100 millions de gourdes ou au contraire serait-ce le montant minimal de base ? La triste vérité devrait sortir de la bouche des autres DG destitués ou maintenus en poste par la grâce onéreuse de ces Conseillers présidentiels minables qui érigent leurs postes de péage sur l’autoroute de l’Administration publique.  

En effet, ce deuxième tapage scandaleux, justifié par une lettre formelle du président de la BNC, évoque une somme de 100 millions de gourdes imposée par trois conseillers cleptomanes pour garantir le maintien en poste du président de la BNC. Si le scandale arrivait par le canal d’un quidam à l’instar des soupçons sur les sommes faramineuses que l’on dit engrangées par plusieurs conseillers pour accorder des postes et des avantages illicites à certains groupuscules, la société aurait pu en tirer un trait. Par contre, quand c’est le numéro d’une banque nationale qui étale au grand jour les avances indécentes dont il serait l’objet par trois des conseillers présidentiels, des sanctions doivent être prises dans la célérité. 

Deux possibilités se présentent. Soit que le président de la BNC concocte un complot assorti d’une grave diffamation pour salir l’image desdits conseillers tout en créant la pagaille au Conseil présidentiel. Auquel cas, les sanctions judiciaires contre le président de la BNC seraient de taille. La deuxième éventualité serait que l’hypothèse d’un chantage de ces trois conseillers se confirme à travers des moyens de traçabilité tels que des enregistrements ou des communications informelles entre le représentant de la BNC avec les racketteurs du CPT. Dans pareil scénario, le bateau du collège présidentiel serait submergé. Les répercussions seraient dès lors désastreuses pour la république. Ainsi, la démission des conseillers ne suffirait pas ; il faudrait des poursuites judiciaires pour en dissuader le récidivisme tout en travaillant à redorer le blason du CPT.   

La sérénité et la confiance entre les dirigeants devaient s’établir afin de trouver la meilleure formule pour mettre en déroute les bandits qui squattérisent tous les coins de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince (AMP). Avant l’intronisation de Garry Conille, qui se donne un faux satisfecit pour avoir repris le contrôle de l’Hôpital Général, les bandits ont envahi plus de terrain, tant dans le versant nord que dans le versant sud de l’AMP. 

Pourtant, c’est en ce moment si sombre et si fragile d’une vulnérabilité extrême des institutions régaliennes que se disputent des butins entre des putains de chefs, de hauts fonctionnaires mesquins prêts à tout pour garder leurs postes et des Conseillers présidents vilains qui feraient des trafics d’influence pour soutirer de l’argent sous le tapis. 

Jusques à quand les forces vives et conscientes continueront-elles de languir pour se débarrasser de ce modèle de gouvernance mafieuse qui hypothèque le bien-être de la collectivité ? Haïti n’en peut plus. 

Carly Dollin

carlydollin@gmail.com

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