Insécurité en Haïti : Garry Conille impatient face à l’inaction des “Sauveurs Kenyans”, qui sont incapables de se sauver eux-mêmes
En prenant les rênes du gouvernement, le Premier ministre haïtien Garry Conille avait suscité l’espoir en promettant de rétablir la sécurité dans tout le pays, « Kay pa kay, katye pa katye, vil pa vil » (Maison par maison, quartier par quartier, ville par ville). Pourtant, malgré ses promesses ambitieuses, la réalité démontre un manque flagrant de préparation et d’efficacité.
Depuis son arrivée au pouvoir, Conille, qui cumule également les fonctions de numéro un du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN) et de ministre de l’Intérieur, a donné l’impression que son plan principal consistait à attendre l’arrivée d’une force multinationale dirigée par le Kenya. Cependant, cette stratégie se révèle de plus en plus incertaine. Les « sauveurs kenyans », censés venir à la rescousse d’Haïti, semblent eux-mêmes plongés dans des difficultés internes, notamment la gestion d’une rébellion de la jeunesse dans leur propre pays.
Le gouvernement Conille, tout comme les Conseillers-Présidents du Conseil de Transition (CPT) qui l’ont nommé, n’a pas su élaborer de plan de sécurité concret pour contrer les gangs qui terrorisent la population. Les autorités haïtiennes ont misé sur une intervention extérieure pour faire face à la crise sécuritaire, négligeant d’élaborer une stratégie nationale de lutte contre les gangs criminels.
La communauté internationale, en particulier les États-Unis et le Canada, est vivement sollicitée pour venir en aide à Haïti. Cependant, l’inaction des forces kenyanes, couplée à l’aggravation de l’insécurité, laisse peu d’espoir à une intervention rapide. Les gangs continuent de semer la terreur, tuant, violant, volant, et kidnappant sans relâche, tandis que la population reste otage de cette violence.
Face à cette situation préoccupante, Garry Conille a exprimé son inquiétude dans une interview accordée à la BBC de Londres. « Nous sommes (…) très, très, très préoccupés », a-t-il déclaré, insistant sur l’urgence de voir la communauté internationale honorer ses engagements. Le Premier ministre a reconnu que la situation à Port-au-Prince, et en Haïti en général, n’a guère évolué depuis son entrée en fonction.
Conille a également laissé entendre que la transition pourrait durer bien plus longtemps que prévu, augmentant ainsi la frustration de la population haïtienne. Il reste à savoir si le gouvernement continuera à utiliser des discours creux pour maintenir le peuple dans l’attente, ou si des actions concrètes seront enfin entreprises pour mettre un terme à l’insécurité qui ravage le pays.
La patience des Haïtiens s’amenuise, et le temps presse pour un gouvernement qui semble avoir misé sur un plan de secours qui tarde à se concrétiser.
Elensky Fragelus

