Commémoration de la Journée internationale du souvenir de la traite des Noirs et de son abolition
Le 23 août, une date significative pour se souvenir des horreurs de la traite des Noirs et célébrer leur lutte pour l’abolition. Cette journée marque un rappel poignant de la souffrance endurée par des millions d’Africains victimes du commerce d’esclaves pendant des siècles. La traite négrière, également connue sous les noms de traite des Nègres ou des Noirs, a profondément marqué les régions de l’Afrique de l’Ouest, de l’Afrique centrale et de l’Afrique australe, où les populations ont été brutalement arrachées à leur terre natale pour être envoyées vers les colonies américaines.
L’objectif sinistre de la traite négrière était d’accumuler richesse et prospérité grâce à l’exploitation du travail forcé des esclaves, dont le sang et la sueur ont servi à construire de vastes colonies. La Journée internationale du souvenir de la Traite négrière et de son abolition, célébrée le 23 août, rappelle avec solennité cette sombre période de l’histoire humaine.
Cependant, le 23 août 1791, cette date n’est pas seulement associée à la commémoration de la traite des Noirs. C’est aussi le point de départ d’une lutte héroïque menée par les esclaves de Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti et la République dominicaine) pour leur émancipation. Cette révolte a finalement conduit à la victoire de Vertières en 1803, aboutissant à l’indépendance d’Haïti le 1er janvier 1804. Mais qu’avons-nous fait de cette liberté durement gagnée ?
L’indépendance peut sembler une conquête, mais la réalité complexe est que les anciennes puissances coloniales comme la France, les États-Unis et le Canada ont souvent maintenu un contrôle économique et politique sur les nations nouvellement indépendantes. La question se pose alors : comment peut-on se proclamer indépendant lorsque l’ombre du colonialisme continue de planer, dictant des politiques et influençant les décisions majeures ? La dépendance économique et politique envers les anciens maîtres esclavagistes rend l’idée d’indépendance plus complexe qu’elle ne le paraît.
Cette réalité se fait sentir à travers l’histoire d’Haïti, où malgré son statut d’État indépendant, des ingérences étrangères et des pressions internationales ont souvent freiné son développement et sa souveraineté. L’appel à la restitution et à la réparation pour les souffrances subies pendant la traite n’a pas toujours trouvé d’écho favorable. Les revendications de réparations pour les dommages causés par l’esclavage et les pratiques coloniales sont parfois ignorées, voire rejetées, par les anciennes puissances coloniales.
Dans ce contexte, l’indépendance peut sembler relative. Les décisions politiques, les relations internationales et même la stabilité économique sont souvent influencées par des forces extérieures. L’idée d’une autonomie complète et de la gouvernance propre est mise en question lorsque la réalité est façonnée par des intérêts étrangers.
Aujourd’hui, il est essentiel de commémorer la traite des Noirs et de se rappeler l’importance de l’indépendance. Cependant, il est tout aussi crucial de reconnaître les défis et les luttes auxquels font face les pays qui ont acquis leur indépendance. La traite négrière et ses conséquences ont laissé des cicatrices profondes et durables, et il incombe à la communauté internationale de promouvoir la justice et l’égalité, afin que les pays anciennement colonisés puissent réellement exercer leur indépendance et façonner leur propre avenir.
Rosie Bourget
Maîtrise en Travail social, poète/écrivaine


