Le pourrissement de la situation dans l’entrée Sud de Port-au-Prince prouve que les haïtiens ont perdu la capacité d’être indignés, selon des observateurs. Comment accepter que, depuis près de deux ans, des gangs armés décident sur la vie des usagers de la partie Sud de Port-au-Prince ?
Mardi 10 mai 2022 ((rezonodwes.com))–
Parmi ceux qui osent longer la route nationale numéro 2, à hauteur de Martissant, le nombre de véhicules publics à essuyer des tirs est imprécis. Selon des témoignages, entre dimanche et mardi, les bandits ont attaqué plusieurs véhicules qui tentent de traverser le quartier de Martissant.
On rapporte également des blessés, près d’une demi-douzaine, selon des chiffres communiqués par la presse locale.
Mardi, de très tôt, des hommes en embuscade sur la route nationale, devant le Sous-Commissariat de Martissant ont visé des passants qui n’entendaient pas obéir à leur volonté d’immobiliser leur véhicule pour les rançonner.
Au moins 3 occupants d’un autobus sont touchés par balles, mardi. Une femme qui tentait de prendre la fuite à travers une sortie d’urgence d’un minibus est sortie grièvement blessée, rapporte-t-on. Dans le même registre, de longues files d’autobus immobilisés à Portail-Léogane sont remarquées jusqu’en milieu de journée.
Les passagers de ces véhicules espèrent une amélioration de la situation avant d’emprunter la route.
Le comportement des civils armés dirigés par «Izo» et «Ti Lapli» s’explique par le fait que des propriétaires d’autobus et de tap-tap reliant Port-au-Prince à Leogane et d’autres zones avoisinantes refusent de payer la forte somme de 2500 Gourdes exigées par les bandits à la huitaine comme droit de passe.
Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

