Haiti|Criminalité – Pour le seul mois de juin 2021, environ 150 assassinats enregistrés, 14 ressortissants étrangers kidnappés, dénombre CARDH dans son rapport mensuel

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Des élections avec Jovenel Moise, les pires de toute l’histoire d’Haiti, depuis l’Indépendance ! Attention !


Mardi 6 juillet 2021 —

Le mois de juin 2021 a doublement préoccupé le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH). D’abord, le G9 en fanmi e alye manyen youn manyen tout (famille et alliés), dirigé par Jimmy Chérisier alias Barbecue, affirme sa prédominance, par-delà des rivalités entre les gangs de Ti Bwa et de Gran Ravin et de ceux de Cité Soleil (Brooklyn de Ti Gabriel et alliés- Gpèp- et Boston de Matias et alliés-G9) pour l’extension territoriale, et à cause des traitements « discriminatoires» du Pouvoir, duquel les membres de G9 ont reçu de fortes sommes d’argent, d’armes et de munitions et ont nommé des ministres, directeurs généraux…

La vidéo du 23 juin dans laquelle Barbecue, accompagné des autres chefs cagoulés, munis de machettes et d’armes à feu, annonce le G9 comme une force. Sa manifestation du 1er juillet comme annoncée et son extension vers Pétion-ville (Pèlerin/Jalousie)… en
témoigne. Le recrutement est en cours.

En outre, des tueries en série ont eu lieu particulièrement à Martissant, à Cité Soleil, à Delmas 32 et à la rue Acacia (Nazon). Pour le mois de juin, plus de 120 personnes assassinées, plus de 10 000 déplacés internes et quatre camps (centre sportif de Carrefour ; églises Saint-Yves et Altagrâce ; école municipale de Pétion-Ville) . Près de 200 kidnappings, dont au moins cinq ressortissants étrangers…. un proto État s’apprêterait à être créé en Haïti.

Ces nouveaux développements ne pouvaient être considérés sans tenir compte de l’échec du référendum qui, par conséquent, affectera les élections prévues. L’avenir du président Jovenel Moïse et de sa famille politique PHTK au Pouvoir est incertain.

Monsieur Moïse a annoncé que le pays serait ingouvernable, s’il était forcé à
abandonner la présidence. Le double assassinat de Marie Antoinette Duclaire, opposant au Pouvoir, et du journaliste Diégo Charles est assorti de ce contexte global.

Dans la soirée du 29 juin (vers 10h selon des témoins), 11 personnes2 ont été
assassinées à Delmas 32 (rue Dessalines), puis trois autres à la rue Acacia (Christ-Roi) :
Marie Antoinette Duclaire (militante sociale, féministe et politique); Diego Charles (journaliste à radio vision 2000 et aux journaux en ligne Gazette Haïti et La Repiblik) ; Seighmel Fanelson Sal-Doly (membre du réseau haïtien d’éducation et de promotion de
la santé). Notons que deux autres personnes sont décédées à l’hôpital ainsi que la mère de deux jeunes assassinés, morte par la suite.

Le double assassinat d’Antoinette Duclaire et de Dieugo Charles a particulièrement soulevé la colère de l’opinion nationale et internationale. Le Nouvelliste a consacré son numéro du 2 juillet aux assassinés, publiant des photos à la page de couverture. Du 30
juin au 1er juillet, les médias haïtiens ont quasiment consacré leur espace à ce
douloureux événement.

Dans une note du 30 juin, N ap #MachePouLavi (Marchons pour la vie), dont Madame Duclaire était membre, dit avoir « appris avec consternation les assassinats dans la soirée du 30 juin (…) alors que les autorités n’ont rien fait pour protéger la vie des citoyens (…) ». Dans un communiqué de presse, l’Office de la protection du citoyen
(OPC) a exprimé son indignation face à cet acte odieux. En outre, le gouvernement
français a fermement « condamné la fusillade survenue dans la nuit du 29 juin au 30
juin (…) et a appelé les autorités haïtiennes à faire toute la lumière sur ce crime odieux
et à traduire ses auteurs en justice ».

Procès-verbal dressé le 30 juin 2021 par le juge suppléant du Tribunal de Paix de
Delmas, Me Raphaël Pierre. En outre, il eut a déclaré : « Nous avons verbalisé 11 corps
inertes de sexe masculin à la rue Dessalines, Delmas 32. Nous avons observé des orifices
à la tête sur trois de ces corps. Selon des témoins, les faits se sont produits aux environs
de onze heures du soir. Nous avons vu une trentaine de douilles d’armes de gros calibre
sur place ».

Cependant, il y a eu d’autres tueries à certains endroits, vu que nous sommes dans un
contexte où les bandits font la loi à la République. Au moins deux décès à Cité Soleil, un à Martissant, un à l’avenue N, deux à route de Frères, un à la rue Magloire Amboise. La
tuerie du 29 mars, action de fantôme 5095, selon l’administration Jovenel Moïse. Moins
de 24 heures après, Fantôme 509, qualifié de terroriste, a été accusé d’être l’auteur de la
tuerie. Les premiers éléments de l’enquête diligentée par la police, à la suite du conseil
des ministres et du conseil supérieur de la police nationale (CSPN), ont conclu que
Fantôme 509 avait organisé la tuerie, en réponse à l’assassinat dans l’après-midi du 29
juin à Delmas 32 de Guerby Geffrard, porte-parole du syndicat de police SPNH-17.

Le directeur de la police, Monsieur Léon Charles, a conclu que « (…) ses alliés ont
concocté cette fusillade qui a entraîné la mort de 15 paisibles citoyens (…). L’institution
ne saurait tolérer sous aucune forme ces actes de représailles. ». En outre, dans un
communiqué du 2 juillet, il a demandé à « toute autre instance d’éviter de spéculer ou
de diffuser des informations qui pourraient entraver le bon déroulement de l’enquête. »
Fantôme 509 est un groupe de policiers, d’anciens policiers encagoulés qui, au nom des
revendications des policiers, font des opérations éclair : incendies des biens de l’État
(immeubles, meubles…), blocage de rue…au moins une centaine de voitures de l’État
incendiées.

Issu de la 28ème promotion et âgé de 35 ans, Guerby Geffrard était affecté à la Direction
de l’administration pénitentiaire (DAP). Ayant reçu plusieurs balles de deux hommes à
bord d’une motocyclette dans l’après-midi du 29 juin, il a succombé à ses blessures à
l’hôpital. Double conséquence de l’attribution rapide au groupe Fantôme 509 de la
tuerie.

En identifiant, moins de 24 heures après, le groupe Fantôme 509 comme auteur de la tuerie, le gouvernement se heurte à une double responsabilité. Si les autorités judiciaires compétentes (juridictions d’instruction et de poursuite) confirment cette thèse, la police disposerait de renseignements efficaces et, par conséquent, pourrait
prévenir l’assassinat de Marie Antoinette Duclaire, objet de menaces dont l’une des
autorités exécutives était informée. L’administration Jovenel Moïse n’a donc pas assumé
sa mission de prévenir ce crime.

Si la juridiction d’instruction trouve des indices contraires, le juge trouvera des
obstacles qui, fort probablement, le contraindront à se déporter de l’affaire ou à faire
passer le temps ou encore à quitter le pays (assassinat du célèbre journaliste Jean
Léopold Dominique, le 3 avril 2000). Le dossier s’ajoutera au lot de « l’enquête se
poursuit ». Toutefois, il n’est pas superflu de souligner que la pression nationale, et
surtout internationale, peut aboutir à un procès bâclé, les « juges de l’équipe8 » étant
sur place. 5. Mieux comprendre la tuerie du 29 mars : regard chronologique. La tuerie
du 29 au 30 juin ne saurait être abordée de manière isolée. Étant dans un contexte
socio-politico-économique criminel, il conviendra de considérer les attaques du
président Jovenel Moïse contre ses opposants et les rapports de son administration avec le G9
.

Depuis décembre 2019, le président Jovenel Moïse a annoncé que des personnalités du
secteur privé allaient être attaquées : sept têtes seront coupées, il y aura des accidents
(ti aksidan pral fèt)… Il l’a réaffirmé en maintes fois. Des chefs d’entreprises ont dû fuir,
d’autres ont été assassinés (Patrick Thébaud, agent maritime, a été assassiné au volant
de sa voiture le 13 avril à Canapé Vert.)… Les associations patronales se taisent, alors que la population est aux abois. Les juges de l’équipe travaillent pour le Pouvoir n’ont pas d’éthique et de moralité.

Jimmy Chérisier, chef de G9, opérationnalise le discours du président Jovenel Moïse, la
police lui donne carte blanche. Dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, Jimmy
Chérisier a annoncé que le G9 allait s’en prendre à l’opposition politique, aux
personnalités du secteur privé s’opposant au Pouvoir et à des militants de droits
humains. A partir de 18 juin, le G9 a lancé l’assaut : entrepôts, maisons de vente de
voitures, banques vandalisés. Le 30 juin, il a annoncé une manifestation pour le 1er
juillet, ce qui a été fait. Le G9 assassine, pille, viole, sème la terreur… comme bon lui
semble. La police ne l’accuse pas de terroriste.

Madame Antoinette Duclaire est porte-parole de l’organisation socio-politique Matrice
Libération, dirigée par l’un des farouches opposants à l’administration Jovenel Moïse.
Echec du referendum, reprise et exacerbation des actes de violence. Au début du mois
de mai, les gangs de Ti Bwa et de Gran Ravin ont annoncé une « trêve ». Effectivement,
un calme apparent a été constaté. Le Centre d’analyse et de recherche en droits de
l’homme soutenait que la « trêve » avait été observée pour faciliter la réalisation du
referendum. Le referendum ayant échoué, le G9 sème la terreur dans toute la zone
métropolitaine. Les premiers actes de la Justice : délégation de pouvoir au DCPJ le 2
juillet.

Étant auxiliaire immédiat des autorités judiciaires (commissaires de gouvernement,
juges de paix et juges d’instruction près de ces tribunaux), la Direction centrale de la
police judiciaire (DCPJ) a pour mission de constater les infractions aux lois pénales, d’en
dresser procès-verbal, d’en établir les circonstances ainsi que les preuves et d’en
rechercher les auteurs.

Ainsi, elle a reçu du commissaire du gouvernement délégation de pouvoir pour agir en
ce sens. Le 14 juin, l’attaque du concessionnaire de véhicules Behrmann ; le 18 juin
pillage du marché Ti Tony, de Liora Food et de Kay Zo ; Dans la nuit du 21 juin, pillage de la succursale de la Sogebank à Martissant. Notons que le 17 mars, la Universal Motors
a été attaqué et pillé.

Du 1er au 30 juin, plus de 150 décès ont été enregistrés dans la zone métropolitaine, notamment à Martissant ; à Cité Soleil ; au bas de Delmas, à Delmas 2 et à Christ Roi. Ces chiffres ne sont que des indicateurs, vu que l’accès à ces zones est extrêmement difficile et de nombreux cadavres ont été calcinés, d’autres jetés à la mer. Plus de 70 assassinats à Martissant. Du 1er au 4 juin, au moins 30 personnes ont été assassinées, dont certaines jetées à la mer : au moins douze à Martissant 2A (zone littorale) suite aux assauts de la base Izo 5 seconde ; quatre à Martissant ; sept sur la route principale; plusieurs autres de Martissant 1 à 23, en passant par le pont de la Ravine Breyard. Des filles ont été violées par le groupe 3 million, dont Johana. Des personnes ont succombé à leurs blessures par absence de soins (Médecins sans Frontières à Martissant 25 au cœur des affrontements).

Ayant reçu le support de ses alliés G9 et du Pouvoir, les hommes de TI Bwa ont tenté de
surprendre ceux de Grang Ravin par Boutillier le 17 juin dans la soirée. Une tuerie a eu
lieu, faisant une cinquantaine de décès, dont une vingtaine de soldats de la bande à Ti
Lapli. Des hommes armés ont souvent ouvert le feu sur les quelques véhicules privés et
publics ainsi que des motards obligés de traverser à Matissant, soit pour aller à
Carrefour ou pour rentrer à Port-au-Prince. Plusieurs citoyens ont été assassinés dont
un motard, un citoyen dans un bus le 21 juillet et une infirmière dans une ambulance16
dans l’après-midi du 5 juillet.

Parmi les assassinats à Martissant A2, sont identifiés: Mathurin Maxo devant la maison
de boss Fleurine (jeudi 2 juin) ; une personne à la ruelle Bon Berger près de la citerne ;
Ti Joel et Eddy ainsi connu.

A Martissant 2B on a assassiné : Ti Jeune (Joseph) ; Ti Jeune (John Peter) ; Pè Franklin
(tué et brulé). Parmi les décès identifiés : Roosevelt Petit-Fa, enseignant à l’école
nationale République du Brésil, atteint d’une balle à la tête à l’intérieur de l’autobus qui
le transportait, près de l’église Sainte Bernadette ; Sidney près de la place de Fontamara.
Plus de détails seront publiés sur ces tueries. Virgile Lorna-Rose Fils, 51 ans,
transportait des médicaments quand les bandits ont ouvert le feu sur l’ambulance.

Il est impossible de dénombrer les victimes des hauteurs de Martissant, c’est-à-dire de
la rue Manigat à Martissant 23, de la route des Dalles à l’ancienne habitation Lecler. Les
affrontements se sont poursuivis durant tout le mois de juin et la police n’est pas arrivée
à reprendre le contrôle de la zone. Cité Soleil et ses environs, au moins cinquante décès.
Durant la première semaine du mois de juin au moins une dizaine de personnes ont
perdu la vie à Cité Soleil et ses environs, alors que l’opinion se focalisait sur Martissant.
Dans l’après-midi du 5 au 6 juin, des attaques en série ont visé les commissariats et
antennes de police: Drouillard (gang de Boston dirigé par Matias); Duvivier (gang de
Bellecourt /Ti Whatson /Andris Iscar,), inspecteur divisionnaire Adolphe Miradel
assassiné; Station de Gonaïves ; commissariat de Cité Soleil (Andris Iscar) ; sous- commissariat de Portail Saint-Joseph (gang krache dife), trois policiers tués (Dévil
Peterson ; Jean Pierre Sylvert ; Gay Jean Frantz).

Suite à la prise du commissariat (ancienne base de l’UDMO) par les gangs de Brooklyn
le 11 juin, les citoyens revenus du centre-ville ont été attaqués, au moins 12 ont été tués.

Plusieurs décès ont été enregistrés au centre-ville, de la rue des miracles au carrefour
de l’aviation. Le 25 juin, en représailles à la bande à Ti Gabriel tuant à Boston des
soldats de Matias et brûlant des maisons (pendant environ trois heures), la coalition de
G9 (formée de Chen Mechan, Krache Dife, Ti Junior et Iscar…) a exécuté plus de 20
citoyens à Soleil 17, dont un bébé de trois ans et une femme atteinte de folie. Un décès a
aussi été constaté à Soleil 4. Lors de cet évènement, la population a lynché plusieurs
soldats de Iscar ( entre sept à dix). Du côté de Ti Gabriel, un « important » soldat connu
sous le nom de EDE a été tué.

Les attaques se sont poursuivies de manière systématique. En temps « normal », trois à
cinq personnes meurent par semaine. Notons que du 1er janvier au 21 juin 2021, au
moins 30 policiers ont été assassinés contre 26 pour l’année 2020. Certains mutilés puis
brulés, deux disparus, quatre kidnappés, torturés et libérés contre rançon. Les
conséquences humanitaires sont préoccupantes. Quatre camps de déplacés sont
identifiés : centre sportif de Carrefour; église Sainte Yves ; église Altagrâce ; école
municipale de Pétion-Ville.

Le pays est assiégé par les gangs armés semant la terreur : tueries, kidnappings,
viols…alors que la police impuissante en est aussi la cible. Les départements des Nippes,
du Sud, de la Grand-Anse et une partie de l’Ouest (Carrefour, Léogane, Petit Gôave,
Miragôane…) sont coupés du reste du pays par les gangs de Gran Ravin, de Village-de-
Dieu et de Ti Bwa. En outre, l’Artibonite, tout le Nord et le Centre le sont aussi par les
gangs de 400 Marozo et ceux de Cité Soleil ( Boston et Brooklyn). Une poche armée est
déjà en construction à Pétion-Ville, notamment à Laboule 12 (Grand Ravin) et Jalousie
(G9). Haïti vit donc l’hégémonie de la criminalité. Le massacre du 29 juin ne saurait être
assorti de ce contexte global.

Le double assassinat de Marie Antoinette Duclaire et Dieugo Charles devrait être
détaché de la tuerie de Delmas 32. Marie Antoinette Duclaire et Dieugo Charles,
assassinés avec préméditation, devraient être séparés de la tuerie de Delmas 32 où des
motocyclistes ont ouvert le feu sur des citoyens et ont fait au moins 13 décès. Madame
Duclaire aurait supplié les caïds de ne pas tuer Monsieur Charles, exécuté de quatre
balles, dont une à l’avant-bras gauche et deux à la poitrine, devant la barrière de sa
maison. Malgré ses cris et supplications, Madame Duclaire en a reçu plusieurs au volant
de sa voiture. La rue Acacia, située à l’intérieur de Nazon, n’a aucun rapport avec Delmas
32.

Porte-parole de l’organisation socio-politique Matrice-Libération, dirigée par l’un des
farouches opposants à l’administration Jovenel Moïse, Madame Duclaire était l’objet de
menaces et l’Exécutif le savait. Le 23 février 2021, sa maison à Christ Roi a essuyé des
cartouches. Le Journaliste Dieugo Charles était l’objet de menaces voilées, suite à un

article publié sur l’assassinat spectaculaire du bâtonnier de Port-au-Prince, Monferrier
Dorval, le 28 août 2020, à sa résidence à Pèlerin 5, quartier où habite le président de la
République.

Le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH) travaille sur plus
150 kidnappings, notamment à la Croix-des-Bouquets. Ces chiffres ne sont que des
indicateurs, vu que 75 % de rapts sont collectifs, nouvelle forme de kidnappings utilisée
à partir de troisième semaine du mois de mai particulièrement par les 400 Marozo.
En un jour, au moins six voitures avec des passagers ont été kidnappés. En outre, une
famille de plus de dix personnes a aussi été kidnappée. Au moins six ressortissants
étrangers ont été kidnappés, totalisant 20 pour le premier semestre de 2021.
Globalement, on en a enregistré 431 (ces chiffres ne sont que des indicateurs, vu que le
chiffre exact ne sera jamais connu).

Le 10 mai Izo 5 seconde a fait circuler une vidéo dans laquelle il annonce qui allait
kidnapper journalistes, homme politiques, opposants politiques et autres qui critiquent
leur trêve. Après cette déclaration, un silence a été constaté. En outre, notons que les
personnes libérées ainsi que leur famille sont forcées au mutisme. A partir de la
troisième semaine du mois de mai, les gangs, notamment 400 Marozo fait
systématiquement des kidnappings collectifs, exigeant une rançon de 20 000 dollars
américains au plus, dépendamment des kidnappés. Ces derniers trouvent plus «
facilement » la rançon et sont, dans la majorité des cas, libérés le même jour. La
stratégie est de faire des rapts tout en évitant le focus de l’opinion afin que l’idée de la «
trêve » fasse son chemin.

L’échec du référendum expliquerait les crimes étant fondamentalement liés aux élections annoncées par l’administration Jovenel Moïse pour maintenir le régime PHTK au Pouvoir, l’échec du référendum, grâce à la mobilisation de la société civile et de l’opposition politique, explique l’impossibilité de réaliser les élections à la fin de l’année. Au-delà des considérations techniques et autres, les trois piliers des recommandations de la mission du Conseil permanent de l’OEA en Haïti ( du 8 au 10 juin) présenté officiellement le 30 juin, corroborent cette thèse : un gouvernement légitime, donc avec 23 Jusqu’au 16 juin, on avait recensé 231 rapts dont 14 ressortissants étrangers.

Comme l’a annoncé le président Jovenel Moïse, ses partisans sèmeront la terreur, vu
qu’il serait sur le point de perdre le Pouvoir. Le pays sombrera dans le chaos total sans
une conscience nationale agissante. Port-au-Prince est assiégé au Sud (gangs de Gran
Ravin et de 5 Secondes), au Nord (gangs de 400 Marozo et de Cité Soleil) et à l’Est. Le G9 s’installe à Jalousie, quartier populaire situé entre Pèlerin et Pétion-Ville. On assiste à
une société de plus en plus passive, alors que le pays est assiégé par les gangs,
s’apprêtant à établir un proto État en haïtien.

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