En réaction au tweet de l’ambassade américaine exhortant les autorités de Port-au-Prince à travailler pour permettre à la justice de faire la lumière sur les massacres de La Saline, de Bel-Air, de Grand-Ravine, le Premier ministre de facto Joseph Jouthe renvoie la balle dans le camp du pouvoir judiciaire, accusé de faillir à sa mission
Jeudi 1er avril 2021 ((rezonodwes.com))– Le pouvoir Exécutif, en écartant certains hauts dignitaires du régime cités dans les massacres de La Saline, de Grand-Ravine, de Bel-Air a fait oeuvre qui vaille, a avancé Joseph Jouthe. Le chef du gouvernement de facto met en cause le pouvoir judiciaire qui peine à se manifester dans le dossier, alors que du côté de l’Exécutif les options semblent avoir déjà été épuisées.
»Il revient au juge qui instruit le dossier de prendre ses responsabilités. L’Exécutif a joué pleinement sa mission pour permettre que les victimes et leurs proches obtiennent justice », s’est défendu Joseph Jouthe.
Le système judiciaire, depuis plusieurs mois, se retrouve paralysé par des arrêts de travail, alors que les acteurs réclament de meilleures conditions de travail ou l’indépendance de ce pouvoir.
Les tribunaux font régulièrement objet de dysfonctionnement pour protester contre les agissements de l’Exécutif qui accélère la descente aux enfers des institutions républicaines. La décision de révoquer trois juges pour les remplacer par trois nouveaux juges en dehors des procédures légales est un coup fatal porté contre la justice, selon des observateurs.
À propos de l’échec de l’opération policière du 12 mars dernier à Village-de-Dieu, Jouthe met en avant des erreurs stratégiques qui ont signé l’échec de l’intervention des agents des unités spécialisées de la Police nationale d’Haïti.
Il a évoqué des instructions non suivies, des rétentions d’information et des mesures non prises en compte. Il a également souligné des informateurs qui manquaient à l’appel lors de l’intervention policière.
Hervé Noël
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