Mardi 9 février 2021 ((rezonodwes.com))–
Dans la nuit du 6 au 7 février 2021, dix-huit personnalités appartenant entre autres à des institutions clé comme la magistrature et la police nationale ont été interpellées sur ordre du pouvoir, brutalisées et mises en détention.
Parmi ces personnes figurent : Madame Marie Louise Gauthier, Inspectrice générale de la police, engagée pour une présence féminine significative dans l’institution et pour le respect des droits des femmes détenues ; Me Yvikel Dabresil, Juge à la Cour de cassation, la plus haute instance judiciaire du pays ; et Monsieur Louis Buteau, un agronome de renom.
Alors que ce 7 février consacre la fin du mandat de Monsieur Jovenel Moïse, selon la Constitution de 1987 amendée, cette vague d’arrestations est opérée sous prétexte de tentative de « coup d’État et d’assassinat ».
Cet acte s’apparente à une offensive d’intimidation et de répression d’un Exécutif devenu caduc et qui tente, par tous les moyens, de s’accrocher au pouvoir en activant les termes des décrets scélérats, de novembre 2020, sur la sécurité et le renseignement qui voudraient anéantir les acquis démocratiques.
Les organisations et personnalités féministes signataires sont indignées par ces arrestations politiques qui évoquent le spectre des abus de la dynastie des Duvalier et des régimes militaires post-dictature. Elles dénoncent l’illégalité de l’interpellation des citoyennes et citoyens, exigent le strict respect de leurs droits et la plus grande transparence concernant leurs conditions d’arrestation et de détention.
Les signataires :
- Kay Fanm
- SOFA – Solidarité des femmes haïtiennes
- Nègès Mawon
- Fanm Deside
- REFRAKA – Rezo fanm nan radyo kominotè ayisyen
- Fanm Yo La
- GADES – Groupe d’appui au développement du Sud
- AFASDA – Asosyasyon Fanm Solèy D Ayiti
- Fondation Toya
- Marijàn
- Dantò
- Sabine Manigat, féministe indépendante
- Antoinette Duclair, féministe indépendante

