Déclaration politique
Jeudi 27 août 2020 ((reozonodwes.com))– Peuple Haïtien d’ici et d’ailleurs, Jeunesse haïtienne
A chaque fois que notre peuple arrive à un carrefour où il nous appartient absolument de prendre les dispositions qui ne nous exposent plus à l’instabilité et à la misère ; il y a toujours une sorte de « deus ex machina » qui vient nous faire des propositions au nom de la démocratie ; des propositions qui se révèlent le plus souvent être des impositions.
Quand notre naïveté se superpose à notre mentalité de colonisé nous composons avec l’inacceptable pour ne pas perdre l’aide. Et quand l’injonction nous indispose ; ils viennent encore nous dire « Le peuple haïtien a encore raté sa chance » et la République se décompose.
Ce n’est pas assez de dire que la transition démocratique a échoué 34 ans après par la seule faute de la classe politique, il faut regarder les américains en face et ceux-là qui ont financé la soi-disant démocratie pour leur dire c’est aussi leur bilan.
Ils ont voulu nous briser, peuvent-ils vouloir encore plus mal pour nous après d’être un « Shithole Country » ? Oui nous sommes un pays brisé ; humilié ; à genoux et qui n’en peut plus. Il faut le concéder il y a là, la fin d’une histoire; c’est la fin de l’Haïti mesquin qui n’a pas de parole; fébrile devant le blanc; qui parle d’anti impérialiste en Haïti; de l’Haïti dont la capitale est Washington; de l’Haïti qui se dit socialiste en Haïti et capitaliste devant le moindre dollars; la fin d’une Haïti qui a peur de parler des vrais intérêts de la République; l’Haïti qui fait des considérations à n’en plus finir sans pouvoir décider; l’Haïti qui n’a pas su lever le défi du progrès, du mérite et de l’effort; de l’Haïti qui baisse toujours la tête, corrompu, haineuse et violente; qui trahit les nations sœurs; qui se limite; oui c’est la fin de l’Haïti qui rechigne; qui pleurniche; peur des sacrifices; qui est malade de supériorité; de l’Haïti qui a peur de sa diaspora, peur de prendre position pour elle-même; l’Haïti qui ne punit pas, qui a besoin du blanc pour trancher.
Ils ont tué le nationalisme mais pas le souverainisme ; à moins que les prochains haïtiens ne connaissent pas leur histoire. C’est leur Président Donald Trump lui-même qui a dit devant les nations du monde : « Si vous voulez la liberté soyez fier de votre pays, si vous voulez la démocratie accrochez-vous à votre souveraineté, si vous voulez la paix aimez votre nation. Les sages leaders considèrent toujours le bien de leur propre peuple et de leur propre pays comme prioritaire. Le futur n’appartient pas aux mondialistes, le futur appartient aux patriotes. Le futur appartient aux nations souveraines et indépendantes qui protègent leurs citoyens, respectent leurs voisins, et honorent les différences qui rendent chaque pays spécial et unique. »
De même que nous avons le courage de nous regarder dans les yeux pour se dire « oui nous avons merdé » ; et aujourd’hui notre génération est face à un cocktail molotov fait d’une bouteille duvaliériste, de l’essence lavalas et du torchon enflammé PHTK ; une génération qui n’a rien reçu et qui doit tout donner ; une génération qui ne doit pas passer pour qu’Haïti ne change pas. Nous devons dire au peuple américain ses dirigeants nous étouffent et nous ne pouvons pas respirer. Nous devons dire à ces dirigeants qu’ils nous ont assez méprisé. La générosité du peuple américain n’est pas à la base de la politique américaine en Haïti.
Il faut dire au peuple américain, aux non-racistes que nous connaissons là-bas; et notre diaspora doit nous servir de porte-parole; quand il s’agit d’Haïti, et la Maison Blanche, et le Département d’Etat, la CIA, et le pentagone ne sont jamais au rendez-vous avec la dimension de son amitié pour le peuple haïtien. Oui nous avons merdé comme peuple, mais pourquoi pas un investissement sérieux du peuple américain dans les universités haïtiennes ? Oui nous avons merdé pourquoi MacDonalds n’est pas présent en Haïti ?
Il faut les dire que leurs dirigeants les fourvoient sur ce qui se passe en Haïti et aujourd’hui en lisant donc les tweets de Monsieur Pompeo dans ses injonctions, de l’ambassade des USA en Haïti dans leurs impositions vous comprendrez qu’ils sont bridés et encore ils vont passer à côté de la plaque. Oui la démocratie est en panne mais il y a une crise humanitaire en Haïti qu’il faut urgemment adresser ; et que le leadership politique actuel n’est pas capable d’adresser ; il faut refonder la politique par les élections crédibles. Notre effort ne sera pas marchandé, nous allons incarner le changement, car nous ne sommes pas les trafiquants de drogues, nous ne sommes pas les dilapidateurs des fonds de Petrocaribe et des fonds publics ;
Nos chers Compatriotes,
Il faut par la nature complexe des choses aujourd’hui un « SHEXIT », c’est à dire nous devons sortir de cette relation « shithole » avec la première puissance du monde. Il faut renégocier nos rapports avec les Etats Unis ; il faut que les deux premières nations libres de l’Amérique puisse collaborer dans le respect de nos valeurs historiques et humaines. Nous sommes en Retard, nous ne pouvons-nous redresser par nous-mêmes ni par cette politique du « shithole ». L’Amérique comme le monde doit répondre à notre volonté de vouloir nous forger un nouveau destin dans le monde qui naît maintenant.
Nous devons sortir du caquant le blanc est responsable de tout, nous sommes tous responsables ; le blanc a dit ; le blanc finance donc il est le donneur d’ordre ; de la haine stérile anti américaine ; d’une relation diplomatique entre un grand peuple qui sait où il va en défendant ses intérêts et un autre grand peuple qui tergiverse et refuse de décider de quoi son demain sera fait.
Oui nous pouvons être un petit pays mais une grande nation. Nous devons revoir nos places et nos positions dans les grandes institutions internationales ; fondateur de l’ONU oui mais nous croyons que nous ne nous reconnaissons plus ; nous devons stopper les expériences du FMI qui s’est spécialisé dans les recettes pour les petits pays ; si le leadership national est irresponsable ils sont connus pour être des enfants devant le blanc.
Le monde qui se lève n’aura pas une puissance, mais plusieurs puissances et vu ce que nous sommes aujourd’hui nous devons réévaluer nos rapports avec tout le monde en vue de notre projet de bâtir sur les bases de la démocratie et de l’Etat de droit l’Haïti qui peut produire des ressources humaines capable d’aider la planète à faire face aux prochains défis du monde. De même que le monde cherche à comprendre les dessous de la COVID-19 il cherchera à comprendre pourquoi la maladie a évolué ainsi chez nous ; nous nous plaçons à cette phase où nous déjouons toutes les pronostiques. Une opportunité qui peut nous donner une occasion de forger une place de choix dans les prochains grands débats mondiaux.
Nous ne voulons plus être un fardeau pour la communauté internationale ; tout comme nous ne cherchons pas non plus à être un pays dont la démocratie et le respect des normes du FMI et de la BID n’ont que ça pour finalité. La finalité de toute nation c’est le bonheur de chaque membre et la garantie de progrès durable pour ses progénitures. S’ils n’ont pas eu le courage de vous le dire, nous vous le disons bien, la démocratie est un moyen pour les peuples libres de poursuivre surement leurs fins. Aussi, pour nous il n’y a pas une démocratie et la démocratie n’a pas de maître; puisqu’il n’y a pas une culture; et à la base de la nôtre il y a la fierté d’être la première République noire du monde; le deuxième pays indépendant de l’hémisphère par le sacrifice des va-nu-pieds; la dignité d’être leurs égaux; le pays de la liberté qui a combattu à leurs côtés contre leurs bourreaux; le pays de Firmin, de Charlemagne Peralte; ce qui ne changera pas demain. Et il semble que cette base n’est pas digne de leur vision de la démocratie.
Et par cette déclaration nous donnons acte à notre volonté, en tant que néoprogressiste, de donner naissance à de nouveaux rapports avec les autorités américaines basant vraiment sur notre projet souverainiste de faire d’Haïti dans les 34 prochaines années un allié super développé; une société de progrès, digne et fière. Et nous leur disons, « Pa bezwen chache grenn zanno pou nou, nou parèt tout kò nou, e si nou gade byen ou konnen nou mouri deja nou pa pè santi. Ce que nous disons nous le ferons, ce que nous faisons nous le dirons. Nous sommes des démocrates haïtiens et c’est par ces moyens que nous choisirons de conduire la destinée de notre peuple.
Les petits pays peuvent avoir des leaderships extraordinaires comme des grands pays peuvent avoir leurs trompeurs. Nous avons grand besoin du peuple américain comme il est dans notre âme profonde d’être proche des amants de la liberté. Ils sont un partenaire incontournable dans notre projet pour 2054. Tout comme les américains ont grand besoin de nous; « chat konnen rat konnen barik mayi a rete la ».
Nous maintenons notre position anti transition; de même nous croyons qu’il faut des élections le plus vite possible pour refonder la politique; c’est par la voie démocratique que le dénouement de la crise doit être trouvé. Il faut départager par une position majoritaire que seules les élections inclusives et crédibles peuvent faire. Nous maintenons qu’il faut un Conseil Electoral Neutre et fort avec des nouveaux conseillers qui proviennent de la diaspora et qui ne sont pas protagonistes de la crise. Nous ne cherchons pas de sauveurs, il n’y en a pas non plus, mais en améliorant notre vision du monde, de l’homme et la femme haïtiens et des choses, et en refondant l’Etat sur la base du droit, nous pouvons faire bouger les lignes.
Notre peuple chéri,
Nous devons assumer ce choix que le destin ou le sort a voulu, celui d’être haïtien ; identité nous ne pouvons ni rejeter ni renier ; nous ne devons non plus cultiver l’intention. Aujourd’hui encore nous nous approprions de ce qui est vraiment nôtre et que nos pères nous ont légué en suant sang et eau. Cette terre est nôtre, nous la ferons marcher qu’il pleuve, qu’il tonne, qu’il grêle. Et en incarnant le changement, nous sermonnons que notre génération ne peut pas passer pour qu’Haïti ne change pas.
Avec respect et amour !
Phénil Gordon Désir
Secrétaire Exécutif


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