Insécurité et banditisme : le MVP Arnel, au tapis

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Avec la complicité d’un Exécutif et d’un Législatif pourris par la tête, couplée de la légèreté de nombreux médias de la Capitale, le nom d’Arnel Joseph résonnait dans tous les espaces physiques et intangibles du pays, comme la cymbale de la cigale. Le trophée de l’homme de l’année, bien mérité, à lui décerner, ne constituerait pas, contrairement à la situation de l’autre, une usurpation de titre.

Lundi 5 août 2019 ((rezonodwes.com))– Franc dribbleur, excellent-tireur de penalty et de coups francs, ayant maintes fois ironisé et ridiculisé la PNH et la justice, à l’instar de Messi face à Boateng ou de Ronaldinho dans ses meilleurs moments, Arnel Joseph n’a pas été un simple homme du match, mais la plaque tournante de son équipe de malfrats.

Que ce soit dans les grands championnats ou dans les simples tournois locaux lui mettant aux prises à ses rivaux munis de grands calibres et de joueurs similaires aux environs de Village de Dieu, son fief, le chef de gang réputé, « de seulement 32 ans », dispose de stratégies dominantes pour remporter ses duels balistiques avec facilité. Des policiers, des femmes, des jeunes filles, des jeunes garçons, des commerçants, des hommes d’affaires, toutes les catégories, soit dans des viols, des vols, des meurtres, des kidnappings ou des détournements de camions de marchandises, étaient la proie de cet animal mal dressé, armé jusqu’aux dents.

Dans un classico à Marchand, cette « étoile brillante », protégé du pouvoir en place, allait s’éteindre devant un tacle farouche de son homologue Ti-Sourit, capitaine de l’équipe rivale des bandits de Savien, qui l’a envoyé au vestiaire, sans la moindre possibilité de refaire surface. Balle montée dit-on, Ti-Sourit a trouvé le bouchon du chef de gang de Village de Dieu qui faisait la pluie et le beau temps. Aujourd’hui agonisant, en salle d’opération, expirant, parlant et déparlant, l’animal traqué inquiète de nombreux officiels qui seraient trempés avec lui dans ses actes barbares.

Serait-ce la fin du match ? N’existerait-il pas de titulaires ou de réservistes aussi talentueux, voire plus compétents pour détrôner Arnel dans ses œuvres, dans ses prouesses techniques et fantaisistes ? Quand on sait que ce club de bandits a du bois officiel derrière sa banane, il ne fait aucun doute que d’autres titulaires seront émergés et rapidement pourvus de nouvelles techniques et de crampons vissés pour substituer à cet Arnel polyvalent pour tenter d’assurer une remontonda sur ce terrain piégé par des compétiteurs et des acteurs délégués par des institutions de vigie locales et internationales.

Les bandits peuvent repousser par les racines, car ils sont nombreux

Quelques joueurs s’en plaignaient déjà de la sortie surprenante de leur coéquipier, ballon d’or de l’année, suite au geste anti-fairplay de Ti-Sourit à la jambe droite de leur leader. Les remplaçants ont tenu des discours ardents en exposant le cachet inépuisable de leurs armes et munitions pour continuer ce championnat de banditisme macabre alimenté de manière souterraine par des officiels et des serpents politiques animés par le désir luciférien de maintenir un pouvoir malhonnête, quitte à ce que le pays soit disparu.

Dans son entrevue[1] d’après match où il expliquait la scène opposant Arnel et Ti-Sourit, le numéro 2 de l’équipe, du nom d’Odma, expliquait que n’étaient sa dextérité et sa vigilance, son partenaire aurait même laissé sa peau sur le terrain de Savien. Odma, qui se réclamait un bandit de l’Etat, a fait l’éloge de son capitaine qui n’était pas un simple joueur au terrain ; mais également un ami, un généreux et un conseiller qui ne les poussait jamais à l’excès.

« Après avoir créé le monstre, le concepteur doit s’attendre à ce que l’animal se soulève contre lui, soutenait le « remplaçant » d’Arnel qui reconnait qu’il a été mal utilisé par des assoiffés du pouvoir qui ont gâché son avenir. L’ancien serviteur qui anéantissait et tuait pour l’élu de la commune de Petite Rivière, aujourd’hui révolté affirme-t-il, promet de tenir le flambeau allumé, pour faire honneur à son confrère fou allié incapable de poursuivre ce championnat d’horreur.

Odma et consort prévoient déjà, tôt ou tard, leur propre expulsion et leur élimination dans ce jeu vilain et déloyal dirigé par de hautes autorités qui les ont garnis de munitions et de matériels lourds très sophistiqués pouvant leur garantir trois jours non-stop dans des raids avec les forces de l’ordre ou d’autres ennemis. Ce bandit, apparemment sincère, a avoué avoir volé un véhicule de son ancien patron, en contrepartie de services fournis, non rémunérés. Période de vache maigre, se plaint Odma, car les patrons les ont lâchés ; ils continuent de faire usage des outils et des instruments à leur disposition pour assurer leur survie.

Des criminels qui disent s’engager dans la promotion de la justice sociale

Distribution de nourriture à la population affamée, travaux de canalisation et d’irrigation des terres pour propulser la production agricole, vente de produits à des prix alléchants, tels que du ciment ou du riz volés, la plupart des groupes de bandits récemment émergés au pays, s’identifient comme des révolutionnaires au secours de la masse. Ils menacent et fustigent le pouvoir central qui a failli à sa mission de garantir le bien-être de la population.

Des institutions, nommément citées comme l’ODVA, qui devaient encadrer les paysans dans leurs activités agricoles, sont l’objet des frustrations et des invectives de ces brigands qui ont déjà exprimé des revendications à propos du coût exorbitant de l’engrais dans la plaine de l’Artibonite. Le sauveur d’Arnel, dans le raid face à Ti-Sourit, a critiqué la motivation voilée de la caravane de la présidence qui consisterait à éliminer le riz de l’Artibonite au profit de la céréale étrangère.

Et voilà les résultats navrants dans le règne de la confusion et la mauvaise gouvernance. Des bandits, des criminels, des voleurs, des kidnappeurs et des violeurs qui menacent et font la leçon à des officiels assis honteusement sur les chaises dorées et bourrées de la nation.

O ! Messieurs les animaux politiques, vous avez distribué de l’argent, des armes et des produits dopants à ces jeunes pour les transformer en des bêtes féroces, afin d’exécuter vos projets indécents. Au lieu de terrains de jeu, de parcs sportifs, d’écoles professionnelles, d’hôpitaux, de bibliothèques, de salles de théâtres, de salles de cinéma, de centres de réflexions et de partages de savoirs, vous avez pollué le pays avec des foyers de criminels en dépensant des sommes faramineuses dans des armes lourdes. Vos cœurs sont endurcis, vous avez assassiné vos consciences, vous n’êtes plus dotés des sentiments de pères de famille qui vous rendent humains et enfants de Dieu. Qu’a donc fait Haïti pour mériter ce triste sort ?

Malheureusement ou heureusement, vous avez oublié un jeton crucial dans ce puzzle complexe. Un scénario plausible vous avait échappé ; vos prévisions ont été erronées. Eu égard aux déclarations et aux preuves concordantes vous accusant de complicité avec ces bandits, nous sommes certains que vous restez dans vos petits coins et lancent « Je t’ai fourni des armes ; et vous voilà pris dans les filets de la justice ; comment vais-je faire pour me défendre ? »

Il est vrai que dans toutes ces cacophonies et ces histoires avilissantes d’officiels de connivence avec des kidnappeurs, des criminels et des chefs de gangs notoires, les jours de cette grande nation s’assombrissent. Mais, n’est-ce pas quand même une période avantageuse pour tirer des leçons de nos errements politiques récents et prendre des mesures politiques drastiques pour comprendre qu’un pays doit être dirigé par l’honnêteté, la décence et la compétence.

Le bandit n’a qu’un temps, après quoi, il dégénère. Longues ont toujours été les listes des bandits et des malfrats qui squattérisaient la Capitale et certaines villes de province. Amaral Duclona, Evens Ti-Kouto, Tijean, Amio Metayer, Dread Wilme, Ti-Je, Gro-Je, Nen Kankan, etc. Ces âmes détournées des valeurs divines avaient mis en otage des parties géographiques du pays et obstrué le progrès et l’épanouissement de tous les secteurs de la vie économique et sociale.

Les coûts psychologiques des agissements de ces êtres déchaînés sont encore plus élevés. Hier, Belair était invivable, aujourd’hui, Cité Soleil est en « guerre civile », demain, La Salline, Carrefour-Feuille, Grand-Ravine, Cayes, Petit-Goâve, St Marc sont bloqués et pris en otage par des malfrats et des évadés de prison. Certes, les bandits font toujours long feu ; mais avec la complicité des animaux politiques, ils ont toujours des remplaçants pour assurer la relève. A quand donc la fin de cette façon arbitraire de pérenniser le pouvoir en Haïti ?

Définitivement, ces plaisanteries malsaines ont trop duré. Haïti en a trop souffert. Les enfants, les commerçants, les entrepreneurs, les forces vives de la nation n’en peuvent plus avec ces films d’horreur. Il est temps que tous les bandits légaux, illégaux et officiels soient jugés et envoyés en tôle pour que décidément le pays puisse respirer à plein poumon ; pour que les enfants, les jeunes, les adultes, les étudiants, les professionnels, les commerçants et les entrepreneurs vivent et évoluent dans des climats harmonieux de paix, de quiétude et de confiance.

Carly Dollin
carlydollin@gmail.com


[1] https://www.youtube.com/watch?v=vfQmHljB3K0

3 COMMENTS

  1. RIEN DE NOUVEAU SOUS LE SOLEIL. Il ne faut pas se fier aux journalistes, ils évoquent des ingrédients de A.A gauche et A.A extrème-droite à tort. De 1986 à aujourd’hui, l’Histoire se répète. Les Autorités Étatiques, l’Oligarchie et les GANGS s’entremêlent. J’ai déjà vu ce film, “… des raids avec les forces de l’ordre…” et des membres du pouvoir. Les concepts de Gauche/Droite n’existent pas en Haiti. En attendant l’avènement des patriotes au pouvoir (3e, 4e…et 100e voie), les Voleurs et Petrovoleurs s’entre-mêlent et s’entre-déchirent.

    Deux EXTRAITS d’articles sur le Massacre de la Scierie (Saint-Marc, le 11 fevrier 2004).

    1.Les forces de l’opposition ont contrôlé la ville pendant deux jours relativement calmes. Mais, le lundi 9 février, des unités spéciales de la police notamment le USGPN ou l’Unité de Sécurité du Palais National, avec l’aide de Bale Wouze, ont repris le contrôle de la ville…Le Premier ministre, Yvon Neptune, a survolé la ville en hélicoptère. Et dans une conférence de presse donnée en partie à la presse étrangère et en anglais… il a déclaré et divers journalistes ont noté : « Ce que nous faisons c’est d’assurer que la paix soit rétablie. Nous encourageons la police à se joindre à la population de façon à faire cesser le cycle de violence. »MESSAGE RECU. Un peu plus tard, « Un nombre inconnu de policiers des Unités spéciales sont restés à St-Marc et en collaboration avec Bale Wouze ont effectué une intervention musclée vis-à-vis des opposants autour de la ville. Beaucoup de gens ont dû fuir la ville…Le 10 février, selon divers rapports dont le juge de paix, les membres de Bale Wouze ont tué Anselme et Wilguens Petit-Frère et incendiée leur maison à Portail Montrouis. Pendant ce temps, à la Scierie, les supporteurs du groupe RAMICOS ont dressé des barricades pour empêcher à la police et à Bale Wouze de rentrer dans la cité. Tôt dans la matinée du mercredi 11 février, la police, lourdement armée, accompagnée de Bale Wouze, ont brisé ces barricades après un court échange de coups de feu. D’autres policiers ont tiré d’un hélicoptère qui a encerclé la zone et ont pourchassé les personnes en fuite sur le Morne Calvaire. Les forces du gouvernement, guidés par Bale Wouze selon tout témoin, ont pénétré le quartier à pied et en voiture…Le gouvernement haïtien actuel n’a pas posé suffisamment d’actions pouvant inspirer confiance dans l’impartialité de l’appareil judiciaire… [1]

    2.Ce 11 février ramène le premier anniversaire du massacre de La Scierie, localité de Saint-Marc (Nord), où des dizaines d’opposants à l’ancien Président Jean Bertrand Aristide ont été tués, deux semaines avant son depart le 29 février, selon des organismes de droits humains.
    Cet anniversaire a été marqué par un ensemble d’activités dont une messe de requiem pour les victimes, un sit-in et des conférences-débats. Les cérémonies commémoratives ont eu lieu en présence d’une assistance nombreuse composée entre autres de proches des victimes, de responsables de droits humains et du vice-délégué du Bas Artibonite, Jean Rony Dumelsaint.
    Selon des organisations haïtiennes de droits humains, le carnage s’était soldé par des dizaines de morts et une soixantaine de maisons incendiées. Ce massacre constituait le point culminant de la répression orchestrée par le régime de l’ancien président Jean Bertrand Aristide contre la ville de Saint Marc réputée bastion de la résistance contre le pouvoir lavalas. Cette répression gouvernementale ciblait notamment le Rassemblement des militants conséquents de la commune de Saint Marc (RAMICOCS).
    Sept personnes ont déjà ét é arrêtées en relation avec le massacre de La Scierie. Parmi ces personnes figurent l’ancien Premier ministre Yvon Neptune, l’ancien ministre de l’Intérieur Jocelerme Privert et l’ancien député contesté Amanus Mayette. [2]

    Dans le cadre de l’IMPUNITÉ et de la société AU RABAIS, il reste aux présumés assassins Neptune, Mayette… de revenir au pouvoir.

    [1] Au sujet du massacre de la Scierie https://lenouvelliste.com/article/17081/au-sujet-du-massacre-de-la-scierie
    [2] Haiti : Saint-Marc se souvient du massacre de La Scierie. https://www.alterpresse.org/spip.php?article2203#.XUh-IvZFzIU

  2. « Les bandits peuvent repousser par les racines, car ils sont nombreux »
    L’allusion à Toussaint Louverture, qui parlait de l’arbre de la liberté pour Haiti, n’est pas très heureuse en cette occurrence, mais bien pertinente, merci

    • D’autres Faits Historiques. NOU SOTI YON KOTE POUN RIVE LA A… L’histoire est un perpétuel recommencement. Le prêtre Jean Pierre-Louis alias tijan, a été assassiné, le 3 août 1998, par un bandit nommé Chuck Norris. Par la suite, ce dernier a été executé froidement par un policier pour ne pas devenir avant la date un Arnel Joseph, ROSSIGNOL… Comme dans l’assassinat du journaliste Jean Léopold Dominique, Chuck Norris était bel et bien en mission.

      Comme un adepte de la “Théologie de la Libération,” à l’instar du père Joachim Samedi, parait-il, tijan Pierre-Louis n’était pas un bluffeur comme un certain Aristide. Dans ses sermons, il avait pris la bonne habitude de dénoncer la MAUVAISE GOUVERNANCE et les GRANDS MANGEURS de l’ère Preval.

      Les temps ont changé, après le messie mort-né Aristide, maintenant il s’agit du sauveur d’Arnel. Après les élections Frauduleuses du 25 juin 1995, lors de sa prestation de serment comme président le 7 février 1996, en présence de son chef et marasa JB Aristide, René Préval avait pris la chance d’affirmer qu’il allait “restaurer l’autorité de l’État.” Li te mete Leta kanpe lavalaseman (1996-2001) ak blakawouteman (2006-2011). N’en déplaise pas à une certaine presse, Préval est l’un des architectes de la situation actuelle. Voleurs/Petrovoleurs (Lavalas) Vs Petrovoleurs (PHTK). C’est cette Configuration qui empêche à une bonne partie de la population de ne pas avoir trop d’engouement (les 60% dont parlait Frantz Bernard Craan*) à fouler le macadam en vue de demander à l’associé des Petrovoleurs au Palais national de vider les lieux… De toute façon, à cause de la Détérioration des conditions de vie de la population, la situation reste très volatile…

      * https://rezonodwes.com/2019/07/29/depart-de-jovenel-moise-le-sentiment-de-mefiance-eleve-a-legard-du-forum-economique-du-secteur-prive-est-manifeste/

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