Les investigations destinées à remonter aux traces d’un ou des présumés auteurs ou et complices du meurtre de Pétion, resteront pour longtemps encore au stade d’une éternelle « enquête qui se poursuit« . Les journalistes Jean Dominique, Jacques Roche, Vladimir Legagneur et des marginalisés de La Saline … n’échappent pas à cette règle démontrant du peu de cas qu’on fait de la vie d’un être humain en Haïti.
Haïti n’a pas fini de compter ses morts par balle…
Des parlementaires, des militants de droits humains, des professionnels de la Presse ont rendu, samedi, un dernier hommage au journaliste de Radio Sans Fin (RSF) assassiné le 11 Juin dernier à Portail Léogane (Port-au-Prince). Une cérémonie funèbre perturbée à la fin suite à une intervention musclée des forces de l’ordre.
« Je qualifie cet acte de provocation et inacceptable » Abel Descolines
Port-au-Prince, samedi 6 juillet 2019 ((rezonodwes.com))–Des visages fermés, des cris épars, des gestes de consolation déterminaient l’ambiance qui régnait au Salon de l’Ange Bleu, ce samedi. Le corps du journaliste Rospide Pétion (45 ans) enlevé à l’affection de sa famille, de ses collaborateurs à Radio Sans Fin, de ses amis a été exposé à la salle avant la tenue de la cérémonie funèbre à l’espace transitoire de la Paroisse Sacré Cœur de Turgeau.
Le célébrant principal, dans son homélie, a rappelé à l’assistance la nécessité que le départ de l’animateur de l’émission ‘’Ti bat bouch’’ revigore la lutte pour le changement et la transformation sociale.
‘’Que ce départ nous apporte un élan nouveau à travailler d’arrache-pied pour une société où les lois et les règles ne soient plus bafouées et que la brutalité n’ait pas droit de citer. Que cette cérémonie, constitue une exhortation à nous unir pour lutter contre les forces hostiles afin d’édifier dans la vérité, la justice et la liberté ce coin de terre que Dieu nous a donnée comme patrie’’, rappelle le Révérend Joseph René François.
Les funérailles de Rospide Pétion affectueusement appelé ‘’Douze’’ ont connu une fin houleuse. L’usage des gaz lacrymogènes par des forces de l’ordre a contraint une foule à faire irruption dans la salle et troubler la cérémonie funèbre. Une situation qui révolte le député de Mirbalais.
‘’Alors que la communauté, la corporation des journalistes, des personnalités viennent rendre un dernier hommage, on constate malheureusement l’intervention des policiers. Je qualifie cet acte de provocation. C’est inacceptable’’, crie Abel Descolines.
Le représentant de la 3ème Circonscription de Port-au-Prince exaspéré par le comportement des agents de l’ordre, demande à la population de rentrer en rébellion face au pouvoir.
‘’La communauté internationale espère-t-elle un carnage du Chef de l’État avant qu’elle réagisse’’, s’interroge Printemps Bélizaire.
Non au Core Group
‘’Nous ne voulons pas continuer à compter des cadavres. Nous disons non à Jovenel Moise, non au Core Group, non au Secteur privé des affaires qui soutient encore le Président, Jovenel Moise’’, s’indigne l’élu de Fanmi Lavalas.
Au terme des obsèques du journaliste également ancien garde rapproché de Jean Bertrand Aristide en 2004, un vent de panique a soufflé au Centre-Ville de Port-au-Prince. Des militants politiques remontés ont attaqué plusieurs véhicules privés, dans l’indifférence des policiers.
Hervé Noël
vevenoel@gmail.com


1 Comment