un billet de la rédaction
Au plus fort de la crise, des partis ou regroupements politiques n’existant que de nom, ne se sont jamais prononcés publiquement en faveur d’une solution pour remédier à la situation. Ils attendent la moindre occasion pour bondir.
Et aujourd’hui, en la personne du président Jovenel Moise en chute libre dans sa cote de popularité, pour mauvaise gestion des affaires de l’Etat, Nicolas Duvalier est monté à bord du train qui continue de faire route dans la direction placée par le défunt-dictateur Jean Claude Duvalier, à son expulsion du pays le 7 février 1986 pour crimes et violations flagrantes des droits humains en Haïti, résultant de l’accaparation du pouvoir à vie en 1964 faisant de nous un PMA (pays le moins avancé) et l’un des pays les plus pauvres de la planète et le plus corrompu de la Caraïbe
Port-au-Prince, samedi 6 avril 2019 ((rezonodwes.com))–D’un côté, les membres du Comité de facilitation du dialogue inter-haïtien se plaignent du fait que la présidence haïtienne ne mette rien à leur disposition pour « faciliter leur boulot« . Ils déclarent « débourser eux-mêmes des fonds de fonctionnement« . Le Palais National leur a simplement fourni, pas plus tard cette semaine, un local sans matériels adéquats, pour ainsi dire, ils ne peuvent même pas imprimer une lettre invitant un leader politique à venir s’asseoir avec eux pour discuter de « dialogue national« .
D’autre part, en dehors de ces conditions de promiscuité qu’un arrêté présidentiel unilatéral place un homme et quatre femmes voulant jouer deux fois le dindon de la farce, c’est Jovenel Moise lui-même qui joue ce rôle en lieu et place de la commission mort-née qu’il a accouchée. Il est à la fois metteur en scène, acteur et chef d’un décor profondément incisé mis en place en utilisant apparemment de chefs de file pour montrer ainsi où il veut en venir.
Le président a rencontré des « leaders » qui ne sont même pas en mesure d’apporter une inspiration ainsi qu’une vision et un dynamisme nouveaux. Un bouillon du samedi soir avalé la gorgée après la gorgée avec le répit et servi au petit déjeuner du dimanche. Rien de nouveau sous le soleil d’Haïti.
C’est le cycle des réincarnations qui continue. L’enfer est vide, les vieux démons sont tous parmi nous pour nous hanter l’esprit. Visage transfiguré, ils sont pour la plupart de démocrates convaincus et pour d’autres, ils ont la clef à la solution du pays. Sèl yo menm kika « unlock » li, parce qu’ils sont doués dans l’exercice de recherche d’une aiguille dans une botte de foin. Ils pensent le plus grand bien d’un dialogue qu’ils voient venir à la lueur d’une lampe allumée sous le soleil du midi.
Que pourrait bien discuter le président Jovenel Moise avec le fils d’un dictateur habitué à s’enfermer dans un globe de verre orné de ministres d’Etat qui avaient accepté de continuer de mettre le Sénat hors d’état de nuire de 1964 à 1987 ? Mettre le pays en coupes réglées de 1957 à nos jours ? Réduire l’armée à sa plus simple expression de 1959 à 1986 jusqu’à offrir en 1994 une belle opportunité au petit prêtre de Saint-Jean Bosco de la réduire complètement à peau de chagrin ?
Ce qui s’était réellement dit entre Jovenel Moise et cette délégation « yo pap trayi Ayiti » dont les membres ont toujours rôdé dans les sphères du pouvoir en Haïti e ki pa soti pou yo jan’m anpan’n chèf, nous le saurions peut-être jamais. Mais une chose est sûre, leur voix n’a jamais fait l’écho au milieu des nombreux cris de désespoir répétés dénoncés à haute et intelligible voix, et cette montagne de calvaire du Vendredi-Saint surmonté par le peuple haitien vivant dans un pays flirtant avec un taux d’inflation hyper élevé.
S’il existe encore des hommes et femmes dans ce pays, les membres de ce comité dit de facilitation devraient tirer leur révérence car quoiqu’ils disent « avoir déjà rencontré plusieurs leaders politiques« , an tou lè ka, personne ne les a vus s’afficher avec le fils d’un ancien dictateur-président à vie alors qu’il n’était plus président pendant qu’il était encore en vie. Une leçon de la vie démontrant que l’homme n’est pas maître de son destin et qu’il n’est non plus donné à personne le droit de le modifier en dépit de tous ses droits sur l’accaparation de tous les biens et les richesses de la terre.
Mesye Dam, sans actes les mots se brûlent, et sachez que les gens qui ont les deux pieds sur terre n’avalent pas cette couleuvre.
Un jour viendra où ferons-nous partie du passé simple ou composé ? C’est notre comportement affiché aujourd’hui qui le déterminera. Et quant à eux qu’ils sachent qu’après 33 ans le dictateur a été chassé du pouvoir, la volonté et le courage manifeste de la majorité du peuple haitien ont écrit l’Histoire.
En Allemagne, au Chili, aux Philippines, au Nicaragua et tout près de chez nous en République Dominicaine, pour éviter de donner une gifle à la mémoire de l’histoire douloureuse d’un temps, jamais, un dirigeant conséquent et avide de reconstituer un tissu social déchiré, ne vient s’afficher au grand jour avec un descendant direct d’un pouvoir ayant semé le deuil dans le pays.


3 Comments