USA – Élections : Mia love battue et Haïti doublement perdant! par Gumais Jean-Jacques

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Mia love n’a jamais été adoptée ni bercée par les communautés Haïtiennes des Etats-Unis à cause de son appartenance au parti de Donald Trump

Mercredi 21 novembre 2018 ((rezonodwes.com))– Elle est jeune, noire, belle, née de parents Haïtiens, Mia Love était la seule femme de souche Haïtienne du parti Républicain et de tout le Capitol Hill. Représentante du 4e district de Utah au congrès Américain depuis 2015, Love était connue pour son caractère battant de femme disciplinée et équilibrée dans ses prises de positions politiques reflétant un conservatisme modéré dont elle a été toujours une défenseure remarquable.




Dans un contexte de crise politique généralisée, d’incertitude et d’absence de leadership en Haiti, une réélection de Mia Love aurait pu bien influencer les données géopolitiques du dossier Haïtien à Washington.

En effet, très tard hier soir Mardi 20 novembre, après une confirmation tardive des résultats des élections du mardi 6 Novembre pour le 4e district de Utah, Haiti n’aura plus une figure de grande envergure à Washington, la capitale politique du monde. Battue par son adversaire démocrate Ben McAdams, maire de Salt Lake City avec seulement une marge de 700 voix environ dans une course assez serrée représentant 50,14% contre 49,86% de l’ensemble du scrutin, Mia a pourtant frôlé une réélection qui la rendrait assurément de devenir l’icône de la diversité républicaine et un poids politique important pour la réélection de Donald Trump en 2020.

Toutefois, cette éventuelle perspective gagnante et conquérante d’une stratégie électorale républicaine vient d’être mise en quarantaine puisque Mia love ne fera pas parti de la prochaine législature américaine et le grand perdant n’est ni la communauté de Utah ni la base électorale républicaine mais plutôt Haiti.

En réalité, Mia love n’a jamais été adoptée ni bercée par les communautés Haïtiennes des Etats-Unis à cause de son appartenance au parti de Donald Trump. Réclamant toujours son origine Haïtienne, Love a effectué de nombreuuses visites éclaires en Haiti à l’insu du grand public et loin des projecteurs médiatiques. Enracinée dans sa culture conservatrice modérée, Elle a pourtant défendu avec fougue la fierté et la migration de la diaspora Haïtienne durant plus d’une demie heure au congrès et dans les grands médias américains, rétorquant aux propos jugés racistes et indécents de Donald Trump qualifiant Haiti de « pays de Merde ». Mia Love a montré du caractère pour avoir immédiatement sollicité audience auprès de Donald Trump après cette épisode politique malheureuse la mettant directement en face du Leader de son parti et le plus important, l’homme le plus puissant du Monde.




A cet effet, comme il l’a rappelé, Donald Trump, lors d’une conférence de presse tenue à la maison blanche au lendemain des scrutins autour des résultats des élections, Mia Love n’a pas été l’élue amoureuse de son Agenda « Love ne m’a pas donné aucun love » (amour) a déclaré le Président américain avant une proclamation officielle de la défaite de la représentante républicaine, juste pour blâmer ce revers essuyé par Mia sur son comportement politique équilibriste et non Trumpiste. Donc, pour Donald Trump, Mia Love a été trop Haïtienne, trop sensible dans sa compréhension de la nouvelle politique de l’immigration initiée au début de son mandant. Elle ne pouvait pas emboîter le pas pour galvaniser et conquérir les bases électorales fidèles à Trump. Malgré les diverses difficultés, notamment au niveau financier qu’a connues la Campagne de Mia, elle s’est toutefois retenue de solliciter l’aide montreuse et stratégique de Trump. Ce dernier qui a pourtant soutenu de manière infatigable d’autres candidats républicains durant les deux dernières semaines précédant les scrutins.

En toute logique, Mia love s’est politiquement suicidée devant l’acharnement conservatiste d’extrême droit influencé par Trump et devant une certaine véleité libérale développée surtout dans l’agglomération urbaine de Salt lake city et par une franche de l’électorat de Utah, région traditionnellement à majorité religieuse Mormone et conservatrice.

Mia love a été prise entre l’enclume et le marteau de ce dualisme idéologique assez tendu et polarisé dans ses essences extrémistes de droite ou de gauche. D’une certaine manière et à cause de ses convictions de femme, noire et fille d’immigrants ajoutées à ses valeurs chrétiennes, Mia a préféré de se sacrifier pour ne pas céder d’une part, à l’extrémisme du discours populiste anti-immigrant et de l’autre part, à la tentation de la vague ultralibérale contraire à ses valeurs morales républicaines. Des valeurs qui l’ont permis de garder la considération du camp du nouveau Sénateur Mitt Romney et aussi d’introduire un projet de la loi contre le trafic humain.

Cet effort de combattre la transcriminalité dans le monde l’a pourtant amenée en Haiti pour forcer les autorités Haïtiennes, particulièrement le Président Jovenel Moise, à déclencher la plus grande opération policière aboutissant au démantèlement à Calico Beach d’un gros réseau de trafiquants sexuels.




En définitif, Haiti aurait du être fière de sa fille Mia Love pour son travail d’avoir dignement représenté les habitants de Utah comme élue américaine et surtout pour son courage d’affronter Trump sur plusieurs dossiers cuisants dont Haiti et sa volonté remarquable et magistrale de lutter contre le trafic humain et l’exploitation sexuelle dans le monde.

Si l’hypocrisie manifeste de certains compatriotes Haïtiens se qualifiant de démocrates ou libérales ne s’est pas dissimulée dans de célébrations aveugles d’une victoire libérale déjà limitée au congrès, leur triomphe illusionniste leur fera comprendre que Mia Love par dessus de son appartenance politique au camp républicain, principale cause de son mépris, était la voix Haïtienne à Washington qui pourrait influencer dans la bonne direction le dossier chaotique haïtien dans l’agenda géopolitique néoconservateur afin d’éviter une double peine par une politique étrangère américaine inefficace et superficielle.

Aussi, Mia love restera-elle cette remarquable exception qui s’est élevée dans la grandeur de la politique républicaine au-dessus de la facilité opportuniste libérale et elle s’imposera pour de nombreuses générations à venir comme l’expression idéale de la diversité et de la démocratie moderne américaine.

Gumais Jean Jacques, AvMP
jjgumais@gmail.com

1 COMMENT

  1. ou manti sou tout la liye la.Mia love pa janm defann haiti ni enterè kominote li te sipoze apateni an ki se ayisyen .li defann enterè MORMON YO SELMAN .se pa yon pèt pou ayisyen .Dim ki sa li te fè kôm defans pou haiti .kisa l te denonse ? nou toujou ap di moun se ayisyen lè yo okipe yon fonksyon lot kote .men nou bliye ke menm konstitisyon an pa di ke li se ayisyen .Li pa fèt ayiti ,li pa ayisyen .menm si papal ak manman l se ayisyen …kote rezonnman w lan ye la.Nap ekri jis pou nou fè lèch cul ,san nou pa chita sou referans la lwa. kisaw fè ak konstitisyon haiti a ? reponn mwen .edem konprann atik sa .

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