5 avril 2026
Région métropolitaine/Danger : Quartiers informels en augmentation!
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Région métropolitaine/Danger : Quartiers informels en augmentation!

LAUGMENTATION DES QUARTIERS INFORMELS DANS LA REGION MÉTROPOLITAINE DE PORT-AU-PRINCE UN PROBLÈME URGENT.

Mardi 25 avril 2017 ((rezonodwes.com))– L’humanité a franchi un cap historique en devenant, de nos jours, majoritairement urbaine. Les Nations Unies estiment que dans les trente prochaines années, le nombre d’urbains devrait doubler, passant à 6,4 milliards d’individus(soit 70% de la population mondiale). Cette urbanisation se fait, soit par l’attractivité croissante des villes pour des populations des zones rurales à la recherche d’opportunités d’emploi, de revenus, d’accès aux services et équipements (éducation, santé, loisirs).




Cette urbanisation est, cependant, facteur de vulnérabilités, des risques de toutes sortes et d’accroissement d’inégalités exacerbées, notamment par le développement de quartiers précaires et de bidonvilles.

Le système urbain national, de nos jours, est déséquilibré et largement dominé par l’Aire Métropolitaine de Port-au-Prince qui compte environs 65% de la population urbaine d’Haïti. L’Aire Métropolitaine de Port-au-Prince compte plus de 2.5 millions dhabitants.

Fondée en 1749 sur l’habitation randot, la ville de Port-au-Prince n’a cessé de se reconstruire, tout en s’agrandissant à chaque événement et crise. L’accroissement de la population urbaine est donc associé au passage régulier des ouragans, des tremblements de terre et des ruptures politiques répressives et successives. Ces derniers ont peu à peu appauvri les provinces et renforcé l’attraction de la capitale, où sont centralisés presque tous les services. Ce qui engendrent un exode rural continu et massives.

De ce fait, L’explosion démographique, associée à l’irresponsabilité et l’inaction des autorités ainsi qu’à la grande précarité des nouveaux venus, entraine la formation de nombreux quartiers informels très vulnérables.

Au cours des deux derniers siècles, la Région Métropolitaine de Port-au-Prince a connu une croissance exponentielle. En 1789, elle comptait environs 9 400 habitants. Elle s’agrandit à la suite d’annexions successives pour atteindre une population de 29 000 habitants en 1870. Au cours de la première moitié du XXème siècle, Cette région doit faire face à deux phénomènes majeurs qui affectent la capitale; la surpopulation et des incendies récurrents. Ce qui engendre le déplacement d’une partie de la population du centre-ville pour aller s’installer dans de nouveaux quartiers à l’est de la ville (Turgeau, Bois Verna, Peu De Chose).




Au cours de la deuxième moitié du XXème siècle voit se construire les bâtiments majeurs et importants de la ville de Port-au-Prince(palais présidentiel, cathédrale de Port-au-Prince, …) et les nouveaux quartiers de Bellevue et Bolosse, puis, plus tard, celui de Carrefour Feuille où s’établissent de nombreuses familles de la classe moyenne.

En outre, la période allant de 1948 à 1968 apparaissent alors les premiers exodes ruraux, suite à la fermeture de nombreux ports des villes de province du pays. Ce qui contribue à renforcer la centralisssation économique, politique et administrative de Port-au-Prince et provoque un grand déséquilibre territorial. Ce qui engendre le développement des premiers quartiers informels de la région métropolitaine de Port-au-Prince et qui ne cesseront de s’accélérer lors des décennnies suivantes via l’absence d’une politique urbaine.

C’est ainsi que l’étalement urbain s’intensifie avec l’évolution des quartiers de la région qui prend différentes directions. Au cours des années 70, le quartier de Delmas se transforme progressivement en une grande banlieue résidentielle pour la classe moyenne, jusqu’à devenir aujourd’hui une zone urbaine multifonctionnelle.

Ce n’est qu’en 1982 que ces aglomérations obtiennent le statut de municipalités avec une nouvelle loi réunit sous le nom de « Communauté Urbaine de Port-au-Prince » les municipalités de Port-au-Prince, Gressier, Carrefour,

Delmas, Pétion-Ville et Croix-des-Bouquets… La croisssance urbaine se poursuit alors surtout en direction du Nord et du Nord-est. Les populations les plus riches s’installent dans la partie haute de la région (Pétion-Ville,Thomassin, Fermathe) laissant aux plus démunis les quartiers bas (Cité l’éternel, Liberté, etc.)

A la fin des années 90, l’Aire Métropolitaine de Port-au-Prince s’étend sur 11 000 hectares pour 2 000 000 d’habitants, et atteint 3 600 000 habitants en 2010. La majorité de la population ne parvient à se loger que dans les nombreux bidonvilles qui se répandent dans toutes les directions de la region. Ces quartiers précaires, nouvellement construits ou issus de la dégradation de quartiers anciens, se développent sur les terrains peu attractifs et dangereux. Ce phénomène est aggravé par le vide institutionnel, l’indifférence des autorités, et le manque de structuration des espaces urbains. Ainsi, pour reprendre les mots de Georges Anglade, dans la carte issue de l’Atlas critique d’Haïti, la ville s’organise autour de trois grandes zones urbaines, différentes de par leurs caractéristiques socioéconomiques, culturelles et Géographiques.

Le passage du séisme du 12 janvier 2010 vient alors augmenter le nombre de quartiers informels de la région. On assiste à la formation des nouveaux quartiers de Canaan, Jérusalem, Ona-Ville, etc.

Ces derniers sont construits dans une zone qui constituait une ferme agricole ou l’on produisait surtout du sisal et de la canne-à-sucre dans les années 40. Des puits forés découverts dans la zone de Canaan 3 témoignent des investissements qui ont été effectués dans cette exploitation agricole.




Situé dans la plaine du cul-de-sac, le plus vaste espace dans les parages de la capitale non encore urbanisé, elle a dû faire face à une ruée migratoire et a vu émerger ces quartiers. Avec plusieurs dizaines de milliers de gens nouvellement arrivés, une mixité de bâtis faits en dehors de toute règles urbanistiques et architecturales. Les caractéristiques de ces derniers paraissent aller en contre-sens des leçons tirées de la catastrophe. Celles-ci mettaient en cause les vulnérabilités environnementales du pays, les faiblesses institutionnelles de la gestion de la ville, le non aménagement du territoire ou encore l’informel comme seule règle de l’urbanisation.

Cette situation alarmante devrait être une préoccupation pour tous les citoyens conséquents du pays. Non seulement de la situation inhumaine où vivent les résidents de ces quartiers, absences de tous les services et infrastructures de bases, surtout avec un État faible et irresponsable laissant indéniablement de croire que c’est peut-être notre faute d’être Haïtien, par conséquent nous devons《NAJE POU N SOTI》.

La question de la résorption ou de l’amélioration des conditions de vie dans les quartiers taudis se pose pratiquement dans toutes les villes, même si les réalités de terrain sont diverses et multiformes. De ce fait, les acteurs concernés, du Ministère de l’environnement, plus précisément du CIAT, doivent prendre en compte de ce phénomène qui fait rage tout autour des périphéries de la majorité des villes du pays, surtout à travers la Région Métropolitaine de Port-au-Prince. Car, planifier la ville doit prend en compte d’un ensemble de paramètres; la question du risque et celle du zonage sismique. Il est un impératif de renforcer les institutions afin de développer des stratégies intégrées d’aménagement du territoire, de développement urbain et de gestion des plans d’aménagement.

Dieulin OSTAVIEN

Étudiant en Géographie à l’IERAH/ISERSS-UEH

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