Il m’appela une semaine avant sa mort pour prendre de mes nouvelles. Il promit de me rappeler pour m’inviter chez lui. Il n’appellera plus. Rip Mr le Président ! Merci de m’avoir donné l’opportunité de m’exprimer, de me prouver. Vous m’avez laissé travailler sans interférer, sans rien imposer. Il se passera du temps encore avant que le pays ne connaisse un président aussi humble que Ti René. Monsieur le Président, ce fut un honneur. Salut!
Lundi 6 mars 2017 ((rezonodwes.com))– Le Président Préval, voulant respecter une promesse faite à des jeunes de Marmelade pendant la campagne électorale de 2006, me demanda d’intégrer 24 d’entre eux dans la PNH. Je lui répondis : “Mr le Président, la loi et les règlements nous indiquent déjà quoi faire dans ces cas-là. Tous les postulants doivent passer le vetting, les tests intellectuels, physiques et médicaux en plus d’être haïtien…etc… etc. “
Je lui ai expliqué que la PNH est dans un processus de professionnalisation et qu’à cette phase, en tant que DG, je ne peux encourager, voire promouvoir, aucune forme de favoritisme.
Il me regarda perplexe et renchérit : “DG, c’est une promesse que j’ai faite à ces jeunes qui ont travaillé pour moi pendant la campagne électorale”. Je comprends, Mr le Président, on ne peut pas, non plus, violer pour autant la loi et les règlements de la PNH, rétorquai-je. A ma grande surprise, il acquiesça et me dit d’accord on va faire comme l’indique la loi.
Tout president qu’il fut, il n’ insista pas. J’en connais qui auraient cherché à imposer leurs 4 volontés sans respect pour l’institution, la loi et les règlements. Je lui fis savoir, alors, que la 21e promotion doit rentrer sous peu et les inscriptions avaient déjà commencé. Ces 24 jeunes n’ont qu’à passer s’inscrire au bureau du Departement de Police de l’Artibonite. Et là, on leur dira quoi faire pour la suite du processus.
Ce qui fut fait. 18 sur 24 réussirent. Je l’en informai. Il me demanda de voir leurs notes. Je m’exécutai. Il me remercia chaleureusement et me dit en souriant qu’il n’a rien à se reprocher et que les six qui ont échoué n’ont pas su saisir leur chance.
Et, comble d’ironie, le nom de famille d’un des six était : Préval. Ti René, c’était aussi ça.
Texte de Mario Andresol ex DGPNH



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