L’expérience de ces dernières années montre bien que la Police Nationale d’Haïti est handicapée de deux (2) éléments-moteur dans sa gestion quotidienne de la sécurité des villes: Le Service de renseignements et la Police municipale.
Une police qui se renseigne et qui s’informe à temps déjoue à quatre vingt pour cent (80%) les plans des bandits, des criminels et de la mafia qui opèrent dans les villes. Sans être expert dans le domaine mais, en bon observateur du fonctionnement des autres polices à travers le monde, le dispositif de sécurité est ainsi établi:
1.- Police municipale pour le contrôle quotidien, la sécurisation des marchés publics, des gares et aérogares, des bâtiments publics, des écoles, hôpitaux, des restaurants, hôtels, clubs sportifs, etc. Elle assure le respect des règlements de la circulation automobile et piétonne, assiste les agents de perception des impôts, agents d’hygiène publique, d’assainissement et de l’environnement;
2.- Police administrative travaille en couverture de la police municipale en vue d’apporter tout concours dans une situation qui dépasserait sa compétence. Par exemple, le démantèlement d’un gang, d’une base de criminels, une bataille de rue à engager, etc. La police administrative assure les points fixes à l’entrée des rues, des villes, des gares et aérogares pour dissuader. Effectue des check-point surtout les week-ends, après une alerte ou suivant les ordres hiérarchiques.
3.- Police spéciale. Les forces spécialisées telles: CIMO, UDMO, BOID, SWATT, CAT, BRI, DCPJ, etc. interviennent dans les circonstances suivantes:
a) CIMO et UDMO lorsqu’il faut rétablir l’ordre public. Manifestation, rassemblement sportif, grève, Toute situation qui dépasserait la police administrative;
b) BOID lorsque CIMO et UDMO sont en face d’un mouvement armé, d’une situation où deux (2) groupes armés de machettes, de fusils, pistolets, etc. s’affrontent. Toute situation où l’on tire sur la police.
c) SWATT quand il est question de prise d’otage, d’émeutes au sein des forces de police.
d) CAT pour les opérations anti-terroristes. Démantèlement des foyers de terroristes, etc.
e) etc. ce n’est pas l’avis d’un expert en tout cas
Cette organisation permet d’opérer en chaîne quotidiennement. Le fait de vulgariser un tel dispositif dissuade les hors-la-loi. Et, le financement de ces entités est le suivant:
1.- Police municipale, financée à soixante dix pour cent (70%) par la mairie de la ville, trente pour cent (30%) par le Ministère de l’intérieur et dirigée par le Maire de la ville;
2.- Police administrative, financée par le trésor public;
3.- CIMO, UDMO et BOID, financés par le Trésor public à quatre vingt pour cent (80%) par le Trésor public et vingt pour cent (20%) par le Ministère de l’Intérieur;
4.- SWATT, CAT, financés par le Ministère de la Défense à quatre vingt pour cent (80%) et vingt pour cent par le trésor public;
5.- BRI, DCPJ, BLTS, financés par le Ministère de la Justice à soixante dix pour cent (70%) et trente pour cent (30%) par le Trésor public.
De toute considération on en fera de ce texte, le Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti est le Chef de toutes les entités. En matière de police, il prend charge à la place du Maire lors des situations menaçant la sécurité intérieur du pays.
Donc, la Police municipale est la base des opérations de police. Tout comme le Juge de paix l’est pour initier un procès. Elle opère dans sa ville; elle connaît tout le monde, toutes les entrées et sorties, etc.
Vingt cinq (25) ans après, on doit pas encore avoir peur des tontons makoutes. L’enfant qui avait peur des Charles Oscar à dix ans d’âge ne l’est plus à trente ans. Et puis, c’était pas les tontons makoutes le problème, c’était le travail qu’on leur avait demandé de faire. Donc, on ne peut pas cacher derrière cela pour mettre en veilleuse un article de la constitution qui consacre la police municipale. Voilà qu’aujourd’hui, on en a tant besoin.
Wilherms Edouard est mort aujourd’hui à Pétion-ville sous les balles assassines des bandits à moto, on ne va pas le remettre à la vie mais, au moins, la police municipale pouvait donner des indices pour retrouver les assassins.
Les grandes décisions politiques n’ont jamais été populaires.
Yvenert Foeshter Joseph
jyvenert@yahoo.fr



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