par Hervé Noël
La profanation constante de certains sites historiques, l’irrévérence envers des patrimoines culturels dans l’Artibonite interpelle Mathieu Panvier, Cet animateur culturel tire la sonnette d’alarme
Gonaives, dimanche 6 janvier 2019 ((rezonodwes.com))–État d’insalubrité, défaut d’entretien, vandalisme, tous ces termes définissent ce déni de l’histoire, déplore Mathieu Panvier, dressant le factuel de certains monuments historiques dans le Département de l’Artibonite.
« À Marchand-Dessalines, haut lieu historique d’Haïti, il y a peu de temps, j’accompagnais 2 journalistes en visite au Fort Décidé. En empruntant la voie, 2 guides nous ont déconseillés de progresser en raison de l’état d’insalubrité du site », se lamente-t-il.
Ce renoncement pour l’histoire prend également ascendance dans l’environnement scolaire, considère l’animateur culturel. Ce rejet pour le sacré et pour la mémoire affiché par beaucoup, témoigne de la dégradation de la qualité de l’éducation dispensée dans les écoles haïtiennes. «À l’Habitation Georges, en restituant un pan de l’histoire d’Haïti, certains étudiants en Histoire et Géographie de l’Université publique de l’Artibonite aux Gonaïves ignoraient encore la dimension de certains de nos héros dont Toussaint Louverture, s’indigne Mathieu Panvier.
L’environnement d’autres sites historiques, avec leurs espaces sacrés en proie au mépris, à l’oubli et à l’indifférence des autorités, confirme l’effondrement total de la société, reprend Panvier. Le Mémorial des victimes du cyclone Jeanne (2004), la Place d’Armes des Gonaïves (1954), la pierre symbolique de la Ravine-à-Couleuvre sont constamment souillés, rapporte-t-il.
« Ces derniers temps ont vu basculer dans cette inconduite des acteurs politiques, des promoteurs d’activités socioculturelles à l’égard de nos héritages. Des graffitis, des posters des candidats, des affiches ont altéré le symbolisme de nos legs« , constate avec amertume Mathieu Panvier.
Le passé historique haïtien à travers les bâtisses est en péril et agonise. Au constat du comportement des citoyens, l’indignation, la désillusion, le désarroi défie encore tout effort de reconstituer un patrimoine en ruine, en disgrâce, avoue-t-il. La crise d’une conscience collective pour préserver nos fiertés est patente.
Un appel à sauvegarder l’identité historique haïtienne, à s’engager dans la voie pour réhabiliter l’épopée de 1804 s’impose, de l’avis de l’artiste. Les réserves historiques artibonitiennes sont en chute libre, Mathieu Panvier anticipe pour réduire le choc historique et éviter le chaos socioculturel.

Hervé Noël pour Rezo Nòdwès
vevenoel@gmail.com


2 Comments