La Chine franchit un nouveau cap dans sa coopération économique avec l’Afrique. À partir du 1er mai, Pékin supprimera les droits de douane pour 53 pays africains, une décision annoncée par le président Xi Jinping lors d’un sommet de l’Union africaine en Éthiopie.
Seule exception : l’Eswatini, unique État africain à reconnaître officiellement Taïwan. Cette exclusion illustre la rivalité diplomatique persistante entre Pékin et Taipei.
Une stratégie économique et géopolitique
Déjà premier partenaire commercial du continent, la Chine appliquait jusqu’ici des droits de douane nuls à 33 pays africains. L’extension à 53 États couvre désormais la quasi-totalité de l’Afrique.
Cette mesure s’inscrit dans la dynamique de la vaste initiative des « Nouvelles routes de la soie », ou Belt and Road Initiative, à travers laquelle la Chine finance ports, routes, chemins de fer et infrastructures énergétiques sur le continent.
Opportunité ou dépendance ?
Si cette ouverture commerciale représente une opportunité pour les exportations africaines, elle soulève aussi des interrogations sur l’équilibre de la relation. Face au durcissement commercial américain sous Donald Trump, plusieurs pays africains ont renforcé leurs liens avec Pékin.
La question demeure : cette nouvelle étape favorisera-t-elle un développement autonome des économies africaines, ou accentuera-t-elle leur dépendance vis-à-vis de la Chine ?

