MA POSITION POLITIQUE FACE AU PM ALIX D. FILS-AIMÉ

L’exceptionnalité de la crise haïtienne impose à tous les acteurs un supplément d’âme, pour ne pas sombrer dans la vulgarité émotionnelle. L’espace public est pollué avec l’agitation de la question de couleur et l’exhumation des vieux démons de la lutte de classes. C’est l’œuvre démodée de bonzes n’ayant aucune offre politique consistante, car les incompétents, les corrompus, les terroristes et les conzés sont dans tous les camps. J’admets pourtant que nous vivons dans une société inégalitaire, marquée par une injustice sociale criante, une séquestration du pouvoir politique et économique par une minorité agissante. Je me bats contre ce système inexorable, créateur de frustrations légitimes des oubliés de ma République.
Haïti se retrouve aujourd’hui dans une situation inédite au point de vue juridico-politique. La Constitution de 1987 est en vigueur mais frappée d’inapplicabilité par la force des événements impondérables. Le Pouvoir Législatif est inexistant et c’est un Conseil des Ministres, de facto, sous la Présidence du Premier Ministre Ariel Henri qui a mis debout l’actuel Pouvoir Judiciaire. Même le mandat des honorables membres de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif ayant pris fin le 6 avril 2024, a dû être proroger par Arrêté du défunt Conseil Présidentiel de Transition. En réalité, toute l’architecture des Pouvoirs d’État avec les grands commis, se trouve en situation DE FACTO. À titre d’exemple : les Chargés d’Affaires a.i, les Chefs de Postes consulaires, le Commandant en Chef des Forces Armées d’Haïti p.i, le Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti a.i, les Conseils d’Administration de la BRH et de la BNC, les membres du Conseil Électoral Provisoire et tous les autres conseils d’administration, les commissions communales et j’en oublie…. Donc, depuis l’assassinat du Président Jovenel Moïse, le pays est sous l’empire « d’un non droit encadré » où tous les actes posés au nom de la République par tout Pouvoir Exécutif, sont réputés extra-constitutionnels. C’est-à-dire, des actes qui sont commandés par les circonstances du moment pour maintenir la permanence de l’État. Il faudra donc, au lieu d’un État d’Urgence, décréter l’ÉTAT D’EXCEPTION car la « nécessité fait loi » pour la survie d’une Nation.
Du Premier Ministre Claude Joseph au Premier Ministre Alix Didier Fil-Aimé, la gouvernance de l’État haïtien est dans une itération continue face à l’inaltérabilité du comportement de certains acteurs politiques et de la société civile, incapables de taire leurs inlassables intérêts de chapelle au profit de ceux de la Nation. Et la communauté internationale profite largement de ce désastre civique pour appliquer le devoir d’ingérence.
Pour ma part, à ce carrefour difficile pour le pays, je n’irai nullement grossir les groupes disparates d’opposition stérile, ni le clan fébrile des suppôts aveuglés. En conscience et responsabilité, avec gravité, je resterai fidèle à mes convictions, aux valeurs de mon Parti et aux directives du Consortium Patriotique. Adepte de la théorie du « NI-NI », je continuerai de promouvoir l’adoption d’un Pacte Républicain entre les forces saines du pays, pour que cesse la chaise musicale. Les autorités héritières de la vacance présidentielle ont l’impérieuse responsabilité de faire une pollicitation aux femmes et hommes de bonne volonté, devant déboucher sur une entente nationale. Le pays attend une Nouvelle Gouvernance Intérimaire avec une équipe compétente, intègre et dévouée à la cause nationale ayant pour première priorité : LA SÉCURITÉ.
Quoiqu’il en coûte, ma fidélité envers ma Patrie, mon engagement au service de la majorité nationale et ma passion du bien commun, resteront inusables.
J’afficherai toujours le comportement rectiligne, fidèle à ma ligne patriotique, dictée par le réalisme louverturien et le déterminisme dessalinien. Pour la réussite de cette ultime manche transitionnelle, la balle est dans les pieds du premier parmi les ministres. Et je répète aux ennemis de ce peuple esquinté : A BON CHAT, BON RAT !!!
Ensemble, Maintenant !
14 février 2026
Dr. Emmanuel Ménard

