— SAINT-VALENTIN
“Le commencement d’un entre-deux”
I. Le matin du 14 février — Une première rencontre sous les néons
La ville s’éveillait lentement ce matin-là, étouffée sous une brume douce. La lumière, encore timide, caressait les murs du bureau, annonçant une journée qui semblait identique à toutes les autres. Les machines à café ronronnaient d’une manière familière, comme une promesse de banalité. Mais dans l’air, quelque chose flottait — un parfum discret, une tension qui ne se voyait pas mais se ressentait.
Il avait traversé les portes vitrées du bâtiment sans se poser de questions, comme d’habitude. Mais ce jour-là, il avait conscience du poids de chaque geste. Lorsqu’il passa devant son bureau, ses yeux se posèrent sur elle — un instant suspendu, trop long, trop court.
L’horloge indiquait 07h59, et pour une fraction de seconde, il songea que l’on pourrait tout arrêter à cet instant précis, avant que tout ne se mette en mouvement. Mais l’instant suivant, il entra. Il posa son dossier, un peu trop lourd sous ses doigts, et chercha son regard.
Elle leva les yeux vers lui. Ses lèvres esquissèrent un sourire professionnel, mais il savait qu’il y avait autre chose dans cet échange, qu’il ne pouvait pas encore nommer. Son cœur s’était mis à battre plus fort, sans raison apparente. Peut-être à cause de ce regard.
Ou peut-être à cause de ce souffle qu’il sentait désormais dans ses propres veines, fragile mais puissant.
Elle reprit la parole, les yeux toujours ancrés dans les siens.
— « Vous avez quelque chose à me remettre ? »
Ses lèvres se fermaient, mais son cœur restait ouvert. Il avait presque envie de lui dire qu’il n’était pas venu pour le rapport, mais pour autre chose. Mais il se contenta de secouer la tête, mal à l’aise. Ce n’était pas le moment.
II. Le café de la Saint-Valentin — Premiers gestes timides
Le café qu’ils avaient choisi était loin de la frénésie du bureau. Les murs décorés de couleurs chaudes, le léger parfum de torréfaction flottant dans l’air, tout semblait propice à la confession silencieuse. Le monde dehors continuait à tourner, mais pour eux, le temps semblait suspendu.
Ils s’assirent à une table, légèrement éloignée des autres clients. Lui, un peu trop nerveux pour sa propre tranquillité, tenait sa tasse de café comme un bouclier. Elle le regardait, curieuse, mais sans précipitation.
— « Ce n’est pas ce à quoi je m’attendais, » dit-il enfin, brisant le silence, son regard fuyant un instant.
— « Je sais, moi non plus. » Elle répondit avec une douceur qui semblait presque déplacée dans ce lieu si ordinaire.
Les tasses de café se firent compagnons, fumantes, sans que personne n’ose encore en toucher le fond.
Leurs mains, discrètement posées sur la table, ne se touchaient pas. Mais il savait, sans savoir pourquoi, qu’elles se frôleraient peut-être bientôt.
— « J’ai toujours cru que la Saint-Valentin était une fête superficielle, » dit-il, le regard perdu dans la vapeur de sa tasse.
— « Moi aussi, je pensais ça, » répondit-elle. « Mais parfois, un jour particulier nous force à voir ce que nous avons toujours ignoré. »
Leurs regards se croisèrent. Et pour la première fois ce matin-là, tout sembla clair.
Il ne pouvait plus détacher ses yeux des siens.
III. Le soir du 14 février — L’heure de la vérité
Ils avaient quitté le café plus tôt, chacun à sa place, mais tous deux absorbés par ce qui venait de se passer sans qu’ils le comprennent encore. Il était tôt, mais la ville, sous le voile de la nuit naissante, semblait déjà plus profonde, plus intime. Ils marchaient côte à côte, sans vraiment se parler, mais cette proximité imposait sa propre conversation.
L’air était frais, léger. Le ciel, assombri par les nuages, offrait une lumière tamisée. Ils s’arrêtaient parfois, échangeant quelques mots. Mais le reste du temps, il n’y avait que le silence apaisant de cette soirée qui les unissait sans qu’ils n’aient besoin de l’exprimer. Il la regardait de plus en plus, cherchant dans ses yeux ce qu’il n’osait pas demander.
— « Je ne pensais pas que tout cela changerait ainsi. » dit-il, le cœur battant plus fort à chaque mot.
— « Ce n’est pas un changement, » répondit-elle. « C’est un commencement. »
Elle s’arrêta, se tourna vers lui, son regard intense mais tranquille.
— « Je ne sais pas où cela nous mène. Mais je sais qu’il faut qu’on marche ensemble. »
Il hocha la tête. Aucun mot ne pouvait tout dire. Alors il se contenta de prendre sa main, enfin.
IV. Le matin du 15 février — Le début de tout
Le parc, presque désert ce matin-là, était un lieu calme, apaisé. Le soleil perçait à peine à travers les arbres, et les premières lueurs du jour effleuraient doucement la terre. Ils s’étaient retrouvés là, dans un silence complice, deux êtres désormais unis par ce qu’ils avaient partagé sans le savoir. Aucun mot n’était nécessaire.
— « J’ai compris quelque chose aujourd’hui, » dit-il, sans la quitter des yeux. « Ce n’est pas l’amour qui change tout. C’est la sincérité de ce que l’on ose offrir. »
— « Et tu l’as fait, » répondit-elle simplement. « Tu m’as offert ce que beaucoup oublient de donner. »
Il la regarda un instant, et sans un mot, il comprit que ce moment-là, entre eux, serait le premier d’une longue série de vérités à partager.
Le matin, enfin, se levait sur eux.
Pas sur une promesse d’amour.
Mais sur une promesse de vérité.
Multi Global Services Inc. sera bientôt sur place pour ses affaires.
Une courtoisie de Multi Global Services Inc.
Boston, MA.


