11 février 2026
Urgence de la mise en place d’une Chambre de contrôle de la transition, appelle le Collectif 4 Décembre  
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Urgence de la mise en place d’une Chambre de contrôle de la transition, appelle le Collectif 4 Décembre  

Le 11 février 2026

Monsieur Alix Didier FILS-AIMÉ Premier Ministre

Monsieur le Premier Ministre, La récente évolution de la gouvernance de l’État, marquée par le retrait du Conseil Présidentiel de la Transition, du dispositif exécutif bicéphale et l’instauration de fait d’une gouvernance désormais monocéphale, place votre gouvernement dans une situation exceptionnelle, lourde d’enjeux et de responsabilités pour l’avenir immédiat de toute la nation. Dans un contexte caractérisé par l’absence prolongée d’institutions constitutionnelles fonctionnelles, par une crise profonde de confiance et par des menaces persistantes pesant sur la souveraineté nationale, le Collectif du 4 Décembre estime de son devoir civique et patriotique de s’adresser à vous avec gravité, clarté et détermination. 

En collaboration avec plusieurs organisations de la société civile, dont l’Ordre des défenseurs des droits de l’Homme (ORDEDH), nous avons rendu publique, le 22 janvier 2026, notre position en faveur de la mise en place d’une Chambre de Contrôle de la Transition (CCT) et nous nous sommes acquittés de notre devoir de vous en faire parvenir copie. Cette proposition n’est ni circonstancielle ni opportuniste ; elle procède de l’urgence de doter le pays d’un mécanisme crédible de régulation démocratique, à même de prévenir les dérives inhérentes à toute concentration prolongée d’un pouvoir exécutif. 

Dans la configuration actuelle où l’Exécutif assume seul la conduite des affaires publiques, l’absence de contrepoids institutionnels formels constitue un risque majeur pour la transparence, la légitimité de l’action gouvernementale et la stabilité nationale. La mise en place de la Chambre de Contrôle de la Transition (CCT) apparaît dès lors non comme une option, mais comme une exigence politique et morale. 

Cette situation appelle d’autant plus à la prudence que, dans toute démocratie soucieuse de stabilité et de bonne gouvernance, les ministères, en particulier les ministères régaliens, ne sauraient être durablement placés sous l’autorité directe d’une seule et même personne. Une telle concentration, même lorsqu’elle résulte de circonstances exceptionnelles, accroît les risques d’écarts non souhaitables, fragilise les mécanismes de contrôle et expose l’État à des dérives institutionnelles préjudiciables à l’intérêt général. 

La Chambre de Contrôle de la Transition se veut un espace démocratique structuré, dédié au contrôle, à la transparence, à la participation citoyenne et à la bonne gouvernance. Par son rôle de suivi et d’évaluation de l’action gouvernementale, elle constituerait un véritable rempart contre la corruption, en réduisant les zones d’opacité et en instaurant des pratiques de transparence active dans la gestion des affaires publiques.

Elle renforcerait, de manière significative, le devoir de reddition de comptes des ministres et des hauts responsables de l’État, appelés à expliquer publiquement les décisions prises, l’utilisation des ressources publiques, les priorités retenues et les résultats obtenus. Une telle démarche contribuerait à restaurer la confiance profondément fragilisée entre l’État et la population. 

Au-delà de sa mission de contrôle, la « CCT » offrirait un cadre permanent de dialogue entre le gouvernement et les forces vives de la nation. Elle permettrait de prévenir les tensions sociales, de désamorcer les crises de légitimité et d’inscrire l’action gouvernementale dans une dynamique d’écoute, de responsabilité et de respect de l’intérêt général. 

Monsieur le Premier Ministre, 

L’Histoire retiendra que, dans un moment où le pouvoir exécutif s’est trouvé concentré entre vos mains par la force des circonstances, vous aviez la possibilité soit de gouverner sans garde-fous institutionnels suffisants, soit de faire le choix courageux de la transparence, du contrôle démocratique et de la rupture avec les pratiques ayant conduit le pays à l’impasse actuelle. Votre choix éventuel de la mise en place de la Chambre de Contrôle de la Transition (CCT) constituerait un signal politique fort, attestant d’une volonté réelle de moralisation de la vie publique et de protection des intérêts supérieurs de la nation. 

C’est pourquoi nous renouvelons avec fermeté notre appel à l’instauration de cette Chambre, devenue aujourd’hui indispensable à la lutte contre la corruption, à la consolidation de la gouvernance démocratique, à la protection et au soutien de décisions difficiles mais nécessaires que vous aurez à prendre et à la sauvegarde de la souveraineté nationale. Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de nos salutations patriotiques.

Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de nos salutations patriotiques.

Jean-Robert Argant, Coordonnateur Général

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