Les Nations unies ont annoncé mercredi à New York la création imminente d’un Panel scientifique international indépendant sur l’intelligence artificielle, une initiative destinée à mieux encadrer une technologie dont les effets transforment déjà en profondeur les sociétés. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a soumis aux États membres une liste de 40 experts internationaux chargés d’éclairer, par la science, les décisions politiques à venir.
Prévu par le Pacte pour l’avenir adopté en 2024, ce panel réunira des chercheurs de haut niveau issus de toutes les régions du monde. Il aura pour mission de fournir une analyse rigoureuse et indépendante des impacts économiques, sociaux et éthiques de l’IA, sans produire de normes contraignantes. Un premier rapport est attendu d’ici juillet 2026, en amont d’un dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA.
Cette avancée intervient toutefois dans un contexte alarmant. Le même jour, l’Unicef a alerté sur la multiplication des abus liés aux deepfakes, notamment la création d’images sexuelles d’enfants générées par IA. Selon une étude internationale, plus d’un million d’enfants auraient été victimes de ces pratiques en un an. Pour l’agence onusienne, ces contenus constituent des abus bien réels et appellent une réponse urgente des États et des plateformes technologiques.
Entre efforts de gouvernance et dérives massives, l’ONU tente ainsi de combler le fossé entre la vitesse de l’innovation et la protection effective des plus vulnérables.

