États-Unis : manifestations nationales contre l’ICE après des tirs mortels au Minnesota
MINNEAPOLIS, 30 janv. (Rezo Ndwès) — Des milliers de personnes ont manifesté vendredi à Minneapolis et dans plusieurs villes américaines pour exiger le retrait des agents fédéraux de l’immigration, à la suite de tirs mortels impliquant l’ICE ayant coûté la vie à deux citoyens américains.
À l’appel d’organisateurs, élèves et enseignants ont observé des débrayages coordonnés dans des dizaines d’États, d’un océan à l’autre, dénonçant l’opération de renforcement sécuritaire menée par l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). À Minneapolis, plusieurs milliers de manifestants — familles, retraités et militants — ont bravé des températures polaires pour protester contre la présence de quelque 3.000 agents fédéraux, un effectif annoncé comme cinq fois supérieur à celui de la police locale.
Les rassemblements font suite aux décès d’Alex Pretti et de Renee Good, abattus ce mois-ci par des agents fédéraux, selon les autorités. Des marches ont également eu lieu près des lieux des faits, tandis que des concerts de soutien et collectes de fonds étaient organisés en ville. Le musicien Bruce Springsteen a notamment pris la parole lors d’un événement caritatif.
Le mouvement s’est étendu bien au-delà du Minnesota, avec des fermetures d’écoles et des absences massives anticipées dans plusieurs États, notamment au Colorado, en Arizona, en Géorgie, en Californie et à New York. Les organisateurs ont revendiqué des actions dans près de 250 sites à travers 46 États.
Sur le plan politique, la contestation a ravivé les tensions budgétaires à Washington. Des élus démocrates ont conditionné le financement du département de la Sécurité intérieure à un encadrement des opérations de l’ICE, faisant planer la menace d’une fermeture partielle de l’administration fédérale. Un compromis de dernière minute restait fragile vendredi, à l’approche de l’échéance budgétaire.
La Maison-Blanche a adressé des signaux contradictoires. Le président Donald Trump a évoqué une possible « désescalade », tout en accusant les manifestants d’« insurrection » et en n’excluant pas le recours à des pouvoirs d’exception. Son responsable de la politique migratoire a indiqué que les forces fédérales privilégieraient des opérations plus ciblées.
Par ailleurs, le département de la Justice a annoncé l’arrestation de l’ancien présentateur de CNN Don Lemon, poursuivi pour des faits liés à une action de protestation dans une église du Minnesota, une décision dénoncée par sa défense comme attentatoire aux libertés publiques.
Selon un récent sondage Reuters/Ipsos, des vidéos montrant des agents lourdement armés et masqués ont contribué à une chute du soutien à la politique migratoire présidentielle. Une enquête fédérale pour atteinte aux droits civiques a été ouverte sur l’un des tirs mortels, ont confirmé les autorités.


