Le pari protectionniste de Donald Trump montre ses limites. En novembre, le déficit commercial des États-Unis en biens et services s’est brutalement creusé pour atteindre 56,8 milliards de dollars, soit une hausse de 95 % par rapport au mois précédent, selon les données publiées par le département du Commerce.
Un retournement spectaculaire, malgré l’imposition massive de droits de douane censés rééquilibrer les échanges, a noté le New York Times.
Les exportations américaines ont reculé de 3,6 %, pénalisées par la baisse des ventes d’or, de produits pharmaceutiques, de biens de consommation et de pétrole brut. À l’inverse, les importations ont progressé de 5 %, portées notamment par l’achat de médicaments étrangers et d’équipements destinés aux nouveaux centres de données. Résultat : l’écart entre ce que les États-Unis importent et exportent s’est fortement élargi.
Cette volatilité reflète les effets erratiques de la politique tarifaire menée depuis un an. Après un creux historique en octobre — le déficit mensuel le plus bas depuis 2009 — les échanges repartent à la hausse, en partie à cause de mouvements opportunistes des entreprises cherchant à contourner ou anticiper les taxes.
Sur l’ensemble des onze premiers mois de 2025, le déficit commercial reste néanmoins en hausse de 4,1 % sur un an. Pour les économistes, cette instabilité complique les prévisions de croissance et affaiblit l’argument central de la Maison-Blanche. Alors que le taux effectif des droits de douane frôle désormais les 17 %, un sommet inédit depuis 1935, une question demeure : les tarifs peuvent-ils durablement remodeler le commerce mondial sans fragiliser l’économie américaine elle-même ?

