28 janvier 2026
Droits humains – 2025 : une année funeste pour les Haïtiens
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Droits humains – 2025 : une année funeste pour les Haïtiens

Le constat est implacable. Dans son rapport annuel couvrant l’année 2025, l’Action Internationale pour les Droits Humains dresse le portrait d’un État haïtien dépassé, incapable d’assurer la protection minimale de sa population. Assassinats, enlèvements, violences sexuelles, effondrement des services publics : la spirale de la crise s’est accélérée.

Selon l’AIDH, plus de 5 200 personnes ont été tuées en 2025 dans un contexte de violences armées généralisées, tandis que 1,4 million d’Haïtiens ont été contraints de fuir leur domicile. La capitale, largement contrôlée par des gangs, est devenue quasi inaccessible. Les femmes et les enfants paient un lourd tribut : 2 600 survivants de violences sexuelles ont été pris en charge par Médecins sans frontières, dont plus d’un quart étaient mineurs.

Le rapport pointe également l’asphyxie de l’appareil judiciaire. Tribunaux paralysés, pénurie de magistrats, confusion entre forces de l’ordre, groupes armés et brigades d’autodéfense : l’accès à la justice est désormais un mirage pour une large partie de la population. Les prisons, surpeuplées, restent des zones de non-droit où 170 détenus sont morts en un an, faute de soins et de conditions dignes.

Sur le plan social, la situation est tout aussi critique. Fermeture de plus de 1 600 écoles, effondrement du système de santé, famine désormais reconnue par le PAM : Haïti s’enfonce dans une urgence humanitaire totale. Pour l’AIDH, l’année 2025 restera celle d’un échec structurel de l’État et d’un grave recul des droits fondamentaux.


Action Internationale Pour Les Droits Humains  

 International Action for Human Rights  

(AIDH)

Rapport Annuel sur la situation générale des droits humains en Haïti (Période : Janvier – Décembre 2025) 

Janvier 2026 

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I. Introduction 

L’Action Internationale pour les Droits Humains (AIDH), engagée depuis vingt (20) ans  dans la promotion de la démocratie et de l’Etat de droit en Haïti, a assuré le suivi de l’évolution de la situation des droits humains dans le pays au cours du deuxième mandat du  Conseil Présidentiel de Transition (CPT).  

Le présent rapport est structuré en trois (3) grandes parties. Il analyse d’une part, le concept sociopolitique dans lequel le Conseil Présidentiel est arrivé au pouvoir et d’autre part, de la  situation des droits civils et politiques, et les droits sociaux et économiques en Haïti. 

II. Contexte Socio-Politique 

Haïti fait face à une crise multidimensionnelle aggravée depuis l’assassinat du président Jovenel MOISE, en Juillet 2021, puis accentuée par la démission du Premier Ministre Ariel  HENRY en mars 2024, intervenue sous la pression conjuguée des gangs armés de la Coalition  Vivre Ensemble et la Communauté Internationale. 

Conformément à l’accord de Kingston du 11 mars 2024, un Conseil Présidentiel de Transition  (CPT) composé de neuf (9) membres dont deux (2) observateurs a été mise en place. Dans ce  cadre, un Premier ministre a été nommé : (Garry Conille, puis remplacé le 11 novembre 2024  par l’homme d’Affaires Alix Didier FILS-AIME).  

Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) est investi du mandat d’assurer la gouvernance de  Transition, de rétablir un minimum de stabilité institutionnelle et sécuritaire, de créer des  conditions propices à l’organisation d’élection libre, crédible et inclusive, et de favoriser le  retour à l’ordre institutionnelle. Il lui revient également de coordonner l’action 

gouvernementale, de renforcer la coopération avec les partenaires internationaux et de  répondre aux attentent présentent de la population en matière de sécurité, de justice et de  respect des droits humains. 

Pour autant, les autorités de transition ne sont pas parvenues à renverser les rapports de forces  avec les gangs armés ni à organiser des élections générales. Alors que le mandat du CPT  arrivera à échéance le 7 février 2026, une nouvelle phase de transition, impliquant une  gouvernance différente, devra mise en place, sans qu’aucune option ne fasse consensus à ce  stade. La tentative avortée de révocation du Premier Ministre par le CPT fin novembre 2025 a  plongé le Conseil dans une crise institutionnelle ouverte. En dépit de nombreux appels  à l’unité, l’escalade des tensions politiques et institutionnelles pourrait se poursuivre jusqu’à  l’échéance du 7 février.  

Pour l’heure, le pays demeure en proie à une insécurité croissante et à une situation  humanitaire sans précédent : 90% de la zone métropolitaine de Port-au-Prince serait sous le

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contrôle des gangs armés. Cette situation a conduit l’isolement quasi-totalité de la capitale, sur  les plans terrestre, maritime et aérien. En effet attribue à des tirs des gangs armés visant des  avions de ligne américaine le 11 novembre 2024 ont entrainés la fermeture de l’aéroport international, suivie de la suspension des liaisons aériennes internationales à destination et en province de Port-au-Prince mesure maintenue jusqu’en mars 2026. 

Les troubles politiques et la dégradation de l’économie du pays ont fortement affecté la  sécurité alimentaire d’Haïti, pays par ailleurs très exposé aux catastrophes naturelles,  notamment à cause de sa topographie. L’ouragan Melissa en novembre 2025 a entrainé la mort  de 45 personnes et a détruit des milliers de maisons et d’infrastructures. L’ONU estime que  près de la moitié de la population est confrontée à une insécurité alimentaire aiguë. Haïti est le  seul pays du continent américain à faire partie du groupe des pays les moins avancés, est  classée en 170e position en termes de développement humain sur 189 Etats par le PNUD. Selon  les données des Nations-Unies, près des trois-quarts (3/4) de la population vit sous le seuil de  la pauvreté (60% avec moins de 2 US$/jour). 

III. Droits Civils et Politiques 

a. Situation sécuritaire du Pays 

La situation sécuritaire du pays demeure extrêmement préoccupante. Elle est marquée par des  assassinats, des viols, vols, des enlèvements révoltants suivis de séquestrations contre rançon,  ainsi que des incendies entres autres exactions graves. En effet, pour la période allant de  Janvier à décembre 2025, au moins cinq-mille-deux-cent 1(5200) personnes ont été victimes de  violence armée, par balles, armes blanches, par lapidation ou par lynchages dans à travers le  pays.  

Parmi ces victimes figures trente-cinq (35) agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH), quatre  (4) officiers des forces armées D’Haïti (FAD’H) et quatre (4) membres de la Mission multi nationale de sécurité (MSS). Par ailleurs mille–neuf-cent-quatre-vingt (1980) personnes ont été  blessées et cinq-cents (500) autres ont été kidnappées au cours de la même période. 

b. Violences Sexuelles 

Entre Janvier et Juin 2025, les équipes de la Médecins San Frontières (MSF) ont pris en charge  deux-mille-six-cent 2(2600) survivants et survivantes de violences sexuelles. Au cours de la  

1 Sources : AIDH, Justice et Paix, Journal Le Nouvelliste et les rapports trimestriels du BUNUH 

2 Source : rapport Médecins Sans Frontières- publié le 2 Octobre 2025

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même période treize-mille-trois-cent (13300) patients ont été admis aux services d’urgences et près de deux-mille-trois-cent (2300) victimes de violence ont reçues des soins médicaux. Ces  violences touchent de manière croissante les enfants. En effet 26% de ces victimes recensés sont des mineures majoritairement âgées de moins de 15 ans, contre 11% en 2024. Parmi ces  victimes mineures, un tiers (1/3) étaient des filles et 30% pressentaient des blessures par balle révélant un niveau de brutalité particulièrement alarmant. Ces données traduisent une  détérioration grave et continue de la situation sécuritaire en Haïti, où les civils y compris des  femmes et des enfants, sont quotidiennement exposé à des risques extrême. Dans le  département de la Grand ’Anse cinq-cent-vingt-cinq (525) cas de violence ont été enregistré en  2025 dont 386 impliquant des mineurs selon un rapport de l’IDETTE. 

IV. L’Administration de la Justice  

Le bilan de l’administration de la Justice en Haïti pour l’année 2025 est particulièrement alarmant, marqué par une escalade sans précèdent de la violence des gangs armés, ayant  provoqué plus de 5200 morts. Cette situation a profondément désorganisé le système  judiciaire, désormais paralysé par l’insécurité généralisée, le manque criant de personnel  qualifié et la confusion croissante entre forces de l’ordre et brigade civil d’auto défense. Dans ce contexte l’accès à la justice est devenu quasi impossible pour une grande partie de la  population civile. 

a. Violence et impact sur le système judiciaire 

Perte humaine et déplacement forcé : La violence armée a entrainé la mort de plus de  5200 personnes et de déplacements forcés de près de 1,4 million de personnes à travers  le pays. Cette crise humanitaire massive a engendrée un climat de chaos généralisé,  entravant gravement toute forme de gouvernance judiciaire administratif.  

b. Défis structurels et dysfonctionnements 

Déficit de Magistrats : le système judiciaire souffre d’un manque chronique de  Magistrats aggravés par une faible représentation des femmes, celles-ci constituant  moins de 10% du corps judiciaire. Cette situation met en évidence une faiblesse  structurelle persistante et un déficit de diversité au sein de l’institution judiciaire. 

3Reference page 3 et 4, situation des violations documentées, premier paragraphe- rapport publie le 12 janvier 2026 par IDETTE

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c. Confusion des rôles : La frontière entre les gangs armés, les brigades civils d’auto  défense (souvent lourdement armés) et les forces de sécurités étatiques est de plus en  plus floue. Cette confusion compromet gravement le principe de l’Etat de droit et rend  la notion même de justice difficilement applicable.  

d. Accès à la Justice bloquée : les routes contrôlées et bloquées par les gangs armés combinés à un climat de peur généralisée, rendent les déplacements liés aux  procédures judiciaires extrêmement dangereux, voire impossible. Cette situation prive  de facto les citoyens de leur droit fondamental à un recours devant la justice.  

e. Point Positif 

Evolution du dossier de l’assassinat du Président Jovenel MOISE : des inculpations  ont été prononcés, et des procédures judiciaires sont en cours aux Etats-Unis traduisant une certaines avancées dans ce dossier emblématique. Toutefois ces  développements demeurent isolés et insuffisants au regard de l’ampleur systémique de la crise judiciaire que traverse le pays. 

Conclusion : 

En résumé le bilan de l’administration de la Justice en 2025 est celui d’un système au  bord de l’effondrement, incapable de répondre efficacement à une crise sécuritaire et  humanitaire sans précèdent et profondément affaiblit dans sa mission de protection  des droits fondamentaux.  

V. Prisons Haïtiennes 

a-Conditions de détention 

L’AIDH constate que, malgré l’élaboration des feuilles de routes, la mise en place des  commissions d’enquête, l’organisation des tables rondes et de réunions stratégiques, la  conduite de nombreuses opérations ainsi que l’appui des partenaires nationaux et  internationaux, les conditions de détentions dans les prisons haïtiennes demeurent largement  en deçà des normes internationales auxquelles a adhérée Haïti, ainsi que des standards  nationaux et applicables.  

L’AIDH observe qu’en dépit d’importants investissements consentis au cours des trois (3)  dernières décennies et aucun progrès structurel et significatif n’a été enregistré. Malgré les  engagements répétés de certaines autorités haïtiennes visant à mettre en œuvre des mesures 

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durables pour améliorer les conditions de détention, le dysfonctionnement chronique du  système carcéral persiste.  

L’AIDH rappelle qu’au 30 septembre 2025, la population carcérale s’élevait à sept-mille-deux cent-soixante-quatorze 4(7,274) détenus repartis dans les 19 prisons du pays. Parmi eux  quatre-vingt-un pourcent (81%) étaient placés en détention provisoire, illustrant de manière  préoccupante le recours excessif à cette pratique et les graves atteintes qui en découlent au  droit à la liberté et à un procès équitable.  

b-Détenus décédés 

5De Janvier à Décembre 2025, au moins cent-soixante-dix (170) prisonniers sont décédés, la  plupart de maladies causées par manque de soin, la malnutrition, l’insalubrité des cellules et  un accès limité à l’eau potable. 

VI. Droits Economiques, Sociaux et Culturels (DESC) 

Les droits économiques, sociaux et culturels constituent un ensemble de droits fondamentaux  interdépendants et indissociables des droits civils et politiques. Ils englobent notamment le  droit au travail, à la protection sociale, droit au logement, à l’alimentation, à la santé et à  l’éducation. 

a. Le droit à l’éducation 

La crise multidimensionnelle persiste continue d’affecter gravement les secteurs éducatifs. En  avril 2025, plus de mille-six-cent 6(1600) écoles ont été contraintes de fermer en raison de  l’insécurité, privant d’éducation plus de 243000 élevés et environ 75000 enseignants. Par  ailleurs, 43 établissements scolaires servent désormais de site d’hébergement pour les  personnes déplacées internes. Cette situation accroit significativement les risques de  décrochage scolaire, de recrutement d’enfants par les gangs armés et d’exposition de diverse  forme de violence, selon le rapport d’évaluation publié en mai 2025 par le cluster d’éducation. 

b. Droit économique 

L’impact économique de la crise est dévastateur. Déjà confronté à une pauvreté structurelles,  la population haïtienne subie aujourd’hui un coût de la vie extrêmement élevé. Avant même la    

4 Source : rapport trimestriel du BINUH pour la période de Juillet à Septembre 2025 

5 Sources combinés: AIDH, les Rapports trimestriels du BINUH pour la période de Janvier à Septembre 2025, HRW, VHDH et Journal le  Nouvelliste.  

6Source : rapport-de-situation-aperçu-de la réponse-humanitaire-de-mai-en Haïti-au 31 mai 2025

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crise actuelle de nombreuses familles ne pouvaient se permettre que deux (2) repas par jours.  Désormais, le fait de manger une seul fois par jour est devenu courant. Les répercussions sur  le droit à l’alimentation sont considérables. Selon le Programme Alimentaire Mondiale (PAM),  la famine sévit pour la première fois dans l’histoire de l’hémisphère occidental, plaçant Haïti 

dans une situation d’extrême urgence humanitaire. 

c. Droit à la santé  

Le système de santé haïtien est au bord de l’effondrement. Environ 20% des établissements de  santé restent demeurent pleinement opérationnels, tandis que seulement 40% fonctionnent  partiellement à l’échelle nationale. Plus de 40. 000 professionnels de santé ont fui le pays en  raison de la violence, selon le Bureau Intégré des Nations-Unies en Haïti (BINUH). Dans ce  contexte deux (2) haïtiens sur cinq (5) n’ont pas accès aux soins médicaux essentiels dont ils  ont urgemment besoin. 

En outre Médecins Sans Frontières (MSF),présent en Haïti depuis plus de 30 ans, a suspendu  ses opérations dans la capitale fin novembre 2025, à la suite d’attaques répétées des gangs  armés contre ses ambulances, ses patients et son personnel, ainsi que des menaces de morts  proférées à l’encontre de ses équipes.  

d. Droit à l’électricité et l’eau potable  

Au cours de l’année écoulée seuls 40% des haïtiens ont en accès à l’électricité, de manière  irrégulière et à des coûts primitifs. Par ailleurs, 45% de la population est privée d’accès à l’eau  potable et sept (7) personnes sur 10 ne disposant pas de système d’assainissement amélioré, ce  qui favorise la résurgence de la propagation des maladies hydriques notamment le choléra. 

e. Personnes Déplacées Internes (PDI) 

L’AIDH exprime sa profonde préoccupation face à la dégradation continue de la situation des  personnes déplacées internes (PDI) à cause des conséquences directes des violences des gangs  armés dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Selon le dernier rapport de  l’Organisation Internationale de la Migration (OIM), plus de 1, 4 million de personnes sont  actuellement déplacées en Haïti, vivants sous des tentes dans des conditions précaires et inhumaine,  

L’AIDH constate que l’escalade de la violence de la Coalition des gangs « Viv Ansanm »  marqué par l’usage d’armes lourdes dans des zones dansement peuplées a provoqué des 

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déplacements massifs et soudains de la population entière notamment dans les quartiers de  Solino, Christ-Roi, Nazon, Carrefour-feuille, Kenscoff, bas Pacot, Avenue N ainsi que des  environs contraignants les habitants à fuir vers des zones périphéries jugées plus sures.  

La situation des personnes déplacées internes du pays est d’autant plus alarmante que la  majorité d’entre elles sont des personnes particulièrement vulnérables : blessés des violences armées, enfants perdus et non accompagnés de leurs parents, jeunes-mères, familles monoparentales, femmes enceintes, nourrissons, personnes âgées et personnes en situation de  handicap.  

L’AIDH est également consternée par les multiples violations de droits humains subies par les  personnes déplacées internes (PDI) notamment, les enlèvements, exécutions arbitraires,  extorsions et les violences sexuelles… 

Les conditions sanitaires déplorables dans les sites des personnes déplacées internes ont  entrainé une recrudescence des cas de diarrhée, grippe, grattelle, fièvre, cholera ainsi qu’un  risque élevé de malnutrition aigüe nécessitant des interventions humanitaires urgentes. 

L’AIDH rappelle que la Constitution Haïtienne garantit la protection des droits  fondamentaux. Son article 19 impose à l’Etat l’obligation impérative de garantir les droits à la  vie, à la santé, au respect de la personne sans distinction, conformément à la Déclaration  Universelle des Droits de l’Homme. Les articles 22 et 36 consacrent en autre le droit à un  logement décent et la propriété privée. 

VII. Conclusion 

Pour l’Année 2025, la Situation Générale des Droits Humains en Haïti a été catastrophique. A  ce jour aucune mesure concrète et effective n’a été mise en œuvre par Conseil Présidentiel de  Transition (CPT) afin de répondre aux multiples crises auxquelles est confrontée la population  haïtienne. 

Les défaillances persistantes de l’Etat concerne notamment l’accès aux services sociaux de  base, l’insécurité généralisée, la corruption, les conditions de détention inhumaine ainsi que  les violences systématiques faites aux femmes et aux filles. Cette situation traduit l’incapacité  structurelle des autorités à assurer la protection des droits fondamentaux et à garantir de l’Etat  de droit. 

Recommandations 

Ford de ces constats sur la situation générale des droits humains en Haïti, l’Action  Internationale pour les Droits Humains (AIDH) appelle la Communauté Internationale à user  de son influence politique et diplomatique afin d’exhorter les dirigeants haïtiens :

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1. à Organiser dans les meilleurs délais des élections honnêtes, crédibles et  démocratiques en vue de doter le pays des dirigeants légitimes disposant d’un mandat  populaire claire ; 

2. à Mettre pleinement en œuvre la Constitution haïtienne dans le respect strict des  principes démocratiques de la séparation des pouvoirs et l’Etat de droit ; 

3. Doter le système judiciaire des moyens humains, matériels et financiers nécessaires afin  de poursuivre et juger efficacement les auteurs d’actes criminels et terroristes,  notamment les assassinats, incendies, enlèvements, séquestrations, vols, viols et les  violences sexuelles ; 

4. Œuvrer à la réalisation effective de droits économiques, sociaux et culturels de la  population haïtienne en garantissant l’accès à l’alimentation, à la santé, à l’éducation, et  à un logement décent.  

   Reginald ATUS  Coordonnateur de l’AIDH  E-mail : aidhhaiti@yahoo.com 8 | P a g e

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