Washington, 6 janvier 2026 (Rezo Nòdwès) – Un tribunal fédéral de Washington examine mardi le sort du Temporary Protected Status (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens aux États-Unis, lors d’une audience suivie de près par les organisations de défense des migrants et la diaspora haïtienne, inquiètes d’une possible fin de ce dispositif humanitaire.
Selon un communiqué de l’Institute of Services to Immigrant Families (ISFI), l’audience se tient devant un juge fédéral et porte sur la légalité de la décision de l’administration Trump de ne pas renouveler le TPS pour Haïti. Les avocats représentant les bénéficiaires doivent plaider que cette décision contrevient au droit fédéral et aux engagements humanitaires des États-Unis.
Instauré en janvier 2010 à la suite du séisme dévastateur qui a fait plus de 200 000 morts, le TPS protège temporairement de l’expulsion et autorise le travail légal des ressortissants de pays confrontés à des conflits armés, des catastrophes naturelles ou des circonstances exceptionnelles. La désignation d’Haïti a été prolongée à plusieurs reprises, sous administrations démocrates et républicaines, en raison de l’instabilité politique persistante et de crises humanitaires récurrentes.
Parallèlement à la procédure judiciaire, le Department of Homeland Security (DHS) a commencé à diffuser des notifications invitant des bénéficiaires haïtiens du TPS à se préparer à quitter le territoire américain dans un délai d’environ un mois, selon des organisations communautaires et des avocats spécialisés en immigration.
Pour les défenseurs du TPS, l’audience de mardi constitue un moment décisif pour démontrer que les conditions en Haïti ne permettent pas le retour sûr et digne de plus de 500 000 personnes. Ils s’appuient notamment sur des évaluations des Nations unies et de l’International Organization for Migration (IOM), qui décrivent une situation marquée par l’insécurité généralisée, l’emprise de groupes armés, l’effondrement des institutions publiques et une crise humanitaire profonde. D’après des données onusiennes, plus de 80 % de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince serait sous le contrôle de gangs armés, provoquant des déplacements internes massifs et restreignant l’accès aux soins, à l’éducation et à l’alimentation.
Les États-Unis eux-mêmes reconnaissent la gravité de la situation, leurs avis officiels déconseillant tout déplacement vers Haïti en raison d’un environnement sécuritaire jugé extrêmement dangereux.
L’audience est présidée par la juge Ana C. Reyes, nommée en 2023 par le président Joe Biden à la cour fédérale du district de Columbia. Elle doit entendre les arguments des deux parties avant de se prononcer sur la conformité de la décision gouvernementale avec la loi.
Au-delà de l’enjeu juridique, l’affaire soulève d’importantes implications sociales et humanitaires. Une fin du TPS exposerait des familles entières à l’expulsion, y compris des personnes installées depuis plus d’une décennie aux États-Unis, intégrées socialement, actives sur le marché du travail et contributrices à l’économie américaine, tout en accentuant la pression sur un pays incapable d’absorber un retour massif de sa diaspora dans des conditions acceptables.
sources : CTN – Caribbean Television Network : Emmanuel Paul, Haitian TPS Status: A Crucial Hearing Before a Federal Court in Washington This Tuesday, publié le 6 janvier 2026.
Federal judge greenlights challenge to termination of Haitian migrant protections

