4 janvier 2026
Reynoldson Mompoint : quand Washington piétine la souveraineté et réécrit le droit international
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Reynoldson Mompoint : quand Washington piétine la souveraineté et réécrit le droit international

Par Reynoldson Mompoint

Port-au-Prince, le 03 janvier 2026

Sous le vernis diplomatique, les États-Unis mènent contre le Venezuela une guerre d’un autre genre : une guerre sans chars ni avions, mais féroce, méthodique, et tout aussi destructrice. Une guerre qui ne dit pas son nom, mais qui viole ouvertement le droit international et la Charte des Nations unies, au mépris de la souveraineté des peuples.

Depuis plusieurs années, Washington ne se contente plus de sanctions économiques — déjà illégales au regard du droit international — mais s’autorise à désigner, poursuivre, menacer et traquer un chef d’État en exercice, Nicolás Maduro, comme s’il s’agissait d’un fugitif ordinaire relevant de sa juridiction interne. Une dérive grave. Un précédent dangereux.

La souveraineté, pourtant sacrée dans la Charte de l’ONU

L’article 2 de la Charte des Nations unies est sans ambiguïté : Aucune disposition n’autorise les Nations Unies — et encore moins un État — à intervenir dans les affaires relevant essentiellement de la compétence nationale d’un autre État.

Or que font les États-Unis au Vénézuela ? Ils imposent un président parallèle. Ils étranglent une économie par des sanctions unilatérales. Ils menacent publiquement un président élu. Ils évoquent son arrestation, son transfert, son jugement hors de son pays. Ce n’est plus de la diplomatie. C’est une négation pure et simple de la souveraineté nationale.

La tentation de la capture : un acte de guerre déguisé

Les rumeurs persistantes de projets de capture ou d’exfiltration forcée de Nicolás Maduro — nourries par des déclarations de responsables américains et des inculpations judiciaires extraterritoriales — relèvent d’un scénario gravissime. Car capturer ou extraire de force un chef d’État sur le territoire d’un pays souverain équivaudrait à un acte d’agression, au sens du droit international.

Aucun mandat américain, aucune prime annoncée, aucune qualification pénale unilatérale ne peut justifier une telle action. Le droit international n’est pas un supermarché où Washington choisit ce qui l’arrange et jette le reste.

Deux poids, deux mesures : l’hypocrisie impériale

Les États-Unis, si prompts à brandir le droit lorsqu’il sert leurs intérêts, ferment les yeux sur : des régimes autoritaires alliés, des violations massives des droits humains chez leurs partenaires stratégiques, des présidents au pouvoir par la force quand ils obéissent à l’ordre géopolitique dominant.

Mais le Vénézuela, lui, doit être puni. Non pour ce qu’il fait — mais pour ce qu’il refuse d’être : un État soumis.

Un précédent dangereux pour le monde…

Ce qui se joue au Vénézuela dépasse Caracas. Car si un État puissant peut décider qu’un président étranger est illégitime, le poursuivre, le menacer de capture et asphyxier son pays, alors plus aucun État faible n’est en sécurité. Aujourd’hui le Vénézuela. Hier l’Irak. Avant-hier la Libye. Et demain, qui ?

Les peuples du Sud, et Haïti en particulier, devraient regarder ce dossier avec lucidité : le droit international n’est respecté que lorsqu’il est défendu collectivement. Sinon, il devient un décor, un texte creux, piétiné par la loi du plus fort.

La souveraineté n’est pas négociable

Le Vénézuela a ses contradictions, ses dérives, ses crises internes. Mais aucune puissance étrangère n’a le droit de décider à la place du peuple vénézuélien qui doit gouverner, comment et jusqu’à quand.

Le droit international n’est pas un privilège réservé aux grandes puissances. La souveraineté n’est pas conditionnelle. Et la démocratie ne se livre pas par sanctions, menaces ou captures planifiées.

Quand Washington foule aux pieds ces principes, ce n’est pas Maduro qu’il affaiblit :

– c’est l’ordre international lui-même.

Reynoldson MOMPOINT

mompointreynoldson@gmail.com

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