WASHINGTON – US Congress – Élections 2020 : l’ancien procureur spécial défend la solidité juridique des enquêtes visant Trump
L’ancien procureur spécial du département de la Justice, Jack Smith, a déclaré mercredi devant des élus américains que son équipe d’enquête avait réuni des éléments de preuve « au-delà de tout doute raisonnable » établissant que Donald Trump avait participé à une conspiration criminelle visant à renverser le résultat de l’élection présidentielle de 2020, selon des extraits de sa déclaration liminaire obtenus par l’Associated Press.
Auditionné à huis clos par la commission judiciaire de la Chambre des représentants, Smith a également indiqué que les enquêteurs avaient accumulé des « preuves solides » montrant que l’actuel président avait enfreint la loi en conservant des documents classifiés après la fin de son premier mandat, dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, et en entravant les efforts des autorités fédérales pour les récupérer.
« J’ai pris mes décisions sans considération pour les affiliations politiques, les activités, les convictions ou la candidature de Donald Trump », a affirmé Smith, précisant que ses choix reposaient exclusivement sur les faits et le droit. Il a ajouté qu’il poursuivrait aujourd’hui un ancien président sur la base des mêmes éléments, indépendamment de son appartenance partisane.
Cette audition privée constituait la première occasion pour les parlementaires, républicains comme démocrates, d’interroger Smith sur les deux enquêtes qu’il a dirigées concernant Donald Trump : l’une relative aux tentatives présumées d’inverser le résultat du scrutin de 2020, l’autre portant sur la rétention de documents classifiés. Des poursuites avaient été engagées dans les deux dossiers avant d’être abandonnées après l’élection de Trump à la Maison-Blanche en 2024, en application de la doctrine du ministère de la Justice interdisant l’inculpation d’un président en exercice.
Jack Smith, nommé procureur spécial en 2022, a comparu à la suite d’une assignation émise par la majorité républicaine de la commission judiciaire, dans le cadre d’une enquête parlementaire sur la conduite du ministère de la Justice sous l’administration Biden. Ses avocats ont toutefois rappelé qu’il s’était déclaré volontaire pour témoigner publiquement, une proposition rejetée par les républicains.
À l’issue de l’audition, plusieurs élus démocrates ont estimé que le contenu des déclarations de Smith expliquait le refus d’une séance publique. Le chef de file démocrate de la commission, Jamie Raskin, a jugé qu’une audition ouverte aurait été « politiquement dévastatrice » pour Donald Trump et son entourage. Les démocrates réclament désormais la publication intégrale du témoignage ainsi que du rapport final de l’ancien procureur spécial.
Le président républicain de la commission, Jim Jordan, s’est borné à déclarer que des « éléments intéressants » avaient été évoqués, qualifiant néanmoins l’ensemble des enquêtes de « politiques ».
L’audition intervient dans un climat de tensions accrues autour des investigations visant Donald Trump et ses proches. Des élus républicains et certains responsables actuels du FBI cherchent à discréditer les enquêtes passées, notamment en mettant en avant des courriels internes antérieurs à la perquisition de Mar-a-Lago en 2022. Les démocrates rappellent pour leur part que cette opération avait permis de découvrir de nombreux documents classifiés, y compris de niveau « top secret », renforçant, selon eux, la légitimité des poursuites initiales.

