Cette décision, accueillie favorablement par certains, fait trembler d’autres acteurs qui sont de connivence avec les gangs criminels. Elle soulève des doutes chez d’autres personnes qui doutent de la volonté du gouvernement américain d’aider Haiti à se débarrasser des gangs qui, selon le rapport d’enquête de l’ONUDC, sont régulièrement alimentés en armes et en munitions à partir de la Floride notamment.
La manifestation sincère du support de l’administration américaine à la lutte contre l’insécurité, le grand banditisme et la criminalité qui déstabilisent Haïti serait de bloquer l’arrivée des armes et des munitions sur le territoire haïtien, conformément à une résolution de l’ONU), interdisant tous les Etats membres de vendre des armes à Haiti, soutient le dirigeant de la Centrale unitaire des travailleurs du secteur public et privé d’Haïti (CUTRASEPH), Josué Mérilien.
Au milieu des voix jubilatoires saluant la décision du département d’État du trésor américain de désigner la coalition « Viv Ansanm » et la base « Gran-Grif » d’organisations terroristes, un regroupement d’organisations syndicales exprime ses réserves quant aux raisons qui peuvent motiver cette démarche. La CUTRASEPH juge cette désignation de décision de problématique dans la mesure oú si elle peut permettre à la Justice de mettre la main au collet de certains complices et suspects, elle peut également ouvrir la voie à de graves dérives.
À l’occasion d’une rencontre avec la presse à Delmas, le syndicaliste Josué Mérilien, dirigeant de l’UNNOH, Secrétaire Général de la CUTRASEPH, affirme redouter la portée politique de cette décision. Il dénonce une possible chasse à l’homme où des tentatives de poursuivre des voix à motivations discordantes à la politique américaine. Sous la simple étiquette de « terroriste », les américains peuvent comme bon leur semble faire emprisonner des figures critiques à la posture étasunienne en Haïti.
Dans une critique au vitriol, le syndicaliste dit déceler des implications politiques derrière la désignation de « Viv Ansanm » et « Gran-Grif » comme des organisations « terroristes ». La dénomination de « terroriste » peut servir de prétexte aux américains pour effectuer comme à leur guise des débarquements militaires. Cela peut peut être utilisé comme instrument de neutralisation, de chantage politique ou de persécution politiques, selon les considérations du syndicaliste Mérilien. À travers sa position tranchante, le leader de l’UNNOH craint une tentative des américains de transformer les gangs criminels armés en des leaders politiques comme c’est le cas en Syrie où quelqu’un qualifié préalablement de terroriste a été et est devenu le principal dirigeant du pays avec la bénédiction de ceux-la qui le qualifiaient de terroriste dans le passé. Le gouvernement américain sait ce qu’il aurait dû faire s’il voudrait réellement aider Haiti à juguler le chaos qui porte sa signature et celle de ses alliés, selon le syndicaliste.
Le blocage des armes et munitions provenant des États-Unis d’Amérique qui empoisonnent la vie des haïtiens reste la seule et alternative loyale à mettre fin à la violence armée en Haïti, croit Josué Mérilien. Cette option une fois adoptée aura des conséquences positives sur la vie sociale. Il rappelle une résolution de l’ONU condamnant les pays impliqués dans le trafic des armes et munitions en Haïti et invite l’administration américaine à accomplir, en faveur du peuple haitien en souffrance un geste salutaire, celui d’interdire le trafic d’armes et de munitions vers Haiti en provenance des USA. Avec l’adoption d’une telle mesure les gangs criminels seront rendus inopérants, le peuple haitien retrouvera enfin la paix et la sécurité.

