2 janvier 2026
Haïti – Crise : le CPT a échoué, il doit s’effacer
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Haïti – Crise : le CPT a échoué, il doit s’effacer

par Josten Louinon

Un an après sa mise en place, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) censé sortir Haïti du chaos a perdu toute crédibilité. Son mandat de restaurer la sécurité, rétablir les institutions et organiser des élections s’est heurté à une incompétence manifeste, à des luttes internes et à un profond mépris du peuple haïtien. Voici dix raisons impérieuses pour lesquelles le CPT devrait s’auto-dissoudre

Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), installé pour sortir Haïti de l’impasse, n’a fait que plonger le pays plus profondément dans la crise.

Il avait trois missions essentielles : rétablir la sécurité, organiser des élections, et remettre en marche l’appareil étatique. Aucune de ces tâches n’a été accomplie. La situation sécuritaire, loin de s’améliorer, s’est gravement détériorée. Les gangs contrôlent une grande partie du territoire national, imposent leurs lois, déplacent des milliers de personnes, et paralysent l’économie. Le CPT n’a ni stratégie, ni autorité pour y faire face.

Sur le plan électoral, le silence est total. Aucun calendrier clair, aucun signal concret ne laisse entrevoir une sortie démocratique de la transition. Ce mutisme alimente une méfiance généralisée et renforce l’illégitimité d’un pouvoir déjà contesté. À l’intérieur même du CPT, les divisions sont profondes. Les querelles internes éclipsent toute tentative de gouvernance efficace. Le pays est pris en otage par un groupe de représentants incapables de parler d’une seule voix.

Le peuple, de plus en plus méfiant, se sent trahi. Aucun effort n’a été fait pour instaurer un dialogue sincère avec les citoyens, les partis politiques, la société civile ou les leaders communautaires. Ce mépris pour la concertation nationale montre un détachement grave de la réalité. À cela s’ajoute une gestion approximative de l’image internationale d’Haïti. Les chancelleries étrangères, jadis prudentes, manifestent aujourd’hui leur impatience et leur inquiétude, faute de partenaires sérieux avec qui dialoguer.

Les rumeurs persistantes de corruption et de connivence avec des figures douteuses entachent l’image déjà fragile du Conseil. Au lieu d’assainir la scène politique, le CPT semble s’y être fondu sans résistance, voire avec opportunisme. L’économie, elle, poursuit son effondrement. L’inflation galopante, le chômage massif, et la dégradation continue des conditions de vie témoignent d’une incompétence flagrante à initier la moindre réforme.

Face à ce constat accablant, la démission du CPT n’est pas seulement souhaitable, elle est nécessaire. Haïti a besoin d’un leadership légitime, compétent et capable d’écouter. Le maintien du CPT alimente la crise et éloigne toute possibilité de relèvement. Quitter la scène maintenant, c’est permettre enfin à une solution nationale de se dessiner.

Josten Louinon

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