Le symbole est fort : le leadership mondial de l’électrique a changé de continent.
Le basculement était attendu, il est désormais acté. Le chinois BYD a ravi à Tesla sa couronne de premier constructeur mondial de véhicules électriques, confirmant un profond rééquilibrage du marché en 2025. Les chiffres publiés par les deux groupes ne laissent place à aucun doute : BYD a écoulé 2,26 millions de véhicules électriques dans le monde, contre 1,64 million pour l’américain, en net recul.
Encore au coude-à-coude un an plus tôt, les trajectoires se sont brutalement éloignées. Porté par une stratégie industrielle agressive et une expansion internationale accélérée, BYD a profité de la progression continue – quoique ralentie – du marché mondial de l’électrique. À l’inverse, Tesla a vu ses ventes chuter sur ses principaux marchés, notamment en Amérique du Nord et en Europe.
Au dernier trimestre, les livraisons de Tesla ont reculé à 418 227 véhicules, en dessous des attentes initiales. Si Wall Street a accueilli ces chiffres avec un certain soulagement, les analystes restent prudents, évoquant un environnement de plus en plus défavorable : fin des incitations fiscales, concurrence accrue et image de marque fragilisée.
La proximité affichée d’Elon Musk avec le président Donald Trump, revenu à la Maison Blanche, a également pesé lourd, provoquant appels au boycott et manifestations, surtout en Europe. Pendant ce temps, BYD avance ses pions, multiplie les sites de production à l’étranger et se prépare à affronter les barrières douanières.

