À la Villa d’Accueil, à l’occasion de la 222e commémoration de la mort de Toussaint Louverture, le coordonnateur du Conseil présidentiel de transition (CPT), l’économiste Fritz Alphonse Jean, ressasse les mêmes promesses, dans un contexte où seuls les effets des décisions annoncées comptent.
C’est le compte à rebours pour le CPT, qui a déjà franchi une année de son mandat sans pouvoir réaliser le moindre de ses objectifs consignés dans l’Accord du 3 avril 2024. La transition politique pacifique, apaisée et ordonnée, avec à la clé des élections, un référendum et le rétablissement de la sécurité avant le 7 février 2026, n’est que l’ombre d’elle-même. Sur le plan social comme sous l’angle politique, la structure présidentielle consensuelle a échoué, selon plus d’un.
Ce lundi, lors d’une cérémonie marquant la 222e commémoration de la mort de Toussaint Louverture, le coordonnateur du CPT, Fritz Alphonse Jean, rattrapé par le temps, annonce des chantiers pour tenter de sauver les apparences. Renouvellement de l’état d’urgence sécuritaire, élaboration d’un budget de guerre, renforcement des forces de l’ordre, création d’une agence de renseignement du Conseil national de sécurité et de défense figurent parmi les points avancés par le représentant de l’Accord de Montana au sein du CPT.
À la mémoire de Toussaint Louverture, précurseur de l’indépendance d’Haïti, Fritz Alphonse Jean appelle les Haïtiens à embrasser l’idéal des ancêtres afin de consentir des sacrifices pour sortir le pays du bourbier. Il rappelle le génie militaire de Toussaint Louverture, qui a permis d’accoucher une révolution sans pareille, unique pour Haïti et pour l’humanité. La lutte de Toussaint Louverture s’appuyait sur une vision anti-esclavagiste, anti-raciste et anti-coloniale, trois piliers essentiels qui résumaient son engagement, dit-il.
Hervé Noël
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