La logique cartésienne peut-elle encore résoudre les problèmes complexes du 21e siècle, ou est-elle devenue une partie du problème ?
L’auteur : HEADLY NOEL
Dans un monde où la vérité semble de plus en plus relative et la réalité fragmentée, nous nous accrochons souvent aux cadres familiers de la pensée occidentale. Le confort de la certitude et la familiarité des modes de compréhension traditionnels peuvent être séduisants, notamment face à la complexité et à l’incertitude. Cependant, cette aspiration à la certitude ne tient pas compte des défauts importants inhérents à ces modes de compréhension traditionnels.
Les dichotomies rigides et les oppositions binaires qui sous-tendent la logique occidentale peuvent conduire à une simplification excessive et à une incapacité à rendre compte des nuances et des complexités des questions du monde réel. De plus, la critique postmoderne de la vérité objective et la montée des politiques de post-vérité ont mis en évidence l’instabilité inhérente et le caractère provisoire de la connaissance. Dans ce contexte, notre dépendance à l’égard des cadres de compréhension occidentaux traditionnels peut être considérée non seulement comme défectueuse, mais aussi comme potentiellement oppressive.
Les grandes hypocrisies
Ces contradictions, que j’appelle les « Grandes Hypocrisies », révèlent un paradoxe troublant : les idéologies et méthodologies occidentales dominantes sur lesquelles nous nous appuyons pour naviguer dans le monde exacerbent en fait les problèmes mêmes que nous essayons de résoudre. Ces contradictions se manifestent de différentes manières :
1. Le paradoxe du progrès : Nous célébrons les avancées technologiques et la croissance économique, mais ces réalisations se font souvent au détriment de la dégradation de l’environnement, de l’injustice sociale et de l’homogénéisation culturelle.
2. Le mythe de l’objectivité : Nous prétendons nous appuyer sur des preuves objectives et empiriques, mais nos perceptions sont filtrées par des préjugés culturels, sociaux et personnels, ce qui conduit à une compréhension incomplète et inexacte de la réalité.
3. Le décalage entre la théorie et la pratique : Nous élaborons des théories et des politiques complexes, mais elles ne tiennent souvent pas compte des complexités et des nuances des situations réelles, ce qui conduit à des solutions inefficaces, voire contre-productives.
4. L’ignorance de l’interconnexion : Nous avons tendance à aborder les problèmes de manière isolée, en négligeant les relations complexes entre les facteurs économiques, sociaux, environnementaux et culturels, ce qui peut avoir des conséquences inattendues et perpétuer des injustices systémiques.
Les limites de la logique cartésienne
La logique cartésienne, enracinée dans les traditions philosophiques de René Descartes, a profondément influencé la pensée occidentale. Cependant, ses limites peuvent entraver notre capacité à aborder des questions sociales complexes.
Principales limites :
– Définir le problème : la logique cartésienne met l’accent sur des définitions et des catégorisations claires, ce qui simplifie souvent à l’excès des questions complexes et néglige les nuances et les interconnexions.
– Fausse dichotomie entre problèmes et solutions : La logique cartésienne sépare les problèmes des solutions, créant une fausse dichotomie qui ignore l’interconnexion des facteurs économiques, sociaux et environnementaux.
Les limites de la logique en mode survie
La logique et la pensée rationnelle sont des produits de luxe que l’on ne peut s’offrir que lorsque les besoins fondamentaux de survie sont satisfaits. En mode survie, le cerveau se fie à l’instinct, à l’intuition et aux réactions émotionnelles plutôt qu’au raisonnement logique.
Conséquences de la priorité donnée à l’autoconservation
– Négliger les conséquences à long terme : Se concentrer uniquement sur les gains à court terme peut conduire à des décisions qui nuisent à l’individu ou à la communauté à long terme.
– Atteinte aux autres et à l’environnement : Donner la priorité à l’autoconservation peut conduire à l’exploitation et au préjudice d’autrui et de l’environnement, menaçant à terme la survie de l’individu et de la communauté.
La perspective Wanga
La perspective Wanga offre une nouvelle approche pour comprendre les questions sociales complexes. Enracinée dans les traditions diasporiques africaines, le Wanga trouve son origine dans la région de Kongo, en Afrique centrale, et fait référence à des pratiques spirituelles qui impliquent de se lier ou de se connecter à des forces surnaturelles.
Principes clés de la perspective Wanga :
– Compréhension du contexte : Apprécier les facteurs historiques, culturels, sociaux et économiques.
– Collaboration interdisciplinaire : Engager un dialogue avec diverses parties prenantes.
– Participation et inclusion : Impliquer activement les communautés dans la prise de décision.
– Adaptation et itération : Adopter une approche flexible.
– Conscience métaphysique : Reconnaître les relations complexes entre le temps, l’espace et l’expérience humaine.
Nous pouvons commencer à travailler dur pour développer de nouvelles perspectives. Nous pouvons élaborer des solutions plus efficaces et plus équitables en adoptant la perspective Wanga. Pour ce faire, il faut remettre en question les hypothèses dépassées, s’engager dans des perspectives diverses et reconnaître la complexité et l’incertitude.
À propos de l’auteur :
Headly Noel (Leader Papouch) est philosophe, économiste et politologue de formation, diplômé de Humboldt zu Berlin et de l’université du Massachusetts à Boston. Ses travaux novateurs remettent en question notre compréhension de la réalité et offrent une nouvelle perspective pour aborder des questions sociales complexes. Pour plus d’informations : www.leaderpapouch.com

