16 janvier 2026
Le bilan de l’inondation à Port-de-Paix : l’irrespect de l’État et la déshumanisation des sinistrés
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Le bilan de l’inondation à Port-de-Paix : l’irrespect de l’État et la déshumanisation des sinistrés

Environ quinze jours après les inondations dévastatrices qui ont frappé la ville de Port-de-Paix dans la nuit du 22 décembre et la matinée du 24 décembre 2024, les habitants des quartiers les plus touchés sont presque entièrement dépourvus de leurs biens matériels et immatériels. La majorité d’entre eux est réduite à la dernière extrémité. Pourtant, la présence du secrétaire d’État à la Sécurité publique pendant une huitaine de jours dans la ville n’a rien apporté de concret, si ce n’est une démonstration d’arrogance, affirmant à tous qu’il incarne l’État et que tout le monde doit se soumettre à ses ordres. Son comportement intolérable, empreint de mépris, n’a même pas épargné les journalistes. Quelle absence d’humilité et d’humanité !

À ce jour, les victimes n’ont aucun espoir d’aide significative de la part de l’État haïtien. Un maigre sac de riz distribué semble suffire pour illustrer la déshumanisation criante de cette population au XXIe siècle.

M. Sully, lors de son passage, a présenté un bilan aussi désastreux qu’alarmant, mais à la manière typiquement irrationnelle de l’administration haïtienne. À chaque prise de parole, il se déclarait fier de son rôle de chef dans un État passif et inactif. Ce bilan, dépourvu de chiffres et de données précises, faisait néanmoins état de quelques travaux de déblaiement partiel des rues envahies par les saletés et la boue.

En présence des directeurs départementaux, de la mairesse de la ville, du délégué départemental et d’autres personnalités, le secrétaire d’État aux Collectivités territoriales s’est accaparé la parole du début à la fin, offrant un bilan sans contenu, une coquille vide, et un ton empreint d’arrogance.

  • Combien d’argent a déjà été dépensé pour ces quelques travaux de déblaiement ?
  • D’où proviennent ces fonds ?
  • Sur quel budget ces travaux ont-ils été financés, et combien reste-t-il ?

À ce jour, aucune réponse à ces questions. M. Patrick Sully W. Joseph est reparti à Port-au-Prince avec un sentiment de devoir accompli, tandis que les sinistrés demeurent plongés dans une extrême vulnérabilité. Même les directeurs départementaux, la mairie de Port-de-Paix, la délégation du Nord-Ouest et la Protection civile restent impuissants, attendant des actions concrètes du gouvernement haïtien. Ce dernier aurait dû intervenir dans les 72 heures suivant l’inondation. Pourtant, quinze jours se sont écoulés, et toujours rien. L’inertie persiste, et la population, réduite à une condition inhumaine, doit se contenter de maigres provisions dérisoires.

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