La situation délétère du pays soulève notre conscience comme responsables d’organisation de défense et de promotion des droits humains. Aux yeux des autorités étatiques, une guerre civile se déclenche au point où les vies et les biens sont soumis au bon vouloir des bandits lourdement armés. Les chiffres macabres qui en résultent sont constamment en voie de croissance. Les violations gravissimes et les atteintes aux droits humains sont récurrentes créant ainsi des frustrations légitimes et occasionnant des réactions de défense populaire. La cruauté des gangs s’intensifie et se renforce par la faillite de l’État puis emballée avec une impunité généralisée gagnant autant sur les principes de bonne gouvernance alors que la faillite des institutions républicaines et l’insouciance des dirigeants demeurent, paradoxalement, comme la norme démocratique.
Pour le moment, Haïti se traduit par son anarchisme et se définit comme un État failli ou un pays : qui n’est ni dirigé, ni administré, pour parodier le Feu Me Monferrier Dorval, assassiné lâchement devant sa résidence privée, à pèlerin, commune de Pétion-Ville. Le tableau des droits humains est sombre, tous les droits sont quasiment galvaudés : pas de sécurité, non accès à un niveau de vie suffisant, au droit à l’éducation, à la nourriture, à la santé pour tous, au travail, au logement décent et au loisir; avec un taux exagéré d’inflation. Tout cela, au mépris de la Constitution du 29 mars 1987 amendée dans ses articles 19, 35 et suivants; des articles 22, 25 et suivants de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) ; du Protocole de San Salvador ; du Pacte International relatif aux Droits Économiques, Sociaux et Culturels; de l’article 26 de la Convention Américaine relative aux droits de l’homme, tous, signés et ratifiés par Haïti.
Alors que, dans toute société démocratique, le premier devoir de l’Etat est de garantir le droit à la sureté des citoyens, selon la disposition de l’article 7.1 de la Convention Américaine relative aux droits de l’homme. Les violations de ces textes notamment les articles 6.3 et 8 de la Déclaration des Nations-Unies sur le Droit au Développement en sont les preuves palpables et ont conduit, tout droit, le pays à ce chaos infernal où les fils et filles qui y vivent sont dépourvus d’assistance vivant ainsi dans la pauvreté la plus extrême.
Les droits de l’homme, en tant que dernier rempart de la société haïtienne déjà en déconfiture, sont bafoués. Ils sont, pourtant, le symbole de la moralité et une redevance de subsistance dans la vie socio-économique dans tout pays organisé. Ils se voient, aujourd’hui, relayés au second plan, pourchassés par la négligence des autorités ce qui a permis l’établissement de ce climat de terreur alors qu’ils sont sacrés par leur essence et nature. Le refus d’application, de respect et de protection de ces droits est la preuve que l’Etat ne se soucie pas de la dignité du peuple haïtien pour qui il est destiné à travailler.
Par conséquent, nous, les organisations des droits Humains soussignées, conformément à notre mission, exigeons aux autorités judiciaires et étatiques, aux Conseillers-Présidents notamment à son Excellence Monsieur le Président Leslie Voltaire et au Chef du Gouvernement, Son Excellence Monsieur Alix Didier Fils-Aimé, de prendre, illico presto, des mesures drastiques sui generis pour rétablir l’autorité de l’État afin de créer un climat de paix et de sécurité dans le pays dans le plus bref délai. Dans cette dynamique de rétablissement de la sécurité, nous exigeons également le renforcement de la Police Nationale d’Haïti (PNH) en effectif, par des équipements sophistiqués et tous les autres moyens nécessaires pour qu’elle soit en mesure de combattre les malfrats avec rigueur. À défaut, nous appellerons le peuple haïtien au soulèvement populaire et à la rébellion pour faire respecter ses droits fondamentaux et à s’autodéfendre.
Vive le respect des droits humains !
Fait à Pétion-Ville, le 22 Novembre 2024
Siège social : 3, Imp. Lindor; Delmas 89
@ INDDESC_Haïti
@ Justice et Solidarité
@ANCVDH
Me Daniel SIMON Coordonateur de l’ANCVDH
Me Ebens EXANTUS Directeur exécutif de la JS
Me Fredo JEAN CHARLES Président de l’INDDESC
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