La panacée à une véritable dégangstérisation en Haïti requiert en tout premier lieu une prise de conscience humaine des principaux protagonistes de la politique occidentale. Celle-ci doit s’exprimer par un nouveau mécanisme d’implémentation de la flibusterie internationale.
La genèse de cette permacrise génératrice d’une spirale de violence infernale remonte à la période de la stupide connivence étrangère avec des crapules politiques servant d’idiots utiles au détriment de leur patrie. S’il s’avère que les petits monstres ont échappé au contrôle de leurs concepteurs au point de devenir des mercenaires au service de tout contrebandier, l’Occident demeure le maître d’orchestre de ce jeu macabre. Cette dynamique de criminalité incessante qui porte des atteintes physiques aux victimes pour satisfaire des intérêts mesquins ne vaudrait pas la chandelle. La vie étant sacrée, l’Occident omniscient et omnipotent dans l’exploitation des ressources naturelles des sociétés du Sud aurait pu procéder à des convoitises qui écartent des conflits armés. Dans la mise en œuvre des injustices et escroqueries transnationales, les crimes de sang peuvent être toujours évités. Chers « Amis d’Haïti », suffoquez-vous en amassant dans la boulimie des richesses périssables, mais foutez la paix à ce peuple résilient que vous avez rendu misérable et nomade sur sa propre terre de naissance.
La prolifération des groupes de gangs, suivie de leur fédération pour semer une terreur paroxysmique dans la Cité, émane d’une volonté politique perfide du trident omniprésent de la communauté internationale dans les dossiers secrets d’Haïti. Derrière la coalition terroriste Viv Ansanm qui exprime des velléités maléfiques de perpétrer un génocide au pays se cachent de faux-amis de la première république noire au monde. Quand Helen La Lime avait encensé la mise en commun de ces forces démoniaques, elle avait fait la promotion pour que le banditisme envahisse Haïti. Cette homélie criminelle prononcée par la représentante de l’ONU apportait de l’huile au moulin de la machine de la gangstérisation. D’une phase embryonnaire à un niveau de maturation intense, l’expansion des réseaux de la gangstérisation finit par créer un doute raisonnable à propos d’une potentielle extinction de cette république emblématique. Le support indéfectible du BINUH aux bandes criminelles témoigne de l’implication bizarre de la communauté internationale à néantiser Haïti. Drôle d’incitation !
La cruelle condescendance
Les acteurs internationaux sont sans ambages les artisans qui ont concocté cet ultime chaos avant de dépêcher dans une hypocrisie patente des forces étrangères anémiques pour soi-disant éradiquer les gangs. Cette communauté internationale y adjoint une pratique géopolitique de chronophagie budgétivore de changer de gouvernement comme on change de chemise. De visu ou en catimini, ce sont eux qui révoquent et qui remplacent automatiquement (R.R.I). En dépit de son arrogance et de son accaparement des ministères régaliens pour mieux servir son clan mafieux, Garry Conille a connu à la primature l’espérance de vie d’une mouche éphémère. Malgré son opiniâtreté, Ariel Henry était devenu un ballon perdu dans l’espace. Aucun de ces scénarios n’avait véritablement échappé au grand scénariste : la communauté internationale. Cette dernière continue de faire d’Haïti le dindon de sa farce empreinte de rancune.
Les yeux de lynx ont la certitude que les initiatives politiques cosmétiques entreprises sous le patronage de la communauté internationale ne produiront aucun résultat probant pour assurer un retour à un équilibre vivable au profit de la collectivité. Après chaque destitution de gouvernement se déroule un épisode d’une horrible anarchie qui converge vers une guerre civile. Par le stratagème de solliciter une amnistie imméritée, les gangs s’octroyaient le crédit d’un « DDN » qui imposait l’ancien PM Ariel Henry de se réfugier contre son gré au pays patron qui l’avait placé sur le trône. Le limogeage de Garry Conille a davantage agacé ces criminels qui perçoivent dans la politique de la terre brûlée une porte de sortie pour qu’ils puissent jouir l’argent sale qu’ils ont accumulé soit de la drogue ou du kidnapping. Ce bouton de contrôle de la jungle ensanglantée n’est jamais activé à l’insu de ces prétendus amis d’Haïti. Mais pourquoi veulent-ils un carnage au pays ?
Les chefs de gangs souhaitent un « taboularaza » pour qu’ils placent à la présidence leur propre marionnette afin que leur chimère d’une absurde amnistie devienne réalité. Ils incendient des maisons, ils ont pris d’assaut des quartiers populaires, ils tirent sur des avions, ils multiplient leurs exécutions arbitraires notamment sur la population innocente. Réflexe de légitime défense, Haïti vit une réédition du Bwa Kale, soit l’option césarienne pour libérer cette population tourmentée de cette grossesse politique en perdition depuis plusieurs années. La communauté internationale s’apprête-t-elle une fois de plus à monter au créneau pour défendre ses gangs, condamnant ainsi la population à l’abattoir ? Espérons que, cette fois, elle choisira enfin le bon camp.
De fenêtre brisée à édifice effondré
La progression de la néantisation d’Haïti sur la carte mondiale est une illustration éloquente de la théorie de la fenêtre brisée. Graduellement, la négligence politique s’est amplifiée en atteignant un point de non-retour, jusqu’à bousculer la société dans une caverne quasiment sans issue. La catastrophe systématique a commencé depuis l’intronisation d’un imposteur à la magistrature suprême du pays, au lendemain du séisme meurtrier de 2010. Plébisciter Michel Martelly à la présidence haïtienne a marqué l’institutionnalisation d’un banditisme d’État pour accélérer la disparition de la première république noire au monde. Les répercussions néfastes ont été vécues sur toutes les structures sociétales avant de s’installer dans les villes et les bidonvilles pris en otage par des petits monstres conçus pour le besoin d’une certaine cause flibustière. N’était la remarquable résilience de ce peuple, la vie en Haïti devait être déjà à six pieds sous terre.
Cette volonté internationale s’affirme dans une pratique de flibusterie capitaliste nourrie par le paradoxe de la malédiction des ressources naturelles. Pour mieux planifier le chaos, les missionnaires internationaux avaient jeté leur dévolu sur des personnages indignes, en les transformant en des vainqueurs politiques contre toutes les références démocratiques. Puisque ces voyous politiques auront tout fait pour plaire l’Occident pendant qu’ils s’enrichissent déloyalement, ils sont prêts à appliquer la politique de la terre brulée pour éviter le rétablissement d’un État de droit. Seulement l’impunité leur garantit de maintenir leur survie sur la scène voire d’écarter la prison. La détermination maléfique du régime politique en place se justifie ainsi dans des velléités électoralistes nourries par l’arrivisme de surfer dans la bulle officielle ad vitam aeternam.
Connivence de la communauté internationale
Une véritable neutralisation de la force diabolique de la gangstérisation en Haïti doit découler de la même puissance démentielle qui les avait créés. Au nom de la morale, les agents du paradoxe de la malédiction des ressources naturelles sont conviés à mettre une pointe d’humanité dans leurs politiques d’exploitation déloyale. Par le laxisme volontaire des entités de contrôle internationales, des armes et munitions en provenance des États-Unis traversent en permanence les frontières à destination des réseaux de gangs. Entretemps, la police nationale et les forces armées d’Haïti sont dépourvues de moyens logistiques adéquats pour contrecarrer les attaques meurtrières des troupes criminelles. Les ambassades côtoient ces bandits régulièrement, négociant avec eux des faveurs de protection de leurs bâtiments et leurs personnels administratifs.
Sous les yeux passifs de la communauté internationale, les malfrats exposent leur arsenal de guerre, détruisant des hôpitaux, des écoles et des vies innocentes. Ils sont reconnus d’actes terroristes dont celui de cribler de balles des avions commerciaux et de libérer des prisonniers qui sont des assassins de leurs clans. Le leader tout-puissant de l’Amérique serait-il vraiment impuissant devant les cruautés de ces monstres en démence qui ont même déjà attaqué la géante ambassade ? Le choix abominable de construire un narratif si ignoble pour exterminer Haïti dépasse l’entendement humain. Serait-ce par rancune ou par une certaine appétence de déposséder cette nation de toutes ses ressources que le jeu s’anime ainsi ? Dans tous les cas, la démarche est chthonienne.
Il ne devait y avoir aucun enjeu plus vénérable que la préservation de la paix sociale et la sauvegarde de la vie humaine. Tandis qu’Haïti n’est même pas en guerre, elle perd chaque année des milliers de ses enfants, dont plusieurs agents de la Police Nationale. Les principales artères du pays sont coupées, obstruant la mobilité des vies et des biens en toute quiétude. Le bilan est sombre pour Haïti certes, car elle est la principale victime. Toutefois, pour des raisons stratégiques et de gratitude, les États-Unis ne partagent-ils pas ce lourd passif ? Macron n’est-il pas con de croire que Conille, un esclave au service d’un clan mafieux, était un choix idéal à la Primature ? Cet envoyé spécial de l’ONU ne faisait que bluffer. Ses promesses de récupérer les territoires perdus maison par maison, quartier par quartier et ville par ville étaient creuses.
C’est sous l’auspice des représentants diplomatiques internationaux que des journalistes des médias les plus prisés au monde, incluant CNN et Reuters, réalisent des interviews avec les criminels notoires. Ils en font des vedettes internationales pendant qu’ils prétextent que ces bandits sont prétendument recherchés par la justice internationale. Les ambassades promettent des récompenses financières alléchantes en contrepartie des têtes des chefs de gangs. Parallèlement, elles assurent l’intermédiation pour réaliser les documentaires entre les bandits avec les journalistes étrangers. La conspiration est patente.
La légitime défense jadis asphyxiée, aujourd’hui revigorée
Dans un instinct de survie, le peuple courageux a souvent pris la résolution de se protéger face aux détraqués lourdement armés en développant une stratégie de sauvetage concertée avec la police pour les mettre en échec. Le « Bwa Kale » initié au Canapé Vert en avril 2023 dans une harmonie entre la population et les forces de l’ordre a été paralysé par les institutions internationales qui y percevaient des actes arbitraires. Après avoir démantelé un réseau de gangs puissant à Pétion-Ville en les exterminant les uns après les autres, ce mouvement promettait une éradication radicale des gangs.
À chaque fois que la volonté populaire s’associe aux forces de l’ordre pour rendre les démarches de la destruction des gangs plus efficientes, les ambassades montent aux créneaux pour condamner la vengeance populaire contre les criminels. La carte de la protection des droits humains est souvent sortie quand un partisan des gangs est neutralisé par le mouvement « Bwa Kale ». Pourtant, c’est le silence de cimetière des « pays amis d’Haïti » quand les victimes sont recensées au sein de la population. L’incitation internationale pour que le peuple haïtien soit persécuté et se déplace comme des chiens errants en laissant leurs résidences aux gangs armés est plutôt évidente. Les anguilles ne sont plus sous roche.
Dans ce contexte désespéré perçue comme sans issue, on s’attendait à un sursaut provoqué par l’énergie du désespoir. Malheureusement, la stratégie d’une promesse de survie individuelle à travers des programmes de migration spontanée a semblé déposséder ce peuple meurtri de l’adrénaline salvatrice pour rompre avec le statuquo. Les sanctions internationales ont pointé du doigt les principaux complices du climax de l’insécurité et de la criminalité en Haïti. Ce qui devait pousser la population à exiger l’éviction d’un ensemble de personnalités dans les affaires politiques du pays. Dommage, ce peuple est en attente d’un sauvetage individuel qui bouche ses yeux sur les dérives politiques.
Par exemple, le CPT ne requiert-il pas un nettoyage pour rappeler que personne n’est au-dessus de la justice ? Le timing requiert que le Bwa Kale fasse taire la fureur des gangs à sapatte. Mais, plus tard, sans plus tarder, l’énergie du Bwa Kale doit faire des yeux doux au Villa d’Accueil pour rappeler que le pays doit être dirigé par des citoyens au-dessus de tout soupçon de corruption.
Le jeu géopolitique aurait pu être animé autrement, dans une perspective gagnant-gagnant nécessaire, sans créer autant de péripéties pour les sociétés convoitées. À ce stade, Haïti n’a même pas les moyens de tenir ferme devant les pressions des forces internationales. Une potentielle exploitation des ressources d’Haïti ne nécessite pas forcément d’alimenter des conflits armés. L’idéal serait d’explorer ensemble les ressources minières, de les exploiter et les partager équitablement. Les armes auraient pu se taire, les bandits auraient pu choisir de meilleures alternatives pendant que les flibustiers orchestrent leurs forfaitures économiques.
Pour l’Occident, le déshonneur est immense quand on sait que les armes lourdes et munitions qui assurent l’existence des monstres détraqués proviennent majoritairement des États-Unis et transitent par la République dominicaine. La communauté internationale doit donc fermer la vanne de l’effusion de sang en bloquant l’entrée des armes en provenance des pays partenaires. Amis d’Haïti, suffoquez-vous dans les biens périssables cachés au sous-sol de ce pays, mais laissez tranquille ce peuple peu exigeant qui ne demande que le minimum vital de la pyramide des besoins.
Carly Dollin

