Nomination de Mme Pédrica SAINT-JEAN au ministère à la Condition féminine Un nouveau coup porté aux luttes féministes
Les féministes signataires de cette note ont pris acte de la nomination de Madame Pédrica Saint-Jean à la tête du ministère à la Condition féminine et aux droits des femmes (MCFDF). Encore une fois, ce ministère emblématique et stratégique pour l’avancement des droits des femmes est traité par le pouvoir en place comme un poste de complaisance, sans égard pour la mission institutionnelle. La nomination de Mme Saint-Jean s’inscrit dans une lignée de décisions consistant à nommer des titulaires du ministère sur base de leurs accointances politiques et non de leurs compétences et de leurs engagements avérés en faveur de la cause des femmes. Cette nomination traduit une volonté réitérée de neutraliser l’impact politique du MCFDF et d’en faire un ministère sans ligne de défense pour les droits de la moitié de la population.
Rappelons que le processus de désignation d’une personnalité féminine pour siéger au Conseil électoral provisoire (CEP), conduit par le groupe Dialogue inter-femme (DIFE) dirigé par Madame Saint Jean, avait été largement décrié et que le Conseil présidentiel de transition (CPT) l’avait lui même aussi discrédité en décidant de confier la reprise du processus à d’autres actrices. Ce même CPT a néanmoins choisi de nommer comme ministre une personne dont la probité a été mise en cause. Une telle décision, d’une part, renforce les nombreux questionnements sur la gouvernance du CPT en termes d’intégrité des processus décisionnels et, d’autre part, démontre la condescendance du CPT par rapport à cette conquête des féministes que constitue la création d’une institution chargée de la prise en compte des rapports sociaux de sexe.
Dans le contexte actuel, où la population est de plus en plus aux abois et où les femmes et les filles subissent particulièrement des violences, récompenser des comportements non-éthiques, c’est consacrer les dérives selon lesquelles l’occupation d’une position de pouvoir n’est pas soumise au respect de principes. C’est contribuer à davantage fragiliser la confiance dans les institutions, notamment celles censées de protéger les droits.
Nous, les féministes signataires, réitérons notre ferme attachement aux valeurs d’intégrité, de solidarité et de justice sociale. Face aux attaques répétées contre nos droits et nos institutions, nous ne resterons pas silencieuses.
Les signataires : Fanm Deside, Fondation TOYA, Kay Fanm, Nègès Mawon, Organisation féministe MARIJÀN, 100 % Fanm, Mouvement pour l’intégration et l’émancipation des femmes handicapés (MIEFH), Combite Résistance Féministe (COREF).
Féministes indépendantes : Sabine Manigat.

