La Colombie reprendra la fourniture d’électricité à l’Équateur dans un contexte de reprise énergétique nationale
La crise énergétique actuelle de l’Équateur, caractérisée par des coupures d’électricité pouvant aller jusqu’à 14 heures par jour, est liée à d’importants défis structurels et climatiques. La dépendance du pays à l’hydroélectricité, qui représente environ 70 % de sa production énergétique, le rend particulièrement vulnérable aux variations climatiques.
Après plus d’un mois de suspension des exportations d’électricité vers l’Équateur, la Colombie se prépare à rétablir ce service essentiel. Andrés Camacho, ministre des Mines et de l’Énergie, a souligné que, bien que le pays traverse une année marquée par une faible pluviométrie, la stabilisation progressive du système énergétique national permet d’envisager cette collaboration avec son voisin en crise.
« Nous continuerons à surveiller de manière permanente les variables du système pour garantir l’approvisionnement énergétique national », a déclaré le ministre via son compte officiel sur X, en insistant sur le fait que la priorité reste la satisfaction de la demande interne avant toute exportation d’énergie.
L’Équateur, avec une population de 17 millions d’habitants, connaît un déficit de 1 600 mégawatts pour une demande totale de 4 600 MW. Avant l’interruption, la Colombie fournissait 450 MW à son voisin, une contribution significative interrompue en raison des niveaux insuffisants des réservoirs colombiens.
Bien que les pluies aient commencé à revenir en Colombie, certaines régions, notamment la capitale, continuent de faire face à des pénuries, y compris des coupures d’eau, révélant la fragilité des systèmes hydrique et énergétique du pays. Malgré ces défis, le gouvernement colombien réaffirme son engagement envers les accords internationaux et l’intégration régionale.
La semaine dernière, le ministère des Mines et de l’Énergie a publié pour consultation publique une proposition de modification de la résolution régissant l’exportation d’électricité. Celle-ci inclurait la possibilité d’exporter de l’énergie produite par des centrales thermiques, sous réserve de préserver la stabilité du marché intérieur.
« Nous sommes conscients des dures circonstances que traverse notre peuple frère. L’intégration et la collaboration sont essentielles », a déclaré Camacho, soulignant l’importance de la solidarité entre les pays voisins.
La reprise des exportations dépendra de l’évolution du système énergétique colombien. « Nous maintiendrons une communication constante avec la ministre en charge de l’Énergie en Équateur pour évaluer les conditions qui nous permettront de soutenir ce pays frère », a conclu le ministre, réitérant l’engagement de la Colombie envers le traité international régissant ces relations.

