13 janvier 2026
Rezo Nòdwès en collaboration avec ‘The Kettly Foundation Inc’ présente : « Haiti, l’Echo de la Province Oubliée »
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Rezo Nòdwès en collaboration avec ‘The Kettly Foundation Inc’ présente : « Haiti, l’Echo de la Province Oubliée »

La diffusion de ce texte est rendue possible grâce à l’aimable courtoisie de ‘The Kettly Foundation Inc’.

« Haïti, l’Écho de la Province Oubliée » est une œuvre littéraire diffusée en exclusivité sur Rezo Nòdwès, rendue possible grâce au soutien généreux de la Kettly Foundation Inc. Tous les dimanches soirs de septembre, découvrez un nouvel extrait de ce roman captivant dans le Coin littéraire de Rezo Nòdwès.

Note de l’auteur : Les personnages et les événements décrits dans ce roman sont purement fictifs. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait purement fortuite et involontaire.

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Kettly Foundation Incorporation est une organisation dédiée à la promotion de l’éducation, de la justice sociale, et du développement durable au sein des communautés haïtiennes et de la diaspora. Grâce à ses multiples initiatives, la fondation soutient des projets d’autonomisation, de bourses scolaires, et d’infrastructures locales visant à améliorer la qualité de vie et à encourager la résilience des populations vulnérables. Leur engagement envers l’éducation et l’amélioration des conditions de vie constitue une source d’inspiration pour toute la communauté.

Chapitre 3 (1ère partie)


Chapitre 3 : « Les murmures de Belvieu »

Belvieu s’éveillait doucement sous les premiers rayons du soleil. Les chants des oiseaux se mêlaient au bruissement des feuilles, créant une mélodie oubliée du reste du pays. Les rivières serpentant à travers la province, autrefois fréquentées pour la baignade et les rituels de purification, murmuraient encore l’histoire d’une terre négligée, d’une population laissée pour compte. KEDA se tenait au bord de l’une de ces rivières, son regard perdu dans l’immensité de cette beauté naturelle.

Marc-Antoine la rejoignit peu après, son pas réfléchi et lourd de pensées. Leurs discussions prenaient souvent racine dans ces lieux, là où l’on pouvait encore entendre l’âme du pays battre, loin des tumultes de Port-au-Prince, la capitale assiégée par les gangs en mission de déstabilisation du pays.

« On dit que Belvieu est une province oubliée, mais peut-on vraiment oublier ce que l’on n’a jamais connu ? » commença KEDA, sa voix teintée d’une gravité mélancolique. Elle fixait l’eau, cherchant dans son mouvement perpétuel une réponse que ni l’histoire ni la politique ne lui avaient encore offerte.

Marc-Antoine hocha la tête, son regard se perdant à l’horizon. « Tu as raison. Ici, l’État n’a jamais eu de présence. Pas de routes dignes de ce nom, pas d’écoles, rien pour encourager le développement. Belvieu n’a jamais été qu’un mirage aux yeux des autorités, une zone à exploiter sans jamais lui rendre ce qui lui revient. »

Les mots flottaient entre eux, lourds de vérité. KEDA savait que ces discussions étaient bien plus qu’un simple échange d’idées ; elles étaient le reflet de la désillusion profonde de leur génération. Pourtant, malgré l’ombre de la réalité, un souffle d’espoir persistait dans leurs voix.

« Tu sais, Marc-Antoine, » reprit KEDA, rompant le silence, « il n’est pas trop tard. Le civisme, le patriotisme, ce ne sont pas que des idées. Ici, les gens ont toujours respecté les anciens, ils continuent de croire à une éducation qui ouvrirait les portes d’un avenir meilleur. C’est peut-être ça, l’écho de cette province. »

Un sourire fugace traversa le visage de Marc-Antoine. « C’est vrai. Mais cet écho, qui l’entend ? » demanda-t-il, laissant la question planer, sachant que la réponse restait une énigme complexe.

À ce moment, leur conversation fut interrompue par l’arrivée d’un jeune garçon, porteur d’un message pour Marc-Antoine. La missive était courte, mystérieuse. Une ancienne amie, rencontrée une seule fois au Cap-Haïtien, souhaitait le voir à Belvieu. Le ton du message, empreint de familiarité et de distance à la fois, piqua la curiosité de Marc-Antoine.

KEDA le remarqua immédiatement. « Que se passe-t-il ? » interrogea-t-elle, sa voix empreinte d’un mélange d’intérêt et de prudence.

« Une vieille connaissance… » répondit-il évasivement. « Elle est ici, à Belvieu. Et elle veut me rencontrer. »

KEDA resta silencieuse, laissant planer un soupçon de mystère. Qui était cette femme, et pourquoi se trouvait-elle ici, à Belvieu, la province oubliée ? Cette nouvelle fit naître en elle une foule de questions, qu’elle décida de garder pour plus tard.

Marc-Antoine, quant à lui, réfléchissait déjà à cette rencontre inattendue. Que pouvait-elle bien vouloir, après tant d’années ? Et surtout, pourquoi maintenant, alors qu’il s’engageait dans la défense de cette province ignorée ?

Le soleil s’élevait davantage, et la chaleur commençait à envahir l’espace. KEDA fit un pas en avant, posant doucement sa main sur l’épaule de Marc-Antoine. « Quoi qu’il en soit, fais attention. Belvieu garde en elle des secrets que même le temps n’a pas réussi à dissiper. »

Marc-Antoine acquiesça, le regard toujours rivé sur le message. L’écho de la province venait d’introduire une nouvelle intrigue, une nouvelle piste à suivre. Et ni KEDA ni lui ne savaient encore jusqu’où cela les mènerait.

La route vers la grand-mère

Sur le chemin qui menait à la maison de sa grand-mère, perchée sur une hauteur dominant tout le village, KEDA était absorbée dans ses pensées. Elle se sentait étrangement attirée par l’idée que quelque chose de plus grand se jouait autour d’elle. Les arbres se dressaient de chaque côté de la route, formant une arche naturelle au-dessus de sa tête, et elle pouvait sentir l’odeur terreuse de la forêt après la pluie de la veille.

Alors qu’elle approchait de la montée menant à la maison, une silhouette surgit de l’ombre des arbres. Sur ses gardes, elle ralentit son pas, prête à tout, mais la silhouette ne montrait aucune menace apparente. C’était une femme, d’une trentaine d’années, habillée simplement, portant un panier de fruits. Elle s’approcha de KEDA avec un sourire.

« Vous êtes KEDA, n’est-ce pas ? » demanda la femme avec un air de familiarité.

KEDA hocha la tête, surprise. « Oui, c’est moi. Puis-je vous aider ? »

« Je suis Marie-Laure, je travaille parfois avec ta grand-mère pour les récoltes, et j’habite pas loin. Je voulais juste vous prévenir que votre grand-mère vous attend avec impatience. »

KEDA sentit un léger soulagement, mais son instinct lui disait que cette rencontre n’était peut-être pas aussi anodine qu’elle en avait l’air. « Merci, Marie-Laure, je me dépêche alors. »

Marie-Laure la salua et s’éloigna, disparaissant à nouveau dans la forêt. KEDA continua sa route, mais elle ne pouvait s’empêcher de repenser à la manière dont cette femme semblait la connaître. Elle accéléra le pas, la maison de sa grand-mère n’était plus très loin, dominant le village comme un phare dans la brume.

Voici une version enrichie de cette partie, avec plus de suspense ajouté à la rencontre avec Jean-Paul :


La rencontre avec Jean-Paul

Arrivée à la maison, une petite bâtisse en pierre perchée sur une colline avec une vue imprenable sur tout Belvieu, KEDA sentit un mélange de soulagement et d’inquiétude. Elle aperçut sa grand-mère, assise à l’ombre d’un vieux manguier, sa silhouette paisible contrastant avec l’agitation intérieure de KEDA. Cependant, avant même de pouvoir s’approcher pour l’embrasser, son téléphone vibra soudainement dans sa poche, interrompant cet instant de répit.

Un sentiment de malaise l’envahit avant même de regarder l’écran. C’était un autre appel de Jean-Paul, l’administrateur de The Kettly Foundation Inc.. Pourquoi cet homme semblait-il surgir à chaque instant critique, comme s’il observait ses moindres mouvements ?

« Bonjour, KEDA, » commença-t-il d’une voix calme mais insidieusement pressante. « Je voulais m’assurer que tout se passe bien pour vous ici à Belvieu. Nous devons finaliser certains documents pour un don additionnel au projet. Pouvez-vous vous libérer pour que nous en discutions ? »

Le malaise de KEDA s’intensifia. Elle savait que ces démarches étaient cruciales pour l’avenir du village, mais elle ne pouvait ignorer le sentiment croissant que quelque chose de plus complexe se jouait en coulisses. Elle jeta un regard vers sa grand-mère, encore plongée dans sa méditation sous le manguier, et soupira.

« Très bien, Jean-Paul, » répondit-elle finalement, tentant de garder sa voix détachée. « Je peux venir te rejoindre. Où es-tu ? »

Un silence pesant s’installa pendant quelques secondes avant qu’il ne réponde enfin, d’une voix légèrement plus basse : « Je suis déjà au café, KEDA. Rejoins-moi dès que possible. Il est essentiel que ces documents soient signés avant la fin de la semaine. »

KEDA sentit une tension dans son ton, comme s’il y avait une urgence cachée derrière ses mots. Elle acquiesça, même si Jean-Paul ne pouvait la voir, puis raccrocha. Après un court moment passé avec sa grand-mère, où elle tenta de masquer ses préoccupations, KEDA quitta la maison, l’esprit alourdi par cette nouvelle responsabilité.

Sur le chemin qui serpentait vers le café, KEDA ne pouvait s’empêcher de repenser à la rencontre étrange avec Marie-Laure plus tôt. Pourquoi cette femme lui avait-elle semblée si familière ? Et pourquoi l’avait-elle abordée à cet instant précis, avec cette aisance déconcertante ? Chaque détail lui semblait désormais empreint d’un mystère qu’elle ne pouvait ignorer.

Alors qu’elle avançait sur le chemin légèrement accidenté, les arbres semblaient se refermer autour d’elle, créant une sorte de tunnel ombragé. Le soleil déclinait à l’horizon, allongeant les ombres et accentuant l’ambiance oppressante qui pesait sur elle. Le silence de la nature, habituellement apaisant, lui donnait cette fois l’impression d’être observée. Et à chaque pas, l’idée que quelque chose ou quelqu’un la surveillait devenait plus persistante.

Arrivée près du café, son instinct se mit en alerte. Elle ralentit légèrement son pas, jetant un regard rapide autour d’elle. L’endroit semblait calme, mais une tension flottait dans l’air. Elle prit une grande inspiration et franchit la porte.

À l’intérieur, Jean-Paul l’attendait déjà, assis à une table isolée près de la fenêtre. Autour de lui, plusieurs tasses de café à moitié vides jonchaient la table, comme s’il était là depuis des heures, nerveux, guettant chaque mouvement. KEDA s’approcha lentement, son esprit débordant de questions et de soupçons. Quel jeu jouait-il réellement, et à quel point était-il impliqué dans ce réseau d’influences que CLAIRE semblait manipuler avec aisance ?

Le rendez-vous avec Jean-Paul au café

En arrivant au café, KEDA ressentit un léger frisson parcourir son échine. L’atmosphère dans le village semblait plus lourde que d’habitude, comme si Belvieu était sur le point de révéler ses secrets les mieux gardés. Elle entra dans le café, le même où Marc-Antoine avait rencontré CLAIRE plus tôt dans la journée. Cette pensée la troubla. CLAIRE était-elle toujours dans les parages ? Et quelle influence pouvait-elle avoir sur le projet de développement ?

Jean-Paul était déjà assis à une table près de la fenêtre, un dossier en main, entouré de tasses de café à moitié vides. Il leva les yeux à l’arrivée de KEDA, lui adressant un sourire rassurant.

« KEDA, je suis heureux que tu sois venue. » Il lui fit signe de s’asseoir en face de lui. « J’ai quelques points à revoir avec toi concernant les fonds supplémentaires. »

KEDA s’assit, prenant une grande inspiration. Elle appréciait Jean-Paul pour son professionnalisme, mais cette affaire lui paraissait de plus en plus suspecte.

« Je t’écoute, Jean-Paul, » dit-elle en essayant de chasser son malaise.

Jean-Paul ouvrit son dossier, étalant plusieurs documents sur la table. « Nous avons réussi à obtenir un soutien supplémentaire pour le projet de Belvieu, » commença-t-il, son ton mesuré. « Mais il y a une condition. Les fonds seront débloqués uniquement si nous sommes en mesure de garantir que les infrastructures de base seront prêtes d’ici six mois. »

KEDA fronça les sourcils. « Six mois ? Ce n’est pas réaliste. Belvieu manque de tout. Les routes sont à peine praticables, et les bâtiments communautaires sont à l’abandon. Pourquoi une telle précipitation ? »

Jean-Paul haussa les épaules. « Les donateurs veulent des résultats rapides. Ils considèrent Belvieu comme un test avant de s’engager dans d’autres provinces. Si nous réussissons ici, cela pourrait ouvrir des portes pour des financements beaucoup plus importants. »

Le silence s’installa pendant quelques secondes. KEDA sentait un poids de plus en plus lourd s’abattre sur ses épaules. D’un côté, ces fonds étaient cruciaux pour le village ; de l’autre, les délais imposés semblaient irréalistes et posaient question.

« Il y a autre chose, n’est-ce pas ? » demanda KEDA en fixant Jean-Paul droit dans les yeux.

Jean-Paul hésita un moment avant de répondre. « En effet, » dit-il finalement. « CLAIRE… Elle s’est proposée pour superviser le projet localement. »

KEDA sentit une vague de colère l’envahir. « CLAIRE ? » Son ton trahissait sa surprise. « Pourquoi elle ? Elle n’a aucune expérience ici. »

Jean-Paul soupira. « CLAIRE a des contacts influents, et elle fait déjà partie de The Kettly Foundation Inc.. Les donateurs lui font confiance. » Il marqua une pause, observant la réaction de KEDA. « Je sais que ce n’est pas ce que tu espérais, mais c’est une condition non négociable. »

La colère de KEDA se mêlait désormais à l’incompréhension. Pourquoi CLAIRE, de toutes les personnes possibles, était-elle soudainement au centre de tout cela ? Et pourquoi s’intéressait-elle autant à Belvieu ? Ces questions tournaient en boucle dans l’esprit de KEDA, mais elle savait qu’il lui fallait garder son calme.

« Alors, c’est comme ça que ça va se passer ? » demanda-t-elle, la voix tendue. « Nous devons précipiter tout un projet pour plaire à des investisseurs et permettre à CLAIRE de prendre les commandes ? »

Jean-Paul laissa échapper un soupir las. « KEDA, je comprends que cela te dérange, mais crois-moi, CLAIRE sait ce qu’elle fait. Elle a les moyens de faire avancer les choses, même si cela te semble difficile à accepter pour l’instant. »

KEDA se leva brusquement. « Je vais devoir réfléchir à tout ça. » Elle prit les documents posés devant elle et les rangea dans son sac. « Je ne peux pas prendre cette décision sur un coup de tête. »

Jean-Paul hocha la tête. « Prends le temps qu’il te faut, mais souviens-toi que le temps presse. Nous avons à peine quelques semaines avant de commencer les travaux. »

KEDA sortit du café sans un mot de plus, laissant Jean-Paul seul à sa table. Elle sentait le poids des décisions à venir s’accumuler sur ses épaules. Pourtant, au fond d’elle, une certitude émergeait : quelque chose d’étrange se tramait à Belvieu, et CLAIRE était au centre de cette intrigue.

La rencontre inattendue

Alors qu’elle s’éloignait du café et traversait la place du village, KEDA aperçut à nouveau Marie-Laure, la femme qu’elle avait rencontrée plus tôt. Elle discutait avec un homme vêtu d’un costume sobre, clairement un étranger dans ce village isolé. Intriguée, KEDA ralentit son pas et observa la scène de loin. L’homme tendit quelque chose à Marie-Laure, un document ou une enveloppe, qu’elle accepta avant de s’éloigner rapidement.

KEDA ne pouvait pas se permettre d’ignorer cette nouvelle information. Elle décida de suivre Marie-Laure discrètement, en restant à bonne distance. Les rues de Belvieu étaient encore désertes à cette heure de l’après-midi, et les ombres des maisons en pierre s’étiraient sous le soleil déclinant.

Marie-Laure s’arrêta finalement devant une vieille bâtisse perchée sur une petite colline, un peu en dehors du village, et y entra précipitamment. KEDA hésita un moment. Fallait-il qu’elle continue ou qu’elle rebrousse chemin ? Mais sa curiosité l’emporta. Quel rôle jouait donc cette femme dans cette histoire ?

La porte de la maison de Marie-Laure s’ouvrit brusquement, et un homme sortit, tenant une mallette. Il monta rapidement dans un véhicule tout-terrain garé à l’extérieur. KEDA reconnut immédiatement l’emblème sur la mallette : The Kettly Foundation Inc.

Une fois l’homme parti, KEDA se sentit acculée par une multitude de questions. Que faisait cet homme avec Marie-Laure ? Pourquoi y avait-il un lien avec The Kettly Foundation Inc. ? Soudain, elle réalisa qu’elle n’était pas la seule à observer la scène. À quelques mètres, cachée à moitié par un muret, CLAIRE se tenait là, surveillant aussi l’étrange interaction.

La conversation avec Jean-Paul fut brève mais intense. Il lui expliqua les détails du don additionnel et l’importance de finaliser rapidement les démarches. Alors qu’ils discutaient, KEDA ne pouvait s’empêcher de penser que quelque chose d’autre se cachait derrière ces projets de développement. Pourquoi tant d’urgence, et pourquoi ici, à Belvieu ?

Retour à la rencontre de Marc-Antoine et CLAIRE

Pendant que KEDA poursuivait ses découvertes mystérieuses à travers les rues de Belvieu, Marc-Antoine était toujours attablé au café, face à CLAIRE. Leur conversation avait pris une tournure à la fois familière et étrange, comme si les années qui les avaient séparés n’étaient rien d’autre qu’une brume passagère. Pourtant, sous cette apparente tranquillité, Marc-Antoine sentait que quelque chose d’inexprimé flottait entre eux.

CLAIRE observait Marc-Antoine avec une intensité à peine dissimulée. Elle sirotait son café avec une lenteur calculée, son regard ne quittant jamais son ancien ami. Marc-Antoine, mal à l’aise sous ce regard perçant, rompit le silence en premier.

« Alors, CLAIRE, » dit-il en posant sa tasse avec un léger tintement, « qu’est-ce qui t’amène réellement à Belvieu ? »

CLAIRE esquissa un sourire, laissant planer un bref suspense avant de répondre. « Je t’ai déjà dit que je suis ici pour le projet de The Kettly Foundation Inc., mais tu sais aussi bien que moi que c’est plus compliqué que ça. » Elle plongea son regard dans le sien, cherchant à capter une réaction.

Marc-Antoine sentit un frisson lui parcourir l’échine. Bien sûr, il se doutait qu’il y avait autre chose. Avec CLAIRE, il y avait toujours autre chose. Mais quoi exactement ? Pourquoi elle semblait-elle si investie dans un projet à Belvieu, alors qu’elle n’avait jamais montré d’intérêt particulier pour ce genre d’initiatives par le passé ?

« Plus compliqué, comment ? » demanda-t-il, tentant de maintenir un ton neutre.

CLAIRE haussa légèrement les épaules, comme si la réponse était évidente. « Disons simplement que Belvieu est plus qu’un simple projet de développement. Il y a des enjeux plus importants en jeu, des enjeux que tu ne saisis peut-être pas encore. »

Marc-Antoine fronça les sourcils. « Des enjeux plus importants ? CLAIRE, parle clairement. Je n’ai pas envie de jouer à deviner ce que tu mijotes. »

Elle s’inclina légèrement en avant, réduisant la distance entre eux. « Marc-Antoine, tu n’as jamais vraiment compris la profondeur de ce que je fais, n’est-ce pas ? The Kettly Foundation Inc. n’est pas simplement une fondation de charité. Il y a des connexions, des réseaux, des influences que tu ne peux imaginer. »

Marc-Antoine sentit une tension croissante dans ses mots. « Connexions ? Tu veux dire que ce projet à Belvieu n’est qu’une façade pour autre chose ? »

CLAIRE sourit à nouveau, mais cette fois, son sourire n’atteignait pas ses yeux. « Peut-être pas une façade, mais disons que Belvieu offre des opportunités. Des opportunités que certaines personnes trouvent… intéressantes. »

Marc-Antoine se redressa sur sa chaise, son esprit bouillonnant de questions. Il commençait à comprendre que ce projet était bien plus complexe qu’il ne l’avait cru. Mais jusqu’où cela allait-il ? Et pourquoi CLAIRE lui en parlait-elle maintenant ? Elle n’était pas du genre à partager des informations sans raison.

« Quelles personnes, CLAIRE ? Qui tire les ficelles ici ? » Sa voix était plus dure qu’il ne l’avait prévu, mais il ne pouvait plus contenir sa frustration.

CLAIRE le regarda un moment, comme si elle pesait le pour et le contre de lui dire la vérité. « Tu te souviens du temps où nous travaillions ensemble à Cap-Haïtien ? » demanda-t-elle soudain, changeant légèrement de sujet. « Tu te rappelles de ce projet que tu avais abandonné parce que tu trouvais qu’il était trop lié à la politique ? »

Marc-Antoine acquiesça lentement. Ce souvenir remontait à plusieurs années, mais il était encore vif dans sa mémoire. À l’époque, il avait refusé de s’impliquer davantage dans un projet de développement local à cause des jeux de pouvoir sous-jacents qui lui semblaient douteux.

« Eh bien, » poursuivit CLAIRE, « ces mêmes personnes sont toujours là, à tirer les ficelles. Elles n’ont jamais vraiment disparu. Et elles sont très intéressées par ce qui se passe à Belvieu. »

Marc-Antoine sentit son cœur s’accélérer. Il n’aimait pas du tout la direction que prenait cette conversation. « Et toi, CLAIRE, tu fais partie de ces personnes maintenant ? » Sa question flottait dans l’air, lourde de sous-entendus.

CLAIRE ne répondit pas immédiatement. Elle le fixa avec une intensité presque dérangeante, avant de répondre calmement : « Je fais ce que je dois faire, Marc-Antoine. Nous avons tous des choix à faire dans la vie. Belvieu est une opportunité, pas seulement pour moi, mais pour toi aussi. »

Marc-Antoine ne savait plus quoi penser. Il avait toujours vu CLAIRE comme une femme intelligente et ambitieuse, mais jamais il n’aurait cru qu’elle puisse s’impliquer dans des affaires aussi troubles. Le projet de Belvieu semblait soudain être une pièce d’un puzzle beaucoup plus vaste, un jeu de pouvoir auquel il n’avait jamais voulu participer.

« Je ne suis pas sûr de vouloir faire partie de ce jeu, CLAIRE, » dit-il d’une voix ferme. « J’ai accepté de travailler sur ce projet pour aider les gens de Belvieu, pas pour être impliqué dans des manigances politiques. »

CLAIRE haussa légèrement les sourcils, comme si elle s’attendait à cette réponse. « C’est justement là que tu te trompes, Marc-Antoine. Tu crois pouvoir aider ces gens sans t’impliquer dans la politique, mais rien n’est jamais aussi simple. Belvieu est un microcosme. Ce que nous faisons ici a des répercussions beaucoup plus vastes. »

Avant que Marc-Antoine ne puisse répondre, la porte du café s’ouvrit et une figure familière entra. C’était KEDA, son visage tendu, probablement encore sous le choc de sa rencontre avec Jean-Paul et les révélations récentes.

Marc-Antoine se tourna vers elle, surpris de la voir à cet instant. KEDA hésita un instant, scrutant CLAIRE d’un regard méfiant, puis s’avança vers leur table.

« Je ne vous dérange pas, j’espère ? » demanda-t-elle avec un ton sec, presque provocateur.

CLAIRE se contenta de sourire, mais il y avait une lueur de défi dans ses yeux. « Pas du tout, KEDA. Nous parlions juste des opportunités à Belvieu. Je suis certaine que tu as aussi ton mot à dire. »

Le silence se fit à nouveau dans le café, lourd de non-dits et de tensions inexprimées. KEDA et CLAIRE se faisaient face, chacune cherchant à comprendre l’autre, tandis que Marc-Antoine, pris entre deux feux, se retrouvait une fois de plus dans une situation qu’il n’avait pas prévue.

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