S’agit-il d’une guéguerre entre le Conseil Présidentiel de Transition et son Premier Ministre?
La tension semble monter au sein de l’exécutif haïtien, alors que le Président du Conseil présidentiel a été contraint de rester à Port-au-Prince au lieu d’embarquer, comme prévu sur l’avion affrété par le président kenyan, William Ruto, en direction de New-York.
Selon des sources diplomatiques, une lettre du gouvernement américain lui a été envoyée, précisant que sa sécurité ne serait pas assurée s’il décidait de se rendre à la 79e Assemblée générale des Nations-Unies. Cette mesure surprenante alimente les spéculations quant aux véritables raisons de cette décision, qui pourrait cacher des désaccords internes.
Pendant ce temps, le Premier ministre Garry Conille, qui avait anticipé la situation, s’est envolé pour la Big Apple dès vendredi dernier.
Ce dimanche, il a tweeté au sujet d’une « excellente réunion de travail » avec la directrice stratégique des opérations de la Banque mondiale. Selon ses propos, cette rencontre visait à promouvoir la feuille de route du gouvernement haïtien tout en négociant de nouvelles opportunités pour le pays. « Haïti pourra encore garder son statut au niveau des allocations sous forme de dons et le portefeuille global sera revu dans le cadre du nouveau programme pays », a déclaré Conille, soulignant les résultats positifs de ses discussions.
Le Premier ministre a également partagé son enthousiasme d’avoir retrouvé d’anciens collègues de l’Université Columbia. Ces échanges ouvriraient la voie à des collaborations potentielles entre les universités haïtiennes et Columbia, en particulier dans le domaine de la sécurité alimentaire.
Cependant, la situation prend un tournant plus complexe avec l’annonce de Leblanc, le Président du Conseil présidentiel, qui a décidé de rappeler deux ambassadeurs pour obtenir des clarifications sur ce qui s’apparente à un imbroglio diplomatique. Le fait que plusieurs journalistes haïtiens, initialement invités à rejoindre la délégation du Premier ministre, se soient vu refuser un visa américain ajoute à la confusion. Ces reporters, tout comme Leblanc, sont restés à Port-au-Prince, alimentant les rumeurs d’un bras de fer entre les deux branches de l’exécutif.
La divergence entre le Président du Conseil et son Premier ministre se profile de plus en plus au grand jour. Si Conille semble s’épanouir sur la scène internationale, multipliant les rencontres stratégiques à New York, Leblanc est, pour sa part, confiné à Haïti, cherchant à comprendre les dessous d’un possible sabotage diplomatique.
Affaire à suivre!


