L’Edito du Rezo
Aucune publication officielle de la Primature d’Ariel Henry n’est ouverte aux commentaires, tandis que les partisans du Premier Ministre prônent la démocratie sans parvenir à débattre publiquement des questions nationales primordiales. Ils prennent les haïtiens pour des canards sauvages pires que les gangs que Michel Martelly a armés et soutenus durant les années de sa présidence avec Ariel Henry comme puissant ministre de l’Intérieur en 2015.
À l’ère contemporaine, l’utilisation des médias sociaux s’est avérée être à la fois un outil de communication puissant et une épée à double tranchant pour les personnalités politiques en Haïti. La manière dont elles orchestrent leur présence en ligne revêt une importance significative, car elle peut considérablement influencer leur image publique et leur popularité, notamment lorsque des allégations de compromission avec des intérêts contraires à ceux de la majorité émergent.
Dans cet environnement médiatique dynamique, deux figures haïtiennes de premier plan, en l’occurrence le Dr Ariel Henry et Me André Michel, membres influents du régime Tèt Kale-PHTK v.3.0, illustrent de manière manifeste des approches divergentes quant à la gestion de leurs comptes de médias sociaux, avec une attention particulière portée à X, autrefois connu sous le nom de Twitter.
Ariel Henry, bénéficiant d’un solide soutien de la communauté internationale, notamment du Canada, de la France et des États-Unis, se démarque par sa politique restreignant la possibilité de commenter ses publications officielles. Cette décision a été prise en juin 2022, à la suite de sa participation au Sommet des Amériques à Los Angeles. Il semblerait que le Premier Ministre haïtien exprime son mécontentement suite à la diffusion d’une publication le représentant en une posture de courbette devant le leader de « free worldwide ».
La limitation des possibilités de réaction et d’expression par l’imposition de restrictions sur les commentaires suscite un contraste saisissant avec la rhétorique prônée par Ariel Henry en faveur de la démocratie et de la tenue d’élections « libres et patati patata ». Cette mesure entrave effectivement la tenue de débats publics sur des questions cruciales, notamment celles liées à la souveraineté nationale.
À l’opposé de cette approche, Me André Michel, qui a effectué une conversion politique en se rapprochant de l’extrême-droite par le biais d’une alliance avec le régime Tèt Kale, qu’il critiquait auparavant tout en soutenant activement les manifestations de rue, permet à ses abonnés de s’exprimer librement sur ses publications sans y répondre directement. Ses publications, parfois marquées par la virulence et l’adulation, engendrent une gamme diversifiée de réactions, tout en suscitant à la fois la ferveur de ses partisans et les critiques de ses détracteurs. Néanmoins, il se distingue par sa capacité à stimuler un débat public, même si ses positions peuvent être source de controverse et parfois déconnectées de la réalité sur le terrain.
Une ironie substantielle se déploie lorsqu’on considère cette analyse comparative. Elle réside dans le contexte de l’éventualité de sanctions de l’ONU prévues pour le 13 novembre prochain et la perspective d’une intervention étrangère en Haïti. En ce contexte, l’attitude d’André Michel revêt une dimension d’autant plus intrigante lorsque l’on considère son affichage ouvert en faveur d’une éventuelle intervention des forces étrangères en Haïti, ce qui suggère sa volonté d’adapter sa stratégie pour tirer son épingle du jeu au sein de la dynamique politique en constante évolution.
L’un des éléments prééminents à retenir de cette analyse comparative réside dans la divergence manifeste des approches adoptées par Ariel Henry et André Michel concernant la gestion de leurs comptes de réseaux sociaux. Alors que ces deux acteurs ont incontestablement contribué, chacun à sa manière, aux problèmes qui affligent la société haïtienne, il est manifeste qu’André Michel se distingue par une démarche plus transparente et dénuée de cynisme en ce qui concerne la communication sur les plateformes numériques, en contraste avec Ariel Henry.
Il convient à présent d’interroger l’incidence potentielle de ces choix de communication sur la perception future de ces deux personnalités par le public. Pour paraphraser le philosophe Albert Camus, il apparaît que la nature authentique d’un témoignage demeure insaisissable, et il revient à l’avenir de révéler la portée et l’influence de ces décisions de communication sur l’appréhension des deux acteurs par la société haïtienne.


