Fondation Open Society: Avec des États défaillants, une fiscalité faible et des politiques publiques médiocres, il est difficile de fournir des biens publics de qualité.
En outre, nous trouvons huit nations classées dans la catégorie des régimes hybrides (El Salvador, Guatemala, Honduras, Mexique, Équateur, Pérou, Paraguay et Bolivie), et quatre où les régimes autoritaires prédominent : Cuba, Venezuela, Nicaragua et Haïti, ce dernier étant devenu un État failli. Et c’est dans cet État failli qu’une mission de la Caricom arrive une énième fois pour « encourager » les acteurs à rejoindre le gouvernement le plus contesté et le plus corrompu de la région.
Dans un contexte de préoccupations croissantes quant à l’état de la démocratie dans le monde, une récente étude réalisée par la Fondation Open Society dans 30 pays apporte un éclairage pertinent. Cette étude révèle un paradoxe saisissant dans la perception de la démocratie. Alors que la démocratie demeure largement valorisée, elle est soumise à un examen minutieux face à des défis tels que la montée des inégalités, la corruption, et les menaces liées au changement climatique. Cette étude couvrant un vaste éventail de pays révèle que, malgré une demande persistante en faveur de la démocratie et une confiance dans ses fondements, des doutes émergent quant à sa capacité à produire des résultats concrets, coexistant avec un resurgissement inquiétant de l’autoritarisme. Parmi ces pays, Haïti se distingue comme un exemple tragique des difficultés auxquelles certaines démocraties font face, illustrant les problèmes persistants auxquels le pays est confronté
La situation en Haïti est préoccupante, car le pays est actuellement dirigé par une équipe sans légitimité, accusée de gestion calamiteuse et d’autoritarisme. De plus, la Primature haïtienne interdit toute interaction sur le compte officiel de l’État haïtien, ce qui est pour le moins étrange.
La démocratie mondiale traverse une période de crise, marquée par des défis croissants tels que l’augmentation des inégalités, la corruption et les menaces liées au changement climatique. Malgré une demande constante de démocratie et la confiance en ses fondements, des doutes subsistent quant à son efficacité pour produire des résultats concrets, tandis que l’autoritarisme ressurgit.
Un récent rapport de la Fondation Open Society dans 30 pays met en lumière la perception paradoxale de la démocratie. Les jeunes se montrent particulièrement sceptiques quant à la capacité de la démocratie à répondre à leurs attentes. De manière alarmante, un pourcentage significatif de jeunes estime qu’un « leader fort » non élu démocratiquement pourrait être efficace pour diriger un pays.
Cette situation de déclin de la démocratie n’est pas limitée aux pays en développement, mais touche également des démocraties autrefois solides, comme en témoignent des événements tels que l’assaut du Capitole américain en 2021.
La situation en Amérique Latine reflète également cette récession démocratique. La majorité des pays de la région ont perdu leur statut démocratique, tandis que certains ont basculé vers des régimes autoritaires. En Haïti, le pays est devenu un État défaillant.
Dans ce contexte difficile, Haïti est devenu un exemple frappant des défis auxquels sont confrontées certaines démocraties en Amérique Latine. La déliquescence de ses institutions, les troubles civils et les accusations de mauvaise gestion ont plongé le pays dans un état de déliquescence politique, où la démocratie est mise à mal et la confiance en ses institutions est ébranlée.
Cette crise de la démocratie se manifeste par une désaffection démocratique, une institutionnalisé fragile, une crise de représentation, le recul de l’État de droit, la restriction de la liberté d’expression, la prolifération de fausses informations, une polarisation toxique, la fermeture des espaces pour la société civile, une augmentation de l’insécurité, de la violence et de la corruption, ainsi que des promesses non tenues.
La région montre néanmoins des signes de résilience démocratique, avec des élections libres et des citoyens qui continuent de valoriser la démocratie. Il est crucial de repenser la démocratie pour qu’elle réponde efficacement aux défis du XXIe siècle, de protéger l’intégrité des élections, de rétablir la confiance en la politique et de renforcer l’État de droit.
Il est essentiel de promouvoir des valeurs démocratiques parmi les citoyens, de renforcer la dimension sociale de la démocratie, de lutter contre la corruption, d’améliorer la gouvernance et de revitaliser les mécanismes de protection de la démocratie.
Les prochaines années seront complexes, mais il est impératif d’agir avec une feuille de route claire pour préserver et renforcer la démocratie en Haïti et ailleurs.
Voici un résumé des sept clés essentielles pour naviguer à travers les défis actuels de la démocratie, telles qu’elles sont exposées dans le rapport de Fondation Open Society :
- Repenser la démocratie pour qu’elle réponde efficacement aux problèmes du XXIe siècle.
- Protéger l’intégrité des élections pour garantir la légitimité du processus démocratique.
- Rétablir la confiance en la politique et en les institutions démocratiques en innovant et en favorisant la participation citoyenne.
- Promouvoir des valeurs démocratiques parmi les citoyens, en particulier chez les jeunes, pour maintenir une société juste et équitable.
- Mettre l’accent sur la dimension sociale de la démocratie en encourageant le dialogue inclusif et la construction de consensus.
- Renforcer l’État de droit en garantissant la sécurité juridique, le respect des droits de l’homme, la lutte contre la corruption et la réponse démocratique aux défis contemporains.
- Placer la gouvernance démocratique au centre de l’agenda politique régional en améliorant la résilience et en réduisant l’écart entre les problèmes actuels et la capacité gouvernementale à y répondre de manière efficace.
Ces sept clés constituent un plan d’action essentiel pour préserver et renforcer la démocratie face aux défis actuels.

