Flashback, 15 déc. 2021 | Washington Post Editorial Board: »Assassinat, drogue et corruption – Pourquoi Michel Martelly qui vit aux Etats-Unis n’a-t-il pas été arrêté? »

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Washington Post – « Le trafic de drogue et l’assassinat – de Jovenel Moise – accentuent le chaos en Haïti », titre un article de Washington Post faisant echo de l’article du New Times sur d’éventuelle participation de la mafia haïtienne dans l’assassinat de Jovenel Moise qui fut lui-même ami du trafiquant de drogue, Evenx Daniel, porté disparu.

Aurions-nous vraiment besoin de savoir ce que Léon Charles a pu raconter mercredi au juge Orélien quand c’est l’ex-DG de facto de la PNH et « ambassadeur BBQ à l’OEA » qui a lui-même monté le dossier nettement en retard, remis au Parquet de Port-au-Prince ?

Mercredi 15 décembre 2021 ((rezonodwes.com))–Qui a cru dans l’enquête intéressée menée par Léon Charles et Claude Joseph, au lendemain de l’assassinat de Jovenel Moise? Depuis quand ces deux fonctionnaires Tèt Kale qui ont concocté un faux coup d’état le 7 février dernier, sachent manier l’arme de la parole de vérité ?

« Après l’assassinat du président haïtien, Jovenel Moïse, en juillet dernier, les explications confuses qui ont filtré du pays n’avaient guère de sens », écrit Washington Post Editorial Board, dans un article paru dans son édition de lundi. Aujourd’hui, poursuit le texte, une enquête approfondie menée par le New York Times sur les efforts que Jovenel Moise [NDLR : M. Moise a usurpé le titre d’Ingénieur dans un projet de détournement de fonds de Petro Caribe, selon CSCCA] déploie -(aurait déployé)- pour s’opposer aux puissants réseaux criminels de trafic de drogue qui imprègnent le gouvernement, les forces de sécurité et l’élite économique d’Haïti, a permis de faire la lumière sur l’assassinat et les raisons probables qui ont motivé ce crime odieux.

Jovenel Moïse, rappelle WP, a été propulsé par devant de la scène publique à la présidence principalement par son prédécesseur, l’ancien président Michel Martelly, lui-même soupçonné d’entretenir des liens étroits avec certains des plus grands caïds du trafic de drogue en Haïti. Selon l’enquête publiée par e plus grand quotidien de New York, « Moïse constituait un dossier de noms de trafiquants qu’il comptait partager avec le gouvernement américain. Parmi les noms les plus en vue figurait le beau-frère de M. Martelly, qui conservait une énorme influence sur le gouvernement de Moïse« .

M. Martelly, qui s’est fait appelé « bandi legal » et à qui la constitution haïtienne interdit de briguer un deuxième mandat présidentiel consécutif, vit actuellement à Miami , souligne le texte de WP. L’éditorialiste enchaîne et avance que Martelly (en dépit des milliards des fonds de Petro Caribe détournés sur sa présidence) « envisage une nouvelle candidature à la présidence« . « L’une des questions que soulève le rapport du Times est de savoir comment, compte tenu des allégations de corruption et de liens de trafic qui pèsent sur lui, il conserve un visa lui permettant de vivre aux États-Unis et, d’ailleurs, pourquoi il n’a pas été arrêté« .

Haiti, sous le règne des régimes PHTK, de Martelly à Henry

Haïti est un narco-État de longue date dont la police et les institutions gouvernementales ont souvent été de mèche avec les trafiquants, analyse l’édito de Post. Pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental, Haïti est un point de transbordement majeur pour la cocaïne, l’héroïne et d’autres produits de contrebande en provenance d’Amérique du Sud et à destination des États-Unis.

Il a été un point focal d’efforts intenses, et de frustration intense, pour la Drug Enforcement Administration américaine, dont les efforts d’investigation ont souvent été entravés par la corruption de haut en bas du gouvernement et de l’appareil de sécurité d’Haïti. La DEA elle-même a été soupçonnée d’avoir coopté certains de ses employés en Haïti par les trafiquants.

Parmi les cibles des enquêtes menées par le DEA dans le passé figure Dimitri Hérard, qui a été arrêté dans le cadre du meurtre de Moïse. M. Hérard, ancien responsable de la sécurité de M. Martelly, était également un proche associé du beau-frère de M. Martelly, Charles Saint-Rémy, largement soupçonné d’être une tête pesante cheville du trafic. C’est M. Hérard qui était en charge de la sécurité présidentielle qui s’est mise à l’écart la nuit de l’assassinat, permettant aux tueurs à gages d’accéder librement au domicile de Moïse.

Washington Post rappelle au Dr. Ariel Henry et ses amis du SDP, Fusion et autres qu’ « Haïti est aujourd’hui dans le chaos, son gouvernement n’est pas élu, ses rues sont contrôlées par des gangs criminels et son économie est en ruine », ce qui n’est un secret pour personne. « En d’autres termes, c’est un paradis pour les trafiquants de drogue », précise le journal de la capitale américaine.

L’administration Biden, en détournant son regard, permet le pandémonium qui a enveloppé le pays. Les Américains peuvent penser que les problèmes d’Haïti ne les concernent pas, mais ces problèmes ont tendance à échouer sur les côtes américaines, sous forme de réfugiés – et de contrebande, a averti WP.

source : Drug trafficking and an assassination have deepened Haiti’s chaos – The Washington Post

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