Quelle que soit l’épithète décernée à Ariel Henry, il n’est pas à sa place !

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Edito de Haiti-Observateur :

« Le PM de facto, Dr Ariel Henry, désavoue le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Jacques Lafontant. Ce désistement produit par le neurochirgien-politicien, dans l’affaire du Palais de Justice, fait de lui un allié des gangs armés, un comportement qui équivaut au déni de justice à l’encontre d’Haïti…une abomination, qui doit être rejetée, à la tête du pays ».

New York 13 juillet 2022 ((rezondwes.com))–

Dans les différentes appréciations d’Ariel Henry diffusées lors des interventions publiques communiquées sur les réseaux sociaux, il est présenté comme un neurochirurgien d’une rare compétence. Depuis un an, à la tête de l’administration publique, en tant que Premier ministre de facto, suite à l’assassinat, le 7 juillet 2021, de Jovenel Moïse, il ne s’est pas révélé à la hauteur de la tâche. Donnant dans le bluff et le mensonge, pour maquiller ses incompétences politiques et administratives flagrantes, il se fait décerner l’épithète de « menteur invétéré ». Il vient de confirmer qu’il est encore pire que ça.

Ceux qui entretenaient encore des doutes, quant au statut de maniaque du mensonge doublé d’un incompétent administratif et politique, voient s’offrir l’occasion de se détromper. Car niant l’attaque des criminels dirigés par Johnson André, alias Izo, basés à Village de Dieu, au sud de Port-au-Prince, sur le Tribunal de première instance de Port-au-Prince (TPI), ne laisse plus de doute par rapport à ce qu’on pense de lui.

En effet, en marge de la célébration commémorative de l’assassinat de M. Moïse, au Musée du Panthéon national (MUPANAH), le 7 juillet, Robert Dimanche, journaliste de Radio Télé-Zénith, lui a posé la question de savoir quand les bandits occupant le Palais de Justice seront délogés? Car, a-t-il précisé, après plus de deux semaines depuis qu’ils occupent le Palais de Justice, le chef du gouvernement reste sombré dans le silence. Il a donc invité le Premier ministre de facto à s’expliquer. Mais, M. Henry a provoqué l’étonnement général, sa réponse a renversé quasiment tout le monde. Il a répliqué : « C’est faux, il n’y a pas la présence de gangs armés au Palais de Justice ».

Cette réponse du neurochirurgien-politicien n’est pas venue par hasard, elle s’inscrit dans le contexte de la politique de son gouvernement collaborant étroitement avec le monde interlope. Aussi, son ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MIC), Liszt Quitel, a-t-il enchaîné spontanément : «Les juges, les avocats, les commissaires peuvent s’y rendre s’ils le veulent».

MM. Henry et Quitel s’en sont donc pris à M. Dimanche, accusant le journaliste de diffuser une « fausse information ». Autrement dit, ils ont eu le toupet d’accuser celui-là (et même ses collègues) de propager de « fausses nouvelles ».

Ces réponses d’Ariel Henry à ce représentant de la presse fait éclater les contradictions qui caractérisent son attitude et sa politique en général. Cela signifie que sa réponse à ce journaliste fait des menteurs de ses propres collaborateurs, des membres de son administration tirant la sonnette d’alarme sur l’attaque du Tribunal de première instance de Port-au-Prince par les malfrats, et son occupation continue par ces derniers.

Dans de telles conditions, le Premier ministre de facto désavoue le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Jacques Lafontant, qui lui avait adressé une lettre dans laquelle il demande que des instructions soient passées aux responsables de la Police pour qu’ils l’accompagnent, dans le cadre d’une visite d’inspection du Palais de Justice, afin de faire le bilan des dégâts. Pourtant, cette requête de Lafontant, for mulée dans cette lettre, a été large-ment diffusée, dans la presse nationale et internationale, sans qu’elle ait été publiquement rejetée ou démentie par la primature ou les institutions concer-nées.

À cet égard, le menteur et incompé-tent Ariel Henry, qui est aussi le prési-dent du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN), affiche incontesta-blement ces dérives, dans la lettre à lui adressée par le sénateur Joseph Lam-bert, président de ce qui reste du Sénat, soit ses dix membres. Évoquant la me -nace d’envahissement du local de l’ins-titution, que fait peser sur lui Izo, chef du gang « 5 Secondes » de Village de Dieu, le président du Sénat souligne, à l’adresse du Premier ministre de facto :

« Compte tenu de la position de l’institution qui n’est pas trop loin du Tribunal de la Première Instance déjà aux mains des bandits et du volume de documents comptable, administratifs, politiques, vraiment sensibles, je vous demande de bien vouloir instruire le Directeur général de la Police nationa-le afin de mettre un dispositif de sécurité aux abords du parlement pour faire face à toute éventualité ».

Il est opportun de signaler aussi que copies de cette correspondance du sénateur Lambert ont été également ache-minées à quatre autres hauts responsables du pays : Listz Quitel, Bertho (Berthaud ?) Dorcé, ministre de la Justice, Frantz Elbé, directeur général de la PHN, et Fritz Saint-Fort, inspecteur général de la PNH.

Si le Premier ministre de facto de-vrait être traduit par-devant la Justice pour ses crimes de mensonge et d’in-compétence, particulièrement dans ce dossier, de nombreux citoyens feraient figures de témoins à charge contre lui. Ce serait le cas de jeunes avocats se plaignant de la mise hors service du Palais de Justice, où se trouvent logés, par exemple, les bureaux du commissaire du gouvernement et ceux de cinq juges d’instruction. Aussi bien des associations de magistrats et d’avocats directement concernés par l’occupation du Palais de Justice par les bandits. Ou encore l’Association des magistrats se réunissant afin de trouver un lieu de relocation du TPI, devenu, depuis le 10 juin, zone interdite aux Système judiciaire et aux pratiquants du droit.

Par ailleurs, quand, le plus naturellement du monde, Ariel Henry nie le raid du Tribunal de première instance par les bandits, qui continuent d’occuper l’immeuble, peut-il vraiment contredire les témoignages des victimes de cet événement criminel ? En d’autres termes, les magistrats, avocats et leurs clients, ainsi que le personnel du Palais de Justice, qui ont été évacués en catastrophe par les policiers présents à ce moment?

Ou bien les avocats impliqués dans des accidents au moment de cette démobilisation en catastrophe ayant entraîné des victimes ? Ou encore la destruction de documents judiciaires et légaux, du mobilier, en sus du vol d’au moins 7 véhicules appartenant à la Police et à l’État ? Dans le cadre d’un procès contre l’occupant de facto de la primature, pour « manquement au devoir », les témoignages de nombreux journalistes, qui ont fait la chronique de ces événements, ne manqueraient pas d’accabler de façon convaincante Ariel Henry.

De toute évidence, ce désistement produit par le neurochirgien-politicien, dans l’affaire du Palais de Justice, fait de lui un allié des gangs armés, un comportement qui équivaut au déni de justice à l’encontre d’Haïti. Il serait alors témoin à décharge en faveur des bandits appelés à rendre compte des actes criminels perpétrés par les bandits de Village de Dieu et leur chef Johnson André, plus connu sous le sobriquet d’Izo. Ce ne serait pas la première fois qu’il assimile les bandits du Village de Dieu à des « citoyens paisibles ». On en veut pour preuve l’affaire du bandit Zo Pwason (Elvain Saint Jacques) face au procureur du gouvernement Jean Ernest Muscadin). De quoi conclure, Johnson André, plus connu sous le sur-nom d’Izo, peut compter sur son allié, le Premier ministre de facto.

De toute évidence, Ariel Henry n’est pas à sa place, aux commandes de la primature. Au fait, non seulement sa présence à la plus haute fonction du pays, derrière la présidence, est inacceptable, il s’avère indigne de fouler le parquet de l’immeuble logeant cette institution, même en tant que visiteur.

Voilà donc une abomination, qui doit être rejetée, à la tête du pays. Car ceux qui continuent de l’appuyer sont les pires ennemis du peuple haïtien.

Editorial Haïti-Observateur
Editions du 13 au 19 juillet 2022
VOL. LII, No. 28 New York: Tel : (718) 812-2820; • Montréal (514) 321-6434; • Port-au-Prince: (011 509) 223-0785 • Paris (33-1)43-63-28-10 13 - 20 juillet 2022

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