20 février 2026
RSF | Classement mondial de la liberté de la presse 2022: Quatre journalistes tués, Haïti occupe la 70e position, la RD classée 30e
Actualités Corruption Insécurité|Kidnapping Justice Société

RSF | Classement mondial de la liberté de la presse 2022: Quatre journalistes tués, Haïti occupe la 70e position, la RD classée 30e

RSF: »…Les médias privés, très liés aux intérêts de leurs actionnaires, peinent à exprimer leurs points de vue sans autocensure… »

La liste établie par l’ONG Reporters sans frontières révèle que 73% des 180 pays évalués sont caractérisés par des situations jugées « très graves », « difficiles » ou « problématiques ».

Mardi 3 mai 2022 ((rezonodwes.com))–L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a publié mardi son classement annuel de la liberté de la presse dans le monde, plaçant Haïti à la 70ème place, ce qui reflète tout de même une hausse de 17 places par rapport à la qualification de l’année dernière. Toutefois, Haiti est placé dans le groupe des pays dont la situation en matière de liberté de la presse est considérée comme « problématique » après l’assassinat d’au moins quatre journalistes durant la période.

Dans son classement mondial de la liberté de la presse 2022, l’organisation basée à Paris évalue la pratique du journalisme dans 180 pays. Un bilan qui a permis de montrer les effets désastreux du chaos informationnel, avec la multiplicité des fausses informations et de la propagande gouvernementale ou d’allégeance diffusées sur internet.

Dans le cas d’Haiti, RSF affirme que les journalistes haïtiens sont victimes d’un cruel manque de ressources financières, de l’absence de soutien de la part des institutions et d’un accès difficile à l’information ce qui explique que le journalisme d’investigation perd du terrain en Haiti, pays gangrené par la corruption.

Dans cet ordre d’idées, RSF souligne que Haïti est frappée depuis plusieurs décennies par une profonde crise politique et sociale, qui a pris un tournant tragique avec l’assassinat du président Jovenel Moïse, en juillet 2021. « Cette fin abrupte pour un président contesté, dans un climat général d’insécurité et de violence« , relate RSF, a ouvert une nouvelle ère d’incertitude dans le pays livré aux gangs fédérés pour la plupart par le pouvoir PHTK.

Parallèlement, en République Dominicaine, pays classé en 30è position, RSF écrit que la liberté de la presse et d’expression sont réelles et garanties par la Constitution. Ces dernières années ont vu un recul des agressions verbales et physiques envers les journalistes.

« À mesure que la démocratie dominicaine semble se renforcer, le rôle des médias augmente et gagne en influence. Le secteur est diversifié et dynamique, et les journalistes révèlent régulièrement des scandales impliquant des personnalités qui sont ou étaient au pouvoir, ou faisant partie de leur entourage. La population a accès à tous les médias. Les principaux journaux possèdent des versions papier et numérique. La télévision et la radio diffusent des émissions d’information quotidiennes. Internet s’est développé jusqu’à devenir un média de masse et donner naissance à de plus petits organes. Les journaux à plus grands tirages sont Diario Libre et Listín Diario, ce dernier étant gratuit depuis sa création. »

Contrairement en Haiti où des journalistes indépendants refusent de se lancer dans des propagandes gouvernementales, et en ce sens leur autonomie est très mal perçue par le pouvoir en place, en République dominicaine, les journalistes exercent leur profession dans des conditions de sécurité satisfaisantes. « Les journalistes ayant reçu des menaces directes ont bénéficié d’une protection de l’État« , souligne Reporters Sans Frontières.

Ce tableau n’est qu’un échantillon du scénario mondial, où 73% des 180 pays évalués chaque année par RSF sont caractérisés par des situations jugées « très graves », « difficiles » ou « problématiques » en ce qui concerne la liberté des journalistes à exercer leur travail, particulièrement en Haiti où toutes les institutions démocratiques sont dysfonctionnelles depuis tantôt deux ans.

Cette proportion est identique à celle de l’année dernière, mais le nombre de pays où la situation est « très grave » est passé de 21 à un record de 28, dont quatre pays d’Amérique latine : Cuba (173e), le Nicaragua (160e), le Honduras (165e) et le Venezuela (159e), ainsi que des pays comme la Russie (155e), la Syrie (171e), l’Iran (178e) et la Corée du Nord, qui clôt la liste à la 180e place.

Parallèlement, 42 pays se trouvent dans une situation « difficile« , dont le Mexique (127e), la Bolivie (126e), le Guatemala (124e), le Salvador (112e), le Mali (140e) et les Émirats arabes unis (138e). Dans une situation « problématique » se trouvent 62 pays, dont le Brésil (110e), la Grèce (110e), Israël (86e), le Chili (82e), le Sénégal (73e), le Panama (74e) et l’Équateur (68e) et Haiti (70e) comme sus-mentionné.

En revanche, 40 pays sont dans une situation « plutôt bonne », avec la Nouvelle-Zélande (11e au monde), la Jamaïque (12e), l’Allemagne (16e), le Royaume-Uni (24e), la France (26e) et l’Argentine (29e) qui se distinguent.

Enfin, seuls huit pays affichent une « très bonne situation », contre 12 l’an dernier : la Norvège, le Danemark, la Suède, l’Estonie, la Finlande, le Portugal et le Costa Rica, qui apparaît comme la grande exception latino-américaine.

RSF souligne une « polarisation à deux niveaux » entre et dans les pays, encouragée par « le pouvoir accru des circuits de désinformation » dans les sociétés démocratiques et par « le contrôle des médias » dans les régimes autoritaires.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.