Banditisme à Martissant, mobilisation contre le kidnapping à Delmas : Port-au-Prince dans l’incertitude

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L’opération «quadriller Port-au-Prince» lancée par la Police nationale d’Haïti (PNH), visant à mettre un frein au kidnapping, s’est révélée inefficace. Entre vendredi et dimanche, au moins une dizaine de citoyens ont été enlevés

Lundi 11 octobre 2021 ((rezonodwes.com))–

La porte-parole de la PNH, l’inspectrice divisionnaire Marie Michelle Verrier, a vanté, jeudi, l’efficacité de l’opération «quadriller Port-au-Prince» ayant conduit à diminuer les cas d’enlèvement dans la capitale. Elle a fait état de 8 cas d’enlèvement recensés pour la fin de septembre et le début d’octobre en cours. Des chiffres qui dénotent la réalité et les rapports des organismes de défense des droits humains dont le CARDH, ayant rapporté une augmentation de 300% des cas, pour la même période.

Comme pour désapprouver les autorités policières et réaffirmer leur suprématie, des hommes armés déguisés en policiers ont kidnappé au moins une dizaine de citoyens dont le pasteur Éliodor Dévariste, dirigeant de l’Église Méthodiste de Delmas, la jeune Marcelynn Aimable. 

D’autres cas isolés dont l’attaque armée contre un minibus à Christ-Roi, au cours de laquelle tous les occupants ont été enlevés, le kidnapping, dimanche, de 5 citoyens à Montagne Noire confirment l’impuissance des forces de l’ordre à mater le phénomène.

En signe de protestation, des résidents de Montagne Noire, ont paralysé la circulation automobile dans ce quartier. Lundi, des pneus enflammés, des débris métalliques ont été dressés sur la chaussée. L’axe principal ouvrant sur ce quartier a été fortement paralysé. L’accès à cette voie s’est révélée compliquée pour des passants et automobilistes.

À Delmas, un tableau similaire à été constaté. Des riverains, pour dénoncer le kidnapping, samedi, du pasteur Eliodor Dévariste, ont tenu un mouvement pour appeler à la libération du dirigeant religieux.

Des agents de l’Unité départemental de maintien d’ordre (UDMO) ont tenté en vain de libérer la voie publique de certaines barricades enflammées.

À Martissant, des civils armés dirigés par le nommé chef de gang «Izo» ont fait parler la violence. Ils ont dégainé leurs armes, immobilisé un autobus sur la voie publique. Des témoins font état d’une situation de tension consécutive aux affrontements entre policiers et caïds.

Des détonations automatiques ont resonné dans ce secteur. Les bandits ont passé à l’acte après les menaces formulées la veille par le chef de gang «Izo».

Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

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