1865, l’année où les Etats-Unis reconnaissent enfin Haïti comme pays « Indépendant ». Le sommes-nous réellement ?
Aux américains leur Juneteenth, aux haitiens, leur 1er janvier 1804, mais malheureusement, la chaîne invisible de l’esclavage encercle encore le cou de tous les dirigeants haitiens de Jean-Pierre Boyer à Jovenel Moise.
RACISME – Le président américain Joe Biden a promulgué jeudi une loi créant un nouveau jour férié fédéral, le « Juneteenth », pour commémorer l’émancipation des derniers esclaves au Texas il y a 156 ans, le 19 juin 1865.
Samedi 19 juin 2021 ((rezonodwes.com))–Les Haïtiens, les premiers à dire non au système esclavagiste, non à la traître des nègres, non à la déshumanisation, sont-ils entrain de payer aujourd’hui au prix fort, l’abolition de l’esclavage le 1er janvier 1804 ? Les haitiens sont également aujourd’hui le seul pays de l’Amérique qui n’ont pas le droit de choisir leurs propres dirigeants. Ils souhaitent ardemment se débarrasser d’un Jovenel Moise, un esclave des temps modernes, agissant au nom des intérêts des anciennes puissances colonisatrices.
Le symbole est important dans cette Amérique encore marquée par les violences raciales. Conscient des fractures qui divisent son pays, le président américain Joe Biden a promulgué, jeudi, une loi pour commémorer l’émancipation des derniers esclaves au Texas il y a 156 ans, le 19 juin 1865. Pour cela, un nouveau jour férié fédéral, le « Juneteenth » a vu le jour. Ce dernier marque « à la fois la longue et difficile nuit de l’esclavage et de la soumission, et la promesse d’un jour meilleur », a-t-il dit lors de la cérémonie à la Maison Blanche aux côtés de sa vice-présidente Kamala Harris, d’origine indienne et jamaïcaine.
L’esclavage, officiellement aboli en décembre 1865 après près de 250 ans d’existence, est une « tache morale » et « le péché originel de l’Amérique », a martelé le président démocrate. Dans un moment d’unité politique qui n’existe quasiment plus désormais à Washington, le Sénat avait approuvé à l’unanimité mardi le texte de loi consacrant la « Journée nationale de l’indépendance du Juneteenth », contraction de « juin » et « 19 » en anglais, puis la Chambre des représentants l’avait adopté à une majorité écrasante, seuls 14 élus républicains votant contre.
Plus concrètement, que s’est-il passé le 19 juin 1865 ? L’armée de l’Union, victorieuse de la guerre de Sécession (1861-1865), avait annoncé aux esclaves de la ville texane de Galveston qu’ils étaient libres, plus de deux ans après la Proclamation d’émancipation signée par le président Abraham Lincoln le 1er janvier 1863. L’esclavage a été aboli en décembre 1865, avec l’adoption du 13e amendement de la Constitution.
Un jour déjà férié dans la majorité des États américains
Mais, a-t-il souligné, l’émancipation des esclaves était « seulement le début » des efforts pour « tenir la promesse de l’égalité raciale ». « Nous n’y sommes pas encore », a dit Joe Biden, alors que la minorité noire (13% de la population) subit encore des discriminations en matière d’emploi, de logement ou encore de santé, malgré les avancées de la lutte pour les droits civiques dans les années 1960.
Plusieurs États conservateurs ont récemment adopté des lois électorales restrictives. Censées lutter contre la fraude, elles sont accusées de limiter l’accès aux urnes des électeurs afro-américains, qui votent majoritairement démocrate. Ce jour férié est réservé aux employés du gouvernement fédéral jugés non-essentiels, mais le « Juneteenth » est déjà férié dans la majorité des États américains où la journée est généralement célébrée par des défilés, des concerts ou des fêtes de quartier.
source : LCI

