17 février 2026
«Fantom 509», «Viv ansanm» : les fossoyeurs du carnaval national de Port-au-Prince
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«Fantom 509», «Viv ansanm» : les fossoyeurs du carnaval national de Port-au-Prince

La dernière version du carnaval national organisé à Port-au-Prince en format grandeur nature remonte de très loin. Plusieurs événements tels la crise politique, l’insécurité, la lutte syndicale, sont mis en cause dans l’échec de l’organisation du carnaval national dans la capitale.

Fête populaire douée d’un rayonnement international incontestable, vecteur culturel important, vitrine des talents confirmés et émergents, le carnaval national se révèle également un canal de revendications sociales et un outil politique sensible. En témoigne les orientations des meringues, les échos des messages véhiculés dans les textes carnavalesques, les positions exprimées par les artistes dans le milieu social, admettent observateurs et sociologues. 

À Port-au-Prince, le carnaval national selon ses dimensions réelles remonte à un lointain souvenir. En février 2020, au Champs-de-Mars, en plein préparatif pour l’organisation de cette version du rassemblement populaire, des individus ont incendié plusieurs stands et chars musicaux destinés à accueillir des participants et créer l’ambiance. Ces faits attribués à l’organisation «Fantom 509», groupe de policiers engagés dans des mouvements de revendications, ont pratiquement fait basculer la tenue des défilés, se rappelle-t-on.

Aux années qui ont suivi les incidents de l’année 2020, d’autres obstacles ont mis en échec les tentatives de réalisation du carnaval national. Le climat d’insécurité a pratiquement ruiné tout espoir de réappropriation du carnaval à Port-au-Prince. Dans le sillage de cette la crise sécuritaire et des mouvements de contestations policières, l’administration du président assassiné Jovenel Moise a décidé d’offrir au chef lieu du département du Nord’Ouest, le carnaval national. 

Loin des succès de la capitale en raison de difficultés logistiques et infrastructurelles, l’organisation du carnaval a Port-de-Paix en février 2021 a laissé des renseignements logiques. Le président Jovenel Moise a su glaner sur la démarche pour tenter d’accroître sa popularité déjà en berne à Port-au-Prince. D’autres aspects clés dans la galère de la tenue des festivités carnavalesques à Port-au-Prince demeurent l’insécurité. La présence des groupes armés ayant l’ascendance sur Port-au-Prince n’invite pas à la fête.

Depuis l’évasion du Pénitencier national et de la prison civile de Croix-des-Bouquets en février 2024, le Champs-de-Mars est transformé en une zone d’affrontements entre policiers et bandits armés de la coalition «Viv ansanm». Les dernières scènes de violence déroulées le lundi 16 février 2026 dans l’aire du Champs-de-Mars au cours desquelles des rassemblements ont été perturbés par des détonations n’ont rien d’anodines. Il était prévisible que les bandits s’infiltrent dans les maisons abandonnées pour jouer les trouble-fete, pendant que la PNH vante des avancées majeures et des reconquêtes de territoires.

Herve Noël

vevenoel@gmail.com

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