12 février 2026
Gloire à l’échec
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Gloire à l’échec

Gloire officielle à l’échec institutionnel

Photo souvenir. Sourires d’enterrement. Bouquets XXL. Posture de sélection nationale revenant d’un tournoi gagné par forfait. Derrière la haie d’honneur invisible : un pays en mode survie autonome, sans capitaine, sans boussole, mais avec protocole intact.

La cérémonie aurait pu s’intituler : Remise nationale de fleurs pour mission non accomplie.
Objectif sécurité : évaporé.
Objectif élections : reporté dans un futur tellement lointain qu’il pourrait demander un visa pour revenir.

Mais peu importe. Les bouquets sont là. Et dans la République du symbole, le bouquet vaut bilan.

Vertilaire ajuste son sourire officiel. L’étudiant Saint-Cyr fixe l’horizon avec gravité. Régine adopte la posture du vide gestionnaire fatiguée par tant de succès invisibles. Smith tient ses fleurs comme un trophée continental. Frinel observe l’objectif caméra avec la dignité d’un capitaine après naufrage. Vertilaire médite l’éternité administrative. Alix, lui, ne reçoit pas de fleurs : on lui remet le jardin complet, sous contrôle strict et sous obligation continue de justification.

Pendant ce temps, la sécurité avance… vers l’inconnu.
Les gangs modernisent la cartographie nationale plus vite que l’administration.
La population pratique le télétravail… version survie : rester vivant jusqu’au lendemain.

Côté élections, la mécanique est remarquable :
On prépare la préparation de la pré-phase du processus de consultation destiné à lancer les discussions sur le calendrier du futur calendrier.

Un chef de gouvernement exerce une autorité monumentale, juridiquement contestée, politiquement verrouillée, temporellement sans date d’expiration. Un produit institutionnel “édition illimitée”.

Sur le terrain réel :
La misère progresse sans opposition.
La faim n’a pas besoin de campagne électorale.
L’insécurité recrute sans concours.
La corruption, elle, ne connaît ni crise ni inflation. Elle reste l’investissement le plus stable du système.

Transparency International publie ses rapports.
Réaction locale officieuse :
« Merci pour l’information, mais ici la corruption n’est pas un problème. C’est une méthode. »

Dans cette mise en scène florale, le message est limpide :
On peut rater la sécurité.
On peut rater les élections.
On peut rater l’État lui-même.
Mais jamais la photo officielle.

Car dans cette République parallèle, l’essentiel n’est pas de gouverner.
L’essentiel est d’avoir l’air d’avoir gouverné.

Et pendant que les fleurs fanent doucement dans les bureaux climatisés, le pays, lui, continue de tenir… par habitude.

Par fatigue.

Ou par miracle statistique.

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