5 février 2026
Haïti — Corruption et impunité : le rapport du 11 février de Transparency International, instrument d’évaluation de la gestion 2025 du CPT et d’Alix Didier Fils-Aimé
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Haïti — Corruption et impunité : le rapport du 11 février de Transparency International, instrument d’évaluation de la gestion 2025 du CPT et d’Alix Didier Fils-Aimé

Haïti — Corruption systémique, impunité structurelle : le 11 février, l’épreuve de vérité pour le pouvoir de transition

Haïti aborde une nouvelle phase d’évaluation internationale dans un contexte de tension politique et d’érosion prolongée des capacités institutionnelles. La publication annoncée, le 11 février, de l’indice de perception de la corruption de Transparency International intervient à un moment charnière, marqué par la fragilité de l’architecture étatique, la recomposition du pouvoir exécutif et la multiplication des engagements publics relatifs à l’assainissement de la gestion publique.

Ce rapport excède la dimension strictement statistique. Il constitue un instrument d’appréciation externe de la qualité normative de la gouvernance nationale. Pour les autorités de transition, notamment pour Leslie Voltaire et l’architecture politique issue du Conseil présidentiel, cet indicateur s’apparente à une épreuve de conformité éthique, administrative et institutionnelle au regard des engagements formulés depuis 2024.

La question de la probité publique s’inscrit au centre du débat constitutionnel et électoral en cours. La perspective d’une révision de la Constitution de 1987 ainsi que l’organisation d’échéances électorales supposent, en droit constitutionnel comparé, l’existence minimale d’un État doté d’une crédibilité normative et d’une capacité d’exécution administrative. Or, la persistance d’allégations de détournements de fonds publics, l’insuffisance de poursuites judiciaires effectives et la fragilité des mécanismes de reddition des comptes alimentent une présomption d’ineffectivité structurelle.

Une notation défavorable renforcerait la qualification d’État à capacité administrative contrainte, avec des effets directs sur l’attractivité des investissements, la coopération sécuritaire internationale et la crédibilité diplomatique. À l’inverse, une progression, même marginale, offrirait aux acteurs de la transition un levier discursif en faveur d’une stabilisation progressive de l’appareil public, sans neutraliser pour autant les contentieux historiques associés à l’impunité politico-économique.

L’enjeu fondamental réside, en réalité, dans l’aptitude des autorités à convertir un indicateur international en normes opérationnelles opposables. Cela implique l’activation effective de la chaîne pénale anticorruption, l’autonomie fonctionnelle du ministère public, ainsi que le renforcement organique des institutions de contrôle, notamment l’ULCC et la Cour supérieure des comptes. À défaut d’une traduction institutionnelle tangible, toute amélioration statistique relèverait davantage d’un effet déclaratif que d’une transformation structurelle de l’État de droit.

Le 11 février ne se limitera pas à la publication d’un indicateur comparatif ; il constituera un référentiel empirique permettant d’apprécier la dissociation éventuelle entre le discours réformateur institutionnel et l’effectivité administrative observable au sein de l’appareil étatique haïtien. Si la captation des ressources publiques demeure un mécanisme ordinaire et que la sanction judiciaire conserve un caractère exceptionnel, la transition pourrait être interprétée comme un dispositif de continuité élitaire sous habillage réformiste. La problématique ultime demeure celle de la finalité du pouvoir : restructuration authentique de la gouvernance publique ou simple prolongation fonctionnelle de l’autorité politique.

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