La chute de Nicolás Maduro marque un tournant inédit dans les relations internationales. Les États-Unis ont déjà contribué, ouvertement ou non, au départ de dirigeants jugés indésirables. Mais jamais, jusqu’ici, une puissance n’avait procédé à l’extraction directe d’un chef d’État en exercice d’un pays souverain. Pour Washington, longtemps présenté comme le gardien de l’ordre international fondé sur des règles, le précédent est lourd de conséquences.
Les circonstances exactes de l’éviction restent floues. Certains évoquent une remise de Maduro par ses propres services de sécurité, retournés sous la pression américaine. D’autres soulignent le rôle décisif du déploiement militaire et des actions menées en coulisses par les États-Unis. Quelle que soit la version retenue, un fait s’impose : sans l’intervention américaine, l’événement n’aurait pas eu lieu.
Sur le fond, peu contestent le bilan de Nicolás Maduro. Accusé d’élections truquées, de répression brutale et d’avoir ruiné un pays pourtant riche en ressources, il avait perdu toute légitimité politique. Près d’un quart de la population a fui le Venezuela, tandis que les libertés fondamentales étaient méthodiquement étouffées. Dans la région, nombre de gouvernements accueillent discrètement la nouvelle avec soulagement.
Mais la méthode inquiète. En brisant un tabou central du droit international — la non-ingérence et le respect de la souveraineté — Washington expose ses alliés à un malaise profond. Le soulagement face à la fin d’un régime autoritaire se mêle à une crainte : celle d’un monde où la force prime désormais sur les règles. À Donald Trump, désormais, de convaincre que cette opération ne fera pas jurisprudence et que l’ordre international n’en sortira pas durablement affaibli.

